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Titre
Mort en scène
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Titre Gilbert Duhamel
Mort en scène
Roman noir
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02416-6 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304024166 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02417-3 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304024173 (livre numérique)
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SCENE MORTELLE
CHAPITREI
Sur le sol de laque noire, le corps immobile d’un homme. Les jambes sont légèrement écar-tées, la pointe des pieds tournée vers l’extérieur, le bras gauche le long du torse, l’autre, en arc de cercle autour de la tête, la main levée, paume ouverte, comme un geste d’adieu au bout du quai quand s’éloigne le train². Autour, trois hommes, transpirant sous les projecteurs, ob-servent le mort les yeux plissés par la lumière crue qui tombe des cintres. Des policiers alertés par le gardien.– Est-ce qu’on peut baisser un peu la lu-mière ? – crie, la main en visière au dessus des sourcils, celui qui semble être le chef, - on ne peut rien voir avec ces projos en pleine poire ! Un grand échalas en blouse grise sort de l’ombre et, la voix éraillée par l’abus des gitanes maïs, répond que l’électricien et le régisseur ne travaillent pas le matin et que lui-même, gardien des lieux, peut allumer ou éteindre mais n’est pas autorisé à toucher aux réglages.
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Mort en scène
– Étant donné les circonstances l’autorisation c’est moi qui vous la donne, aboie l’inspecteur chef. Allez me baisser cette lumière et fissa ! Ricanements de ses deux subordonnés tandis que l’échalas s’éloigne en bougonnant. L’éclairage enfin supportable, les policiers s’accroupissent près du cadavre avec l’air inspiré de gourmets humant un alléchant. fumet Quand revient le gardien, l’inspecteur chef se redresse et lui demande s’il a lui-même découvert le corps, si quelqu’un l’a touché, si des objets ont été enlevés. La réponse aux trois questions étant négative, il se tourne vers ses assistants. – Cet homme a certainement les cervicales brisées ; la mort a du être instantanée. La posi-tion du corps semble exclure la chute involon-taire : il devrait être tordu, en boule, de travers, que sais-je ? Quand on tombe accidentellement, on s’agite, on cherche à se rattraper, à amortir le choc, à se protéger la face, non ? .D’autre part, vu sa taille et celle des mains courantes qui lon-gent les passerelles, je ne le vois pas trébuchant, ou même se prenant les pieds dans un câble ou un outil , basculer de l’autre côté. J’y suis allé. Moi qui mesure et pèse moitié plus que lui, je garantis qu’il faut y mettre du sien pour… à moins, à la rigueur, d’être ivre mort – ce que nous révèlera l’autopsie- de se jeter volontaire-ment mais ceux qui choisissent ce mode de sui-
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