Nepalium Tremens

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Ça devait être une vertigineuse montée. Celle de l’Everest. C’est plutôt une effroyable descente dans l’enfer de la dysenterie, car le narrateur – au moment où il amorce sa montée – est terrassé par un virus. Des hauteurs célestes, il chute dans la merde au sens le plus vrai du terme. La faiblesse est telle qu’il sombre à plusieurs reprises dans l’épilepsie. Et c’est là que les choses changent: cette perte de conscience provoque des visions érotiques comme jamais le narrateur n’en a eues. Il faut dire qu’il est soigné par des infirmières d’une beauté à couper le souffle et que cela influence sans doute son imaginaire déglingué. Le voyage auquel nous convie Jean Désy est l’envers du sublime. On patauge plutôt dans le grotesque, dans le burlesque, mais il y a, malgré le fait que le protagoniste frôle la mort à chaque page, une bonne humeur et une drôlerie qui nous déride constamment. Absam, le moine-bouffon, y est pour beaucoup dans cette propension à l’hilarité. C’est aussi l’occasion pour le narrateur de s’interroger sur les grands thèmes de l’existence: la mort, l’amour, le bonheur, la compassion, la pauvreté et la richesse, mais aussi la paternité, car le narrateur se sent coupable devant ses fils. Pourtant, ces derniers quitteront tout pour venir le secourir. Nepalium tremens, un roman intense et immense…
Publié le : jeudi 1 septembre 2011
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EAN13 : 9782892616781
Nombre de pages : 254
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Ce livre, publié dans la collection ROMANICHELS dirigée par Josée Bonneville, a été placé sous la supervision éditoriale d’André Vanasse.
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L’aventure d’un médecin sur la Côte-Nord, récit de voyage, Montréal, Trécarré, 1986. Pour moi… la mer…, recueil de poésie, Québec, Le Palindrome éditeur, 1988. Un dernier cadeau pour Cornélia, recueil de nouvelles, Montréal, XYZ éditeur, 1989. La saga de Freydis Karlsevni, conte, Montréal, l’Hexagone, 1990. Miction sous les étoiles, recueil de poésie, Québec, Le Palindrome éditeur, 1990. Urgences, récits et anecdotes/Un médecin raconte, recueil de nouvelles, Québec, Éditions La Liberté, 1990. La rêverie du froid, essai, Québec, Éditions La Liberté-Le Palindrome, 1991. Baie Victor, roman, Québec, Le Septentrion, 1992. Kavisilaq/Impressions nordiques, recueil de poésie, Québec, Le Loup de Gouttière, 1992. Voyage au nord du Nord, récit de voyage, Québec, Le Loup de Gouttière, 1993. Docteur Wincot, recueil de nouvelles, Québec, Le Loup de Gouttière, 1995. L’espace Montauban/Le dernier roman scout, roman, Québec, Les Éditions La Liberté, 1996. Lettres à ma fille, récit de voyage, Québec, Le Loup de Gouttière, 1997. Ô Nord, mon Amour, recueil de poésie, Québec, Le Loup de Gouttière, 1998. Nunavik/Carnets de l’Ungava, essai poétique, Montréal, Les Heures bleues, 2000. Le coureur de froid, roman, Montréal, XYZ éditeur, 2001. Du fond de ma cabane. Éloge de la forêt et du sacré, méditations, Montréal, XYZ éditeur, coll. « Étoiles variables », 2002 ; coll. « Romanichels poche », 2003. Nomades en pays maori. Propos sur la relation père-fille,récit de voyage, Montréal, XYZ éditeur, coll. « Étoiles variables », 2003. L’île de Tayara, roman, Montréal, XYZ éditeur, coll. « Romanichels », 2004. Au nord de nos vies, récits, Montréal, XYZ éditeur, coll. « Étoiles variables », 2006. Âme, foi et poésie, essai, Montréal, XYZ éditeur, coll. « Documents », 2007. La Poune ressuscitée, roman-théâtre, Montréal, XYZ éditeur, coll. « Étoiles variables », 2007. Entre le chaos et l’insignifiance, histoires médicales, Montréal, XYZ éditeur, coll. « Étoiles variables », 2009. Toundra/Tundra/kNgxN, encres de Pierre Lussier, recueil de poésie, Montréal, Les Éditions XYZ, 2009. La Baie-James des uns et des autres(en collaboration avec François Huot), essai, Québec, Les productions FH, 2009. Uashtessiu/Lumière d’automne(en collaboration avec Rita Mestokosho), poésie, Montréal, Éditions Mémoire d’encrier, 2010. L’esprit du Nord. Propos sur l’autochtonie québécoise, le nomadisme et la nordicité, essai, Montréal, Les Éditions XYZ, 2010. Vivre ne suffit pas, anthologie, préface d’Yves Laroche, choix des textes de André Bresson, Yves Laroche et André Trottier, Montréal, Les Éditions XYZ, 2011.
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Jean Désy
Nepalium tremens roman
éditeur
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Désy, Jean, 1954-Nepalium tremens (Romanichels) Texte en français seulement. ISBN 978-2-89261-643-9 I. Titre. II. Collection : Romanichels. PS8557.E876N46 2011 C843’.54 C2011-941158-X PS9557.E876N46 2011
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Conception typographique et montage : Édiscript enr. Maquette de la couverture : Zirval Design Photographie de la couverture : Hamsterman, Dreamstime Photographie de l’auteur : Isabelle Duval
Copyright © 2011, Jean Désy Copyright © 2011, Les Éditions XYZ inc.
