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Mort intime

De
76 pages

Antoine Mouteur, un ingénieur de production, divorcé, fait un voyage en Mongolie. Il tourne un jour les moulins à prières, et les place par un grand hasard, tous dans la même position. Cela lui donne un pouvoir surnaturel révélé par un grand chaman, qu’il exploite et qui lui démontrera l’hypocrisie des gens qu’il fréquente. Une certaine notoriété va naître autour de lui, et cela va lui déplaire. Il décide de se défaire de cet envoûtement au cours de son second voyage en Mongolie.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-60460-6

 

© Edilivre, 2013

Chapitre premier

Je viens là, comme si à la maison il n’y avait pas assez de place. L’endroit est plus chaud, la chaleur est différente, celle du cœur et de l’esprit, où dans la salle on retrouve les copains qui ne sont pas toujours les mêmes mais qui vous laissent toujours une petite trace d’amitié au fond du cœur. Cet endroit est le café. Chacun raconte son histoire, vous entraîne dans des aventures plus ou moins lucratives et est un roi refaisant le monde. C’est là que les opinions évoluent avec les degrés d’alcool, pour revenir à leur départ au petit matin lorsque l’on est à jeun après des élucubrations importantes. Le bar est le seul endroit public où l’on peut s’exprimer librement et laisser respirer son esprit. Je vis seul, et mes occupations me laissent bien du temps libre, c’est dans cet estaminet que je passe pas mal de temps. Au milieu des promesses de comptoir, de blagues où l’on rit un peu fort pour montrer qu’on est là. Il y a les habitués, Louis qui demande toujours qu’on lui offre un verre, sa femme doit lui restreindre son argent de poche, Étienne qui vante son sport et la santé qui va avec, René qui nous envahit avec ses propos royalistes, André un anarchiste du futur, et d’autres qui donnent une ambiance constante. Droite, gauche, chacun a son existence. La serveuse qui est contrainte d’embrasser les plaisanteries en forme de demande de charme, un petit monde qui vit ses heures d’utopie. Ce que j’aime bien dans ce genre de rencontre et de convivialité, c’est qu’il n’y a pas de différence de classe, d’idéologie ou de rang social. On s’exprime, on gueule parfois, évacuant sans dégât les excédents de violence ou de tendresse ou de cafard sans avoir à en faire compatir les autres.

Sur les tables traîne une sorte de revue publicitaire vantant la beauté d’un voyage en Mongolie, ses beautés, son dépaysement, ses grands espaces restés vierges, la chaleur des habitants à recevoir les touristes, et les animations exceptionnelles qui occupent le séjour avec des photos publicitaires pour appâter le client. Une chose me surprend, le prix sera déterminé suivant l’importance du groupe, veuillez inscrire votre nom et coordonnées si vous êtes intéressé. Je trouve cela amusant et en dehors de la régularité, une fourchette de prix aurait pu être indiquée. Une chose m’amuse, certains ont mis leur adresse comportant deux places. Ils se vantent de la beauté de leur femme que l’on n’a jamais vue au café, et ce sera amusant de voir leur moitié en réalité. Étant seul j’inscris mon nom avec l’ambition d’apprivoiser une partie de rire de plusieurs jours : Antoine Mouteur, je pourrai toujours me rétracter à l’annonce du prix si celui-ci est trop élevé. Un tour-opérateur qui n’est pas pressé de vendre, le temps passe et pour le moment je n’ai rien.

C’est une lettre déposée dans ma boîte par le facteur qui réveille ma mémoire. Après plusieurs mois d’attente, le voyage allait pouvoir s’organiser. Le prix est pour moi très abordable et je m’engage à le faire. Au café nous sommes peu à avoir souscrit pour ce voyage, alors que lorsque je m’étais porté intéressé, la liste était longue. Beaucoup se sont rétractés. Une réunion est improvisée au café, un guide vient nous expliquer que ces régions ne sont pas trop fréquentées, que nous ne devons pas nous attendre à être logés dans des hôtels de grand luxe et des restaurants de prestige. Vous allez devoir vivre avec le peuple de nomades, dormir sous les yourtes, manger la même cuisine, et vivre les mêmes aventures. Ce sont des éleveurs nomades qui ont des grands troupeaux et qui vont vous accueillir et vous faire vivre leur vie. En option il y a un voyage dans les montagnes dans des villages retirés, mais ne pensez pas trouver un grand confort, les déplacements s’effectuent dans des 4x4 sur des pistes pas toujours bien entretenues et l’hébergement se passe chez l’habitant. Conseil d’équipement : il faut des vêtements chauds, des chaussures de marche, des équipements pour faire de la marche, pour une bonne protection en montagne, sachant qu’il n’y a pas de lieux de plaisir comme les boîtes de nuit ou autre lieux de divertissement. Pour ceux qui le peuvent, apprendre à monter à cheval, et prévoir une tenue non pas de luxe, mais qui soit appropriée, qui ne souffre pas de maltraitance. Pour les passeports en règle, vous pouvez me les remettre, le nécessaire sera fait auprès de l’ambassade. Ils vous seront rendus avant le départ. Tout cela prend du temps, et pour le peu de gens qui comme moi ont souscrit, je me demande où est l’intérêt d’une telle aventure. Les chevaux par leur taille m’ont toujours impressionné, et j’appréhende mes cours d’équitation. J’avais une fausse idée sur ces animaux qui sont pacifiques et obéissants. Mes craintes sont devenues un plaisir de contact.

Les voyages que j’ai pu faire ont toujours été dans des hôtels soi-disant de luxe avec des restaurants qui ressemblent aux selfs que l’on trouve aux abords des grandes surfaces ou dans les usines sous le titre de cantine. La formule exposée me plaît, elle reflète un certain dépaysement et une image d’aventure très attirante. Le prix se trouvant dans mes conditions, je souscris pour un voyage de plaisance.

Chapitre 2

Le grand jour du départ est là, et c’est à Roissy-Charles-de-Gaulle que nous nous retrouvons avec d’autres touristes comme nous et c’est dans une bonne ambiance pleine de joie et d’enthousiasme qu’après enregistrement, embarquement et destination Hohhot, capitale de ce grand pays qu’est la Mongolie. L’aéroport n’est pas grand, le trafic doit être assez réduit. Nous ne sommes pas très nombreux, une quinzaine à peine et nous ne sommes pas accueillis dans un grand bus mais nous sommes répartis dans trois 4x4 qui doivent dater de l’antiquité avec les banquettes latérales. Pas de visite de la ville, nous la traversons dans un grand vacarme de klaxons, de bruits de moteur, trois personnes sur une petite moto, sans casque et sans protection. Pas le temps de flâner, un bout de route, un bout de piste et nous roulons dans la prairie, immense avec les montagnes dans l’horizon qui semblent reculer à mesure qu’on avance. Nous ne roulons pas trop vite, mais nous sommes secoués sur des banquettes inconfortables à chaque cahot que nous passons, et ils sont nombreux. C’est vraiment inconfortable. Comment se sont-ils dirigés ? c’est un mystère, mais nous arrivons après une longue journée dans un camp de yourtes. Quelle leçon d’humilité est offerte par ces gens de petite condition, car c’est visible la pauvreté règne parmi ce peuple de nomades, mais quelle chaleur humaine est développée pour nous recevoir ! Ils ne sont plus repoussés, ignorés du monde, nous sommes là pour les visiter, pour leur donner une certaine importance. C’est une fête qui nous est donnée en offrande avec le lait de jument un peu fort qui vous colle au palais, le thé au beurre de yack et un repas copieux à base de viande de chèvre et de fromage de fabrication artisanale. Ils ont de grands troupeaux qui font la richesse du pays et la pauvreté du peuple.

Il y a une douce chaleur dans la yourte, le poêle à bois placé dans le centre diffuse une chaleur d’ambiance très confortable mais une odeur de feutre, de peaux séchées, de feu de bois, de cuisine, ce qui n’est pas d’un mélange audacieux avec les apports d’odeur humaine. Le soir un groupe électrogène permet de regarder des films sur des cassettes louées lorsqu’ils vont en ville pour vendre des bêtes et acheter des provisions. Les toilettes se trouvent dehors dans la nature au choix de l’endroit. Pour les femmes de notre groupe en pantalon, cela pose un problème, et elles sont la risée des femmes mongoles vêtues de larges jupes longues et il suffit qu’elles s’accroupissent pour être entièrement couvertes. Ce sont nos guides qui nous servent d’interprètes, de chauffeurs et nous assistent dans toutes nos démarches. Les réunions sont joyeuses, pleines de plaisanteries, de rires. Les yourtes, grandes tentes circulaires ne possèdent pas de cloisons et chacun doit dormir dans son coin sans intimité, et pour les rapports on se demande comment ils font entre eux car on ne se rend compte de rien. Mon ancienne femme aurait crié au scandale en voyant un endroit aussi précaire, elle qui est si maniaque et méticuleuse sur l’hygiène et la propreté. Heureusement que nous avons divorcé ! Pourtant, une nuit, à ma grande surprise, je suis rejoint dans ma couche par une femme qui, à la faveur de l’obscurité, se glisse contre moi. Nos rapports se passent dans un silence de cathédrale et après le moment de bonheur elle s’en retourne de la même façon qu’elle était venue. Je ne pense pas avoir été un amant exceptionnel, j’étais tendu, gêné quelque part, peur que le mari ou fiancé, je ne sais pas, vienne casser le charme en criant au voleur. Ils pourraient avoir des mœurs violentes et je ne tiens pas à jouer les trouble-fête. Cette crainte descend mes performances d’un grand potentiel. Ce sont donc elles qui...