Meurtre à Heron's Cove

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Série Emma Sharpe et Colin Donovan, tome 1

Lorsque Emma Sharpe est appelée d’urgence au couvent de Heron’s Cove, sur la côte du Maine, c’est en partie en qualité de détective spécialisée au sein du FBI dans le trafic d’œuvres d’art, et aussi en raison des années qu’elle a elle-même vécues ici. Mais elle n’a pas le temps d’en savoir plus, car quelques minutes à peine après son arrivée, la religieuse qui l’a contactée est retrouvée morte. Pour unique piste, Emma doit se contenter de la disparition mystérieuse d’un tableau représentant d’anciennes légendes. C’est alors qu’elle découvre, stupéfaite, que sa famille n’est pas étrangère à l’histoire de cette toile. Se pourrait-il qu’il y ait un lien entre ce vol, le meurtre et son propre passé ? Emma ne sait où donner de la tête. Heureusement, elle peut compter sur la précieuse collaboration de Colin Donovan, un agent secret du FBI solitaire et mystérieux. Même si elle conserve une certaine méfiance vis-à-vis de cet homme qui se moque des règles et semble n’en faire qu’à sa tête. Lancée dans une folle course contre la montre, elle s’immerge avec Colin dans un héritage fait de mensonges et de tromperies. Sans savoir qu’un tueur impitoyable les a déjà dans sa ligne de mire.

A propos de l'auteur :

Passionnée par l’écriture sous toutes ses formes – elle a fait des études de journalisme et rédigé de nombreux articles –, Carla Neggers s’est lancée à vingt-quatre ans dans le roman. Depuis, ses livres se sont vendus à plus de dix millions d’exemplaires et ont été traduits dans une vingtaine de langues. Ils sont régulièrement classés sur la liste des best-sellers du New York Times, de USA Today et de Publishers Weekly.

Dans la série Emma Sharpe et Colin Donovan :
Meurtre à Heron’s Cove
Les secrets de Heron’s Cove
Publié le : mardi 1 janvier 2013
Lecture(s) : 9
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280298650
Nombre de pages : 416
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Emma Sharpe s’arma de courage. Ignorant e lot de souvenirs qui ’assaiait soudain, ee s’efforça de concentrer son attention sur a femme qui pressait nerveusement e pas devant ee, dans e brouiard épais des conîns du Maine. Ees arrivèrent à une haute grie en fer, percée d’un ourd portai lanqué de généreux massifs de rudbeckia pourpres et d’hémérocaes dorées. Te e gardien des ieux, un saint François d’Assise de granit se dressait, uisant, dans a bruine. Le petit oiseau était encore perché sur son épaue. I ui manquait toujours deux pumes à a queue. Sœur Joan Mary Fabriani s’arrêta devant e portai. De ’autre côté se dessinait a « tour », ’espace privé où es Sœurs du Cœur Joyeux se consacraient à eurs travaux de restauration et de conservation d’œuvres d’art. Ce matin, sœur Joan avait commis une entorse au règement. Ee avait fait entrer Emma dans ’enceinte du couvent sans passer par a maison généraice, où cette dernière aurait dû s’enregistrer en tant que visiteuse. Et avec son jean, sa veste en cuir marron, ses bottes Fry et son Smith & Wesson 442 sangé au moet gauche, Emma n’était évidemment pas une résidente. — Le portai est fermé à cé, constata sœur Joan avec dépit. Ee se tourna vers Emma. — I faut que j’aie chercher a cé.
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— Je vous accompagne. — Non. Attendez-moi à, vouez-vous ? objecta a reigieuse, qui vivait au sein de cette congrégation depuis maintenant trente ans. Les sourcis égèrement froncés, ee considéra d’un œi contrarié e portai verrouié qui ui barrait a route. Après avoir arpenté ’aée de pierres qui serpentait depuis ’entrée principae du couvent, ee se serait bien passée de ce contretemps. — J’aurais pourtant juré ’avoir aissé ouvert… Ce n’est pas grave. Je n’en ai que pour une minute. — Vous avez ’air préoccupée, ma sœur, insista Emma. Je préfère venir avec vous. — Le chemin e pus direct jusqu’à a tour traverse un jardin où seus es membres de a communauté sont autorisés à pénétrer. — Le Jardin de méditation. Je n’ai pas oubié. — Oui. Bien sûr. — I n’y aura personne à cette heure, insista Emma. Les sœurs sont occupées à eurs tâches quotidiennes. — Je ne cours aucun danger, Emma, assura sœur Joan. Ses yeux bruns et son grand visage arrondi adoucis-saient queque peu ses paroes, parfois trop directes. — Cea ne vous dérange pas si je vous appee Emma, n’est-ce pas ? Ou préférez-vous « agent Sharpe » ? Emma crut déceer une imperceptibe pointe de reproche dans a voix de sœur Joan. — Emma, c’est parfait. D’une main ourde, sœur Joan chassa un moustique agrippé au arge bandeau noir qui retenait en arrière ses cheveux gris. Au ieu du traditionne habit de rei-gieuse, es Sœurs du Cœur Joyeux avaient choisi de s’habier en civi. Et pour sœur Joan, cea signiîait un pu gris foncé tricoté main, une jupe mi-moet, des coants noirs et de ourdes chaussures de marche en cuir. La sobre croix qui pendait à son cou et a bague
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en or qu’ee portait à ’annuaire gauche constituaient es seus signes ostensibes de sa foi cathoique. — J’ai déjà enfreint sufîsamment de règes, aujour-d’hui, en vous introduisant ici sans en référer à qui que ce soit, décara-t-ee enîn, ’air tiraiée. Sœur Joan était restée pour e moins évasive orsqu’ee avait appeé Emma à Boston, e matin même. Ee ui avait tééphoné aux aurores et, en queques mots, ’avait exhortée à a rejoindre instamment au couvent. Deux heures de route a séparaient de a petite péninsue rocheuse qui s’étendait depuis a côte du Maine, paisibe et pittoresque. — Si vous me disiez au moins de quoi vous vouiez me parer ? demanda Emma. Sœur Joan hésita un instant. — Je voudrais avoir votre opinion à propos d’un tabeau. Comme s’i pouvait s’agir d’autre chose… — Un tabeau que vous soupçonnez d’avoir été voé ? — Le mieux est que je vous e montre. Cea vaudra toutes es expications. Mais pour ça, i me faut d’abord a cé. A ces mots, ee tourna es taons et s’éança dans ’herbe humide, puis s’arrêta net avant de se retourner. — Je tiens à vous remercier d’avoir accepté de ne pas introduire d’arme dans notre enceinte. Emma ne dit pas un mot du caibre 38 qu’ee portait sous ’ouret de son jean. Ee avait certes aissé son Sig Sauer de 9 miimètres dans son étui, rangé avec précaution dans sa voiture stationnée à ’entrée principae, mais i ne ui serait jamais venu à ’idée de descendre de son véhicue sans aucune arme. Avant qu’Emma ait e temps d’articuer une syabe, sœur Joan fiait déjà e ong de a grie et s’enfonçait sous une rangée de gigantesques conifères. La haie de résineux menait jusqu’au jardin que a mère supérieure,
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Sarah Jane Linden, avait créé de ses mains pus de soixante ans auparavant. La fondatrice des Sœurs du Cœur Joyeux avait entrepris d’aménager, à a sueur de son front, une cairière en jachère nichée tout en haut de a corniche rocaieuse d’une petite crique en fer à cheva. Au fi des années, toutes es sœurs sans exception y avaient apporté eur contribution. Emma y avait ee-même panté un poirier. Et, dans ’ensembe, a structure générae qu’avait dessinée a mère supérieure, décédée depuis près de vingt ans, était restée a même. La sihouette de sœur Joan ne tarda pas à disparaïtre dans e brouiard. Emma resta immobie au pied du grand portai. La brise îtrait à travers es sapins. L’air humide était chargé de se. I n’en faait pas pus pour réveier en ee a nostagie de a femme qu’ee avait été et es réminiscences de cee qu’ee aurait pu devenir. Mais tous ces souvenirs appartenaient résoument au passé. Refouant ses pensées, ee se concentra sur e moment présent. Avec un te brouiard, des paisan-ciers de passage étaient certainement venus se réfugier dans a crique. Pendant es heures ofîcieement dévoues à a médi-tation et au recueiement, son œi distrait n’avait jamais pu se résoudre à ignorer es bateaux qui croisaient au pied du couvent et es garçons qui s’affairaient sur eur pont. Déjà, ee aurait dû comprendre qu’ee n’était pas faite pour entrer dans es ordres. Sœur Joan, franche et directe à ’excès, ’avait toujours su. « Vous êtes une détective d’art, Emma. Vous êtes une Sharpe. Ne tournez pas e dos à votre voie. » Emma efleura du bout du doigt une goutte d’eau tombée sur ’épaue de saint François. La statue vieiis-sante était ’œuvre de a mère supérieure, une artiste accompie qui aurait sans doute vu dans ’absence de
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ces queques pumes e charme singuier du passage du temps. Les Sœurs du Cœur Joyeux formaient un ordre restreint qui accordait une grande importance à son autonomie înancière et veiait à subvenir à tous ses besoins. La vingtaine de sœurs qui e composaient cutivaient eurs fruits et eurs égumes et fabriquaient eur pain, mais ees tenaient égaement une boutique et un ateier dans e viage voisin d’Heron’s Cove, où Emma était née. Ces expertes en art y exerçaient eurs compétences en restauration et en conservation, et dispensaient paraèement des cours à un pubic de passionnés. Chaque année, e couvent organisait pendant tout ’été et jusqu’au début de ’automne des séminaires ouverts aux professeurs et conservateurs d’art, ainsi qu’à toute personne désireuse d’apprendre comment sauvegarder es trésors de famie dont ee avait hérité. Pusieurs sœurs enseignaient par aieurs dans diverses écoes cathoiques de a région. L’espoir, a joie et ’amour étaient es piiers de eur travai, mais aussi de eur identité de femmes et de reigieuses. Tout ça était très beau, se dit Emma, mais ce n’était ni ’espoir ni a joie, et encore moins ’amour qui avait poussé sœur Joan à décrocher son tééphone, queques heures pus tôt. Non, c’était putôt a peur. « Je vous e demande comme une faveur personnee, avait-ee insisté. Ce n’est pas à ’agent du FBI que je m’adresse. S’i vous paït, venez seue. » Tandis que des goutteettes de bruine froide commen-çaient à traverser ses cheveux — qu’ee portait aujour-d’hui beaucoup pus ongs qu’à ’époque —, Emma poussa un ong soupir en interrogeant du regard ceui qui avait renoncé à sa fortune pour vivre dans a pauvreté de son sièce. — Que devrais-je penser de tout ça, cher saint François ?
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Scrutant à travers e portai, ee distingua un ange de a tour de pierre dans a grisaie du petit matin. — Je sais, se dit-ee. Sœur Joan avait peur de queque chose. Ee avait des ennuis.
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