Mireille

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« Le malheur Baptiste… Je suis actrice dans la vie comme sur scène : je suis étrangère au monde. Je joue avec plaisir, je pleure et je chante comme Orphée et je prends tout le bonheur que les sens nous offrent, je le bois comme du sang épais et voilà tout ! Et après ? Il y a toujours un après dans les plaisirs de la vie ! Il y a dans le bonheur un futur que l’on s’acharne toujours à renifler comme une chauve souris affamée. C’est mon malheur Baptiste : je ne sais rien de vous et notre amour n’est qu’une douce mélodie qu’il convient de murmurer dans sa tête, un peu comme une comptine pour enfant. Je suis comme cet enfant qui écoute ses rêves et qui se régale à siroter une menthe… Je n’affronte pas la vie, je la bois ».
Publié le : mercredi 15 juin 2011
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EAN13 : 9782748118049
Nombre de pages : 150
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MireilleEric Coste
Mireille
ROMAN© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1805-7 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-1804-9 (pour le livre imprimé)Avertissement de l’éditeur
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contact@manuscrit.comDu haut de son fauteuil il dominait Marseille.
L’odeurinsistantedelafritureluilaissaitoublierson
mal de tête insolent. La lente odeur perfide, propre
à exciter les mouches d’une campagne désolée par
sesvaches,commençaitàluidonnerquelquefoisune
nausée qui lui rappelait les nuits irrespirables d’Is-
tanbul. Ces nuits où l’air s’avouait vaincu, où la
gorge n’avait pluscommefonction qued’infiltrerle
charme odorant d’un filet de poulpe agonisant, ou-
bliésur lerebordd’une autoroutedix joursplustôt.
Les baraques à frites exprimaient ainsi leur exis-
tence;ellesavaientcommelebesoinacharnédere-
vendiquerledroitàuneexistencepourlespauvreset
les miséreux. Il aurait voulu abandonner le confort
decetteodeurpoisseusepourlegrandlarge,comme
ildit,maisilavaitpeurdequittersontaudiscomme
l’arbrequiapris racinedansunchampdepoireaux.
L’odeursuffocanteetfielleusedecettefoutueba-
raqueàfrites,lesaccélérationsfracassantesdesvoi-
turesenrhumées,levacarmeassourdissantdu4ème,
le regard mielleux mais aussi vide que l’espace qui
séparelaterreàlalunedeMmeLambert,lagar-
dienne, qui apparaissait dans l’imaginaire de tout
l’immeuble comme le chien de garde qui pisse par-
toutetvousregardecommeunmilitairetchétchène:
7Mireille
Baptiste ne savait que faire de son mal de tête. Il
n’espéraitplusriendumiraclecathodique,ilesquis-
sait un sourire de pompe funèbre à l’autre qui parle
toujours fort en bas, il s’en prenait vigoureusement
à ces baraques à frites, il vivait l’événement excep-
tionnel d’un chien qui s’est fait prendre à uriner sur
le palier du voisin et écoutait le duel shakespearien
entre les deux ignorants du dernier étage qui igno-
raient certainement l’existence même de leur
rance.
Marcelluirendaittoujoursvisiteaprèslamessele
samedisoircommepourluisignifierl’heurehebdo-
madaire de sa repentante. Le regard aussi vide que
sonfrigo,ilécoutaitoisivementsonamiluiparlerde
bonté,dedignitéetdecourage. Ilposaitcommeune
marionnette,assiselàpourcomblerlevided’unmo-
nologue, et son esprit était quelque part entre la ré-
pliquedeMireilledansl’ActeIIetlesbalivernesde
paroisse. Marcelavaitétéélevéchezlesjésuitesprès
de Manosque. Il gardait de son enfance une éduca-
tionreligieusefaitedediscoursqu’ilrépétaitparfois
sans même comprendre le sens d’un mot. Il avait
gardé une certaine imprudence intellectuelle.
« Je rentre quelques minutes… j’ai une bonne
nouvelle… »
Dès cet instant, le regard sur le monde s’opérait
comme la vue d’une surprise pour enfant, la pensée
selaissaitglisserconfortablementcommesurlalente
pente d’un filet de fumée de cigarette qui se dirige
au grès d’un silence qui se meure paisiblement. Le
geste devenait plus sûr, plus humain, et la parole
s’enorgueillit d’une musique reposante et connue.
La bonne nouvelle ne se communiquait pas comme
ça,d’unseulcoup. Marcelrestaitàl’entréequelques
secondes pour goûter ce malin plaisir à se croire au
8Eric Coste
centre du monde et détenteur d’un privilège : celui
d’un instant de bonheur. Il gardait précieusement
le silence avec l’air d’un analphabète acharné par la
découverte des causes et des effets. Ce silence se
composait comme un temps universel, une frontière
hors du temps où même les battements de cœur ne
peuvent faire échos à la joie quasi immortelle de
l’instant présent.
« Je suis embauché chez Beaumont le libraire de
la rue saint Fé… ».
L’odeur des frites reprenait le dessus, les sour-
cilles se haussaient comme l’effet mécanique d’un
cours de bourse, sa bouche s’immobilisait derrière
lesapparencesd’uncridehaine,lesmainsetlesbras
devenaient inutiles pour exprimer le vide. Son re-
gardavaitsoudainprisunealluredejeuneadolescent
arrogant et mal coiffé. Il pensait plus vite qu’il ne
parlaitetsesphrasesarrivaientcommesebousculela
foulepourunpremierjourdesolde. Marcelesquissa
unlégerplissementdejoueetposasonregardsurla
bouteille de pastis. La bouteille était là comme seul
support d’écoute et de réflexion. Il aurait aussi bien
pu fixer tout autre objet sans vie ou plutôt lui enle-
ver sa fonctionnalité première pour l’envahir d’une
signification propre telle une réflexion sur l’homme
ou bien une réflexion sur le néant : « Ceci n’est pas
une bouteille »
Un long silence régnait dans cette atmosphère
aussi pesant qu’un soir tropical, un de ces soirs où
la chaleur et le mélange des odeurs se livrent à des
jeux éprouvant pour les voix qui mènent aux pou-
mons. Le calme passager des relents de frittes lais-
saitprésagerl’arrivéeduconcertnocturnedesmous-
tiquesetautresbruitsténébreux. Lalumièredunéon
dominait dans une transition presque harmonieuse
9Mireille
avec les dernières lueurs du jour. Marcel s’était as-
sis confortablement sur le divan de sky pour assis-
ter à ce moment silencieux où le temps du jour se
laisse maîtriser par la nuit tombante comme la ga-
zelle, désespérément prise au piège des mâchoires
d’acier du lion, accepte en silence sa lente agonie et
le doux chemin de la mort.
« C’est toujours étrange cette sensation du soir
tombant… J’ai comme l’impression… »
Les vitres grandes ouvertes sur la Canebière
n’offraientpourtantqu’unpaysagededésolation,un
Bangkokenversionmarseillaise: dubruitetencore
dubruitetdesodeursdepoubellesdebanquets. «Le
bruitmais unpeude courant d’air oubienle silence
mais la fournaise ! putain quel choix existentiel !
Quelle vie de merde ! et pourtant je vais bien finir
par la fermer cette fenêtre… »
Marcel l’écoutait comme un chien de chasse à
l’arrêt et ayant repéré sa proie dans un buisson tout
proche. Il avait croisé ses bras derrière la tête et
étendu ses jambes comme pour marquer un senti-
mentdesatisfactionetexpliquerqu’iln’étaitpasprêt
departir. Ilyavaitpourtantbienunlégersilenceàla
tombéedujour,juste letempsauxfunambulesdela
nuitdelaisserlesoccupantsdujourrentrerdansleur
espaceréconfortantetintimeoùrègnelepouvoirdu
père,l’obéissancedesenfantsetlecérémonialorga-
nisé du dîner.
« Allez, je vais voir Mireille… à l’Alcazar. Au
moins là-bas, dans mon fauteuil gratuit, le monde
crasseuxduvideetdunéantmelaissetranquillement
espérerquelesodeurspoisseusesdujournesontque
le voyage douloureux mais indispensable vers cette
petite lueur… la douce voix de Mireille » Marcel
10Eric Coste
avait soudainement abandonné son air de chien de
chasse égaré pour se laisser surprendre par le ton
mélodieuxetrêveurd’unetelleaffirmation. Comme
siunsentimentdelégèretéetdevéritépouvaitsortir
d’un espace aussi triste et mal éclairé.
« Tu vois… Tu es vraiment surprenant Batiste !
Tueslà,seul,àterévolterfaceaudésespoircriantde
taconditionettumetrouve,auderniermoment,àla
dernière seconde, cette force, cette intelligence, qui
merappellel’histoiredecethommequiavaitfrappé
àlaportedesoncercueilalorsqu’ilétaitdéjàaufond
dutrou,àécouterlespremièresmottesdeterrefrap-
perlesoclevernisd’unbruitsourdetirrémédiable».
BatisteavaitconnuMireilleparl’intermédiairede
sa sœur. Il avait laissé Marcel seul dans le salon.
Sachemisedesoiréeétaittoujoursdisposéeàl’écart
desautres commepoursignifierl’existencededeux
mondes. Il avait pris soin d’éviter la moindre tâche,
le moindre pli, le moindre signe de sa misère quo-
tidienne. Il était passé juste avant dans la salle de
bain s’enlever toute l’histoire de sa journée sans vie
et avait versé le reste d’une eau de toilette, délicate-
ment, derrière ses oreilles comme l’eau bénite qui
lave des péchés le pauvre pécheur qui rendre bre-
douille de ses illusions. Il ôtait la sueur de sa che-
misechargéedehaineacide,d’espoir,dedouteetde
la transpiration graisseuse des frites. Le torse nu lui
donnait l’apparence des nouveau-nés qui se laissent
naïvement bercer par leur mère. Il avait toujours à
ce moment là cet étrange sentiment de solitude qui
fait souffrir les âmes et qui donne peu d’espoir au
présent. Cettelumièredecercueiléclairéeparticipait
audécorbrutaldumoment. Ilconnaissaitlemoindre
de ses gestes mille fois répétés, il maîtrisait chaque
instant de sa cérémonie intime, et à chaque fois le
mêmesentiment,lamêmeangoisse,lemêmedoute,
11Mireille
et le même espoir. Il dépliait soigneusement sa che-
mise en observant la moindre anomalie risquant de
remettre en question le bon déroulement de son ri-
tuel. Ne restait plus qu’à sceller son destin en agra-
fantlesderniersboutonsetenajustantlecol. Unbref
passagedevantlemiroirjustepours’assurerquetout
estbienconforme. IlavaitlaisséMarcelsurledivan.
« Je suis à l’Alcazar… »
Encore quelques secondes à descendre ces
marches d’escalier, pour enfin fuir cette « Vie
fielleuse… » Il descendait pas à pas ces escaliers
sans fin, tout en méditant sur l’odeur de meuble
ciré du 3ème étage, qui était devenu avec le temps
une partie de sa vie, comme si ces mêmes meubles
se trouvaient chez lui dans son appartement. Il ne
cessait d’imaginer ces meubles derrière la porte
d’entrée sans âme ni sonnerie, comme il imaginait
chaque appartement comme un décor de théâtre où
chaque locataire jouait sa propre pièce, son propre
mélodrame sans soucie du public et de ses vertus.
Baptiste connaissait le moindre défaut, la moindre
rayure et autres caractères propres à chaque porte
d’entrée un peu comme le rideau de théâtre que
le spectateur observe dans ses détails en attendant
patiemment l’ouverture de la pièce. Il aurait aimé
pousser chaque porte pour voir comment était amé-
nagé l’espace de son salon, de sa cuisine, de son
petit balcon, comme si quelqu’un avait désorganisé
l’ordre établi. Il riait de son imagination et s’extir-
pait sans mal de la chape de béton du hall d’entrée
pourseretrouversurlestrottoirsimprévisiblesdela
ville étourdie par les premières lanternes.
Il n’y avait que quelques minutes pour ce rendre
authéâtrejusteletempsdedescendrelaCanebièreet
12Eric Coste
d’observercepetitmondedelanuitdoucementassu-
rerlarelève. Lespluspauvresserésignaientàretirer
leurscartons crasseux signé « J’aifaim » touten re-
comptant, sans savoir compter, la dizaine de pièces
devant assurer la survie jusqu’au lendemain ; les
moinspauvresrestaientassisaubarenattendantque
letempspasse. Unincident,uneparoleinsignifiante,
un regard vide, le bruit du tiroir caisse qui marque
la fin d’un épisode marquant : quelqu’un s’en va et
lesanges passent. Baptisteobservait ce petit monde
comme la découverte de l’Amérique avant Chris-
tophe Colombe. Il traînait son regard à la manière
d’uncontedeféepourenfantorphelin,ilparlaitàsa
penséedetoutecettemisèrecommelesivrognesqui
crientleurrévolteavecdesmotsjustes. Sonseulvrai
soucieétaitcependantd’arriveràl’entréedel’Alca-
zarunpeucommeonarrivedevantDieu: lachemise
impeccable. Ilrestaitcettechaleurépouvantablequi
vous aurait fait fondre un esprit éclairé. Les odeurs
de goudron chaud, de plastique coulant, de ciment
bouillant, et de métal bouilli remplissaient les pou-
monsdeBaptistecommelestourbillonsdevalsesau-
trichiennesunjourd’anniversairedel’Empire. Cette
chaleur odorante aspirait les fines semelles de Bap-
tiste qui franchissait chacun de ses pas à la manière
ducondamnédanslescouloirsdelamort. Ilassurait
sadémarchelentementnonpourleplaisirdesouffrir
un peu plus longtemps mais pour éviter de mouiller
sa chemise et de ne pas arriver en sueur devant le
comptoirdel’Alcazar. Il sedisaitseulement : « En-
core une minute… » et retenait sa respiration pour
éviterl’immondeodeurdechiencouchésurdescar-
tons juste à côté de son maître lui aussi couché sur
cettemêmemoquettequisertàlafoisdecuisine,sa-
lon, salle à manger et WC (Il n’y a pas de salle de
bain).
13Mireille
Baptiste achetait souvent un paquet de cigarettes
juste pour en donner une ou deux à quelques clo-
chards errants et leur faire un brin de conversation,
commele ramoneurse faitun brin detoilette. « J’ai
pas d’argent, mais j’ai une cigarette… ». Il sentait
glisser cette odeur inconfortable mais avait oublié
qu’elleétaitimmonde. Ilécoutaitalorsquelquesmi-
nutes parler le fumeur de cigarette qui entamait un
monologue cornélien avec des grandes idées sur le
pouvoir, le vin de table, la caverne de Platon, les
cartesàpuces,Sartreetlapolice. Ildisaitqu’ilavait
travaillé comme ingénieur et doutait de la capacité
des peintres à représenter le réel. Baptiste souriait
toujourslorsqu’ilécoutaitlaversiondalinienned’un
alcoolique qui aurait pu être son frère ou plus sim-
plement lui-même.
« Je sais, tu vas dire que je suis fou… mais la
différence entre moi et un fou c’est que moi j’suis
pas fou ! Moi j’me fais agresser tous les jours, je
vaiscertainementmourrird’unesirose,maisj’aipas
de souci, je fais ce que je veux, je suis un marginal
mais je fais de mal à personne, je sais même comp-
ter, écrire, chanter, enfin tous ces trucs que la so-
ciété t’apprends mais moi je sais aussi dessiner… »
Baptistenes’ennuyaitpasmaisilluirappelaitseule-
mentqu’ildevaitallerauthéâtreàuneheureprécise.
« C’est bien le théâtre… c’est comme des yeux…
Des grands yeux… en forme d’étoile de mer… Et
surtout prends soin de Marielle… heu !… De Mi-
reille et fais-lui de beaux bébés… ».
Sitoutelaviepouvaitêtreaussifacileque: «Fais-
lui de beaux bébés… » et laisser l’histoire se dérou-
ler sans préjugés et sans allégresse pensait Baptiste
devant l’ouvreuse qui lui souriait pour lui signifier
l’imposturedecesincisivesetl’exotismerenversant
14Eric Coste
desesjouescreuséesparunearméedetaupesencha-
leur.
L’ouvreuseétaitnouvelle: «JesuisunamideMi-
reille, qui joue dans la pièce de ce soir, elle joue le
rôle d’Orphée ». La phrase de délivrance était pro-
noncéecommecesphrasesunpeumagiquesqueles
enfantsnecomprennentpasmaisadorentprononcer
car elles produisent toujours le même effet. Il avait
toujours son siège dans une loge toute proche de la
scène réservée à la famille et aux comédiens. Le
velours rouge lui donnait des allures d’homme im-
portant, les boiseries un air talentueux, et cette loge
réservée une attitude arrogante. Les premiers chu-
chotements de la salle annonçaient une impatience
digne d’un orchestre philharmonique qui s’accorde
avant la première note. Les faibles lumières qui
éclairaientlerideaudescèneapportaientunetouche
de faible obscur qui, mêlée aux voies basses et aux
odeurs de bois ancien, semblaient démarrer la pièce
avant les trois coups d’ouverture. Les yeux de Bap-
tisteétaientdévouésàsaluerlesoccupantsdelaloge
avec une touche de mondanité qui le rendait mal à
l’aise et naïf. Il accompagnait son regard de Ba-
ron sans boutons de manchettes d’un sourire aussi
pincé que les fesses ramollies d’une portugaise oc-
togénaire un jour de juillet. Le bruit de fond mon-
tait crescendo, les lumières restaient sereines et les
ouvreusesouvraientlavoieauxderniersspectateurs
qui gagnaient leur place à la hâte, ce qui constituait
un incident aux yeux de Baptiste puisqu’un tel évé-
nement devient majeur dans de telles circonstances.
Les portes battantes des loges claquaient, le rideau
frémissait, les battements de cœur des acteurs rai-
sonnaient dans la tête de Baptiste, et l’angoisse, le
désir, le rêve, le bonheur pouvaient commencer. A
chaquelevéderideauBaptisterestaitfigécommedu
marbre, oubliant un instant le poids de son corps, la
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