ISBN version imprimée : 978-2-89261-643-9 ISBN version numérique (PDF) : 978-2-89261-665-1
e Dépôt légal : 3 trimestre 2011 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada
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Me voici dans Katmandou la gazoleuse, la bruyante, la populeuse, la très frisquette. Coup de cœur pour tous ces yeux noirs, ces fronts intelligents, ces cheveux de femmes immensément étalés jusqu’aux contreforts hima-layens. Harmonie ! Harmonie des yeux, des fronts et des chevelures. Harmonie du matin et du soir. C’est d’ici, de Katmandou l’hindoue et la bouddhiste, qu’on part pour la haute montagne. Je réponds à une puissante rêverie qui m’habite depuis des années, rêverie de voyageur qui souhaitait voir de ses yeux l’Everest, le Chomolungma des Tibétains, la « mère déesse des neiges ». Au Népal, on dit aussi Samarghata. Everest, Chomolungma, Samarghata… trois façons de désigner le plus haut sommet du monde, seulement dépassé par le ciel, et encore… Mais que de pauvreté dans Katmandou ! Partout dans les rues, il y a des ordures, comme si on ne les ramassait plus, comme si on ne les avait jamais ramassées. La plu-part des gens restent cependant tout sourire. L’hiver est apparemment beaucoup plus rigoureux que d’habitude. Hier soir, sous la fenêtre de l’hôtel où j’essayais de dor-mir, des dizaines de chiens hurleurs ne décoléraient pas. Une espèce de bataille pour les déchets de qualité faisait rage.
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Je ne compte pas m’incruster dans la capitale du Népal. J’ai hâte de marcher dans l’Himalaya qu’a si bien connu mon ami Fred, lui qui est parvenu à toucher au sommet de l’Everest il y a quelques années. Un jour, nos routes se sont croisées. C’est en l’entendant raconter son exploit qu’est née en moi l’idée d’un trek vers l’Everest.Le but peut-être ne justifie rien, mais l’action délivre de la mort, écrit Saint-Exupéry. Un jour, Fred a décidé de passer à l’action, ce qui lui a permis de réaliser l’un de ses plus grands rêves. Je me lance donc à l’assaut des tas d’immondices encombrant les rues du quartier de Thamel. Enfer ! Enfer de la pollution au sein d’une cacophonie quasiment intolérable ! Incessants coups de klaxon. Capharnaüm dingue, dingue, dingue. Des dizaines de milliers de Népalais, sveltes, légers et sou-riants, déambulent entre les sacs éventrés. Leur manière d’être m’empêche de détester la misère que je côtoie un peu partout. Ces gens, je les trouve beaux. Ces êtres, déjà, je les aime. Je dois rencontrer Dawa Sherpa dans le hall de l’hôtel Manang. Ensemble, nous déciderons de l’horaire de mon séjour au Népal, de mes déplacements, de tout. En atten-dant, je suis habillé comme en hiver. La nuit dernière, j’ai dû m’enfouir complètement dans mon sac de couchage, rabattre mon capuchon par-dessus ma tête. La chambre de l’hôtel pas cher où j’étais étendu n’était pas chauffée. S’il a un jour neigé à Port-au-Prince, comme le prétend la chanson, il a aussi neigé à Katmandou, et pour la pre-mière fois depuis soixante-quatre ans ! Le camping d’hiver, j’aime, mais dehors ! dans le bois, dans la toundra, pas en ville ! Miracle qu’à toutes les trois secondes quelqu’un ne se fasse pas écraser dans les rues de cette cité… Est-ce la
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raison pour laquelle je rencontre si peu de vieillards ? Je suis seul, mais cette solitude en pays étranger ne m’effraie pas. Ai-je fini par m’habituer à la solitude ? Pas sûr. J’aime être au Népal parce que je m’y sens vivant, extrê-mement. Ici, je consacre mes énergies à un but : l’Everest. Foutue folie de vivre qui me donne bien des maux, qui fouette mon corps violemment, ce bon vieux corps, pareil à un animal… Très souvent et parfois inconsciemment, j’ai choisi des chemins qui m’ont écarté des voies dites nor-males ou habituelles. Quand j’avais treize ou quatorze ans, été comme hiver, dans la forêt, près des lacs et des rivières, je survivais en conformité avec le monde des arbres, des animaux, de l’air et du vent, des feux de camp et des lits humides, de l’humus et des traces d’animaux : ce monde, c’était moi ! Aujourd’hui, trente-cinq ans plus tard, je sais à quel point chaque fois que je me suis trop éloigné de ce monde-là, j’ai été malheureux.
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J’ai enfin vu Dawa Sherpa et son assistant, Sonim. Le patron semblait plutôt préoccupé par les festivités du Nouvel An bouddhiste. Ce qu’il m’a proposé, c’est de partir du village de Jiri, situé à huit heures de bus à l’est de la capitale, puis de marcher jusqu’au camp de base de l’Everest. Vingt-cinq jours d’avancées quotidiennes. Il m’a demandé de le payer d’avance et en argent comptant : 1 200 dollars américains. Je ne m’attendais pas à une telle somme. Mais j’aurai le privilège d’être accompagné par un guide bilingue qui, j’en suis sûr, me fournira de pré-cieuses informations sur le pays. J’ai cependant trouvé la réunion avec Dawa Sherpa assez expéditive. Un homme d’affaires… À l’hôtel Manang, