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Nahslima

De
177 pages
Nahslima, arrivée à Montpellier pour y faire des études financées par les habitants de son village, est promise par ses parents à Asoram, un homme plus âgé, élégant et cultivé.Comment concilier ce destin avec la découverte en France d’une certaine idée de la liberté ? François Mossmann, instituteur à Baden-Baden puis directeur d’école à Saclas dans l’Essonne, a réalisé, pendant plus de quinze années, des bandes dessinées, scénarios et dessins, pour le magazine Amis-Coop. Il a écrit et illustré un roman destiné aux jeunes lecteurs, participé à des expositions de dessins de presse en Italie et en France, publié des nouvelles.
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Titre
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DU MÊME AUTEUR
Bandes dessinées Scénario et dessins Quinze années avec le Magazine Amis-Coop Éditions de l'Office Central de la Coopération à l'École Dessins de presse Expositions parrainées par leCanard enchaînéDedraki, le mystère des bonsaï grecs Roman pour jeune public - Texte et illustrations Traduit en allemand Éditions Euro-Régions Éditions Vague espoir Recueil de nouvelles, Éditions Velours
Titre François Mossmann
N a h s l i m a
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
Illustration de couverture :Nahslima, François Mossmann © François Mossmann © Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9376-8 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748193763 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9377-6 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748193770 (livre numérique)
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Pour Émilie, Hadrien et Nicolas, mes petits-enfants
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I
Assoram passe derrière moi en me bouscu-lant sans ménagement, plaque brutalement sa main sur mon front, tire violemment ma tête en arrière. Comme un éclair une lame brille devant mes yeux. Je me sens fondre, descendre dou-cement, tomber sur les genoux, être inondée de sang. Je n’ai mal nulle part. Autour de moi, je perçois qu’on hurle des in-sultes. Le son me parvient déformé, ouaté. J’aperçois ma mère qui se tient debout en si-lence et qui me regarde, hébétée. La tête me tourne. Le ciel pivote, la terre le rejoint. Mon corps bascule en avant, je suis in-capable de le retenir. Je tombe lourdement sur le sol. Je suis étendue sur le ventre, le visage en partie enfoui dans le sable. J’ai peur de mourir. Quelqu’un tourne légèrement et avec beau-coup de tendresse ma tête, effleure mes lèvres en tremblant. Mes yeux sont restés entrouverts ; je recon-nais Nohmis, mon ami d’enfance, tout proche, inondé de poussière et de larmes. Je suis fatiguée. Je vais dormir. Simon…
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N a h s l i m a
Un peu plus loin, le couteau toujours à la main, la main qui tremble au bout du bras, As-soram reste là, immobile, devant ce corps qui se vide de son sang. Il y a encore quelques minu-tes, il exprimait la colère, la haine, parfaitement. Devant la foule, face à ses proches, il avait été un instant égal à ce qu’on attendait de lui : un homme trompé qui punit l’épouse promise conformément au pouvoir que lui donnait la coutume, la loi. Sauf qu’il avait anticipé le jet de pierres, lais-sant les autres un instant décontenancés, sans doute frustrés de n’avoir pas pu participer à ce massacre collectif programmé, chacun avec son caillou à la main. Ce geste irrémédiable, Assoram l’avait im-provisé au tout dernier moment. Cette sil-houette fragile, ces yeux brillants qui le fixaient sans ciller. Pas de provocation. Simplement l’acceptation sans résignation. Et pourtant for-cément la peur. Il avait bondi en hurlant, extrayant l’arme des plis de l’étoffe. Surtout ne pas réfléchir. Elle n’avait pas bougé. Impossible de revenir en ar-rière. Il réalise qu’il va la perdre une seconde fois, une dernière fois.
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