Mosaïque

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Le proverbe populaire dit que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Alors comment appréhender les sentiments que je te porte, ce flot qui roule ses eaux impétueuses, sans remonter aux sources ? Le bonheur dont tu me construis est un funambule espiègle qui prend diverses formes, se démultiplie dans les détails et se tapit dans les recoins de mon âme. C’est une eau agile qui se faufile. Prendre le temps de regarder, écouter, sentir et toucher reste l’unique voie pour capter ces instants éphémères. Combien sont-ils ces affluents ? Innombrables. Ces petits riens de toi : attitudes, regrets, mots, silences, absences, regards, cris, erreurs, joies… Ces petits riens de nous : quotidien, ébats, bonheurs, chagrins, éclats de voix… Ces souvenirs ou fantasmes sont autant d’œillades au travers desquelles se dessine, en mosaïque, le portrait de la femme que j’aime.



Mosaïque décline sous la forme de mini récits différents moments d’une vie à deux. La routine du quotidien côtoie les éléments fondateurs de l’engagement nécessaire à toute relation de couple. Stéphane Kirchacker tente le pari d’une analyse des rapports homme-femme sous la forme d’une déclaration amoureuse. Tout le monde se retrouvera un peu dans ces 54 textes enlevés où l’humour et la poésie occupent le devant de la scène. Émotions et éclats de rire garantis pour tous ceux qui ont été et sont encore amoureux !


Publié le : jeudi 1 janvier 2009
Lecture(s) : 52
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953526707
Nombre de pages : non-communiqué
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Tendres affluents Le proverbe populaire dit que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Alors comment appréhender les sentiments que je te porte, ce flot qui roule ses eaux impétueuses, sans remonter aux sources ? Une multitude de petits ruisseaux confluent pour former notre fleuve Cupidon. Nous voici plongés dans l’infiniment petit de la sensibilité amoureuse. Le bonheur dont tu me construis est un funam-bule espiègle qui prend diverses formes, se dé-multiplie dans les détails et se tapit dans les recoins de mon âme. C’est une eau agile qui se faufile. Il faut être attentif pour distinguer ces minuscules cours d’eau, transparents en apparence. La fraî-cheur des gouttes peut me prendre par surprise,
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provoquer un frisson furtif et me donner la chair de poule. D’autres fois, le flot est bien caché dans son lit, invisible et timide, mais gazouillant à mes oreilles. Prendre le temps de regarder, écouter, sentir et toucher reste l’unique voie pour capter ces instants éphémères. Combien sont-ils ces affluents ? Innombrables. Aujourd’hui, jour de décembre 2008, flotte en moi l’envie folle d’entamer une énumération de ces rivières infinitésimales. Tenter de dénombrer nos liens intimes comme on compte les moutons. Non pour s’endormir, mais pour s’étourdir de l’in-fini d’un recensement totalement vain. Une sorte de collection. Ma volonté forgée de patience sera-t-elle capable d’épingler quelques-uns de ces tendres affluents ? Ces petits riens de toi : attitudes, regrets, mots, silences, absences, regards, cris, erreurs, joies… Ces petits riens de nous : quotidien, ébats, bonheurs, chagrins, éclats de voix… Je jubile déjà à l’idée d’attraper des moments de notre vie, réels ou fantaisistes. Ces souvenirs ou fantasmes seront autant d’œillades au travers desquelles tu pourras apercevoir, en mosaïque, le portrait de la femme que j’aime. Penché au-dessus de cette eau claire, je
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contemplerai aussi ma propre image. Les regards que je te porterai vont, par réverbération, m’éclairer et me changer. Au moment où mes doigts se posent sur le clavier, je réalise que je ne suis pas écrivain. J’avais oublié ce menu détail. Comment pourrais-je alors capturer ces instants fugaces en les exprimant par des mots ? Mon but ne réside pas tant dans l’œuvre littéraire, mais dans la constitution d’un album photo où chaque cliché est un texte. Certains textes pourront être mal cadrés ou flous. Et alors ? Du moment que l’émotion passe pour s’installer sur ces îlots de souvenirs émergeant aux confins de nos mémoires. Et revenons à notre proverbe popu-laire : les petits ruisseaux font les grandes rivières. Il faudra écrire régulièrement pour que des mots, réservés au départ, constitués de lettres esseulées, se déversent sur la page blanche et révèlent les premiers textes. Le défi se situe dans une activité d’écriture lilliputienne mais quotidienne. Les forces du temps et du nombre se chargeront du reste. En tout cas, je l’espère. Car les fondements de ce pro-jet reposent sur cette écriture parcimonieuse qui se déroulera dans la solitude et la clandestinité. Je
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devrai me cacher de toi pour mener à terme cette aventure afin de t’offrir cette collection improbable comme une surprise. Tu seras mon unique sujet avant de devenir ma lectrice privilégiée. Des mots sur toi pour toi. En apparence, la situation semble rassurante. Elle s’avère en réalité terrifiante tant l’angoisse de te décevoir et de sombrer dans le médiocre me hante. Le doute sera mon pain quo-tidien. En te regardant en cette soirée grise d’hiver, une pensée confuse mais rassurante me chuchote que l’aventure se dévoilera aussi heureuse et amusante. Une écriture libre pour les sujets comme pour le style. Sans contrainte. Chaque affluent revendi-quera sa propre personnalité sans s’inquiéter de dépareiller dans le paysage général. Le ru déferlant des montagnes se montrera fulgurant, direct et rapide, habillé de mots épurés. Le ruisseau paisible des plateaux se contorsionnera dans des méandres sinueux en t’invitant à une méditation joyeuse. Le filet étroit des sous-bois, encaissé dans son fossé, suggérera plus qu’il n’affirmera. Bref, des eaux qui frémissent, giclent, gonflent, lavent, se déversent, des eaux froides ou bouillantes, des eaux qui pu-
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rifient, stagnent ou inondent ! Des eaux multiples qui s’écouleront dans des textes courts et d’autres plus longs. Dans la prose comme la poésie. Dans notre réalité ou dans mes fantasmes. Le tout avec un peu de sérieux et beaucoup d’humour car la profondeur des sentiments ne s’oppose pas à la légèreté du dérisoire. Je le répète, je ne suis pas un écrivain et c’est tant mieux ! Je peux m’offrir le luxe d’un patch-work littéraire aux tonalités dissonantes, n’ayant pas le souci de devoir nommer très précisément l’aboutissement de mes travaux d’écriture. Mon intention reste exclusive : t’offrir une sincérité ra-fraîchissante dans laquelle tu prendras plaisir à patauger. Allez, prends ta serviette et viens t’ébrouer dans cette eau diverse ! Et surtout, laisse-toi porter par ces courants. Ils convergent vers nous.
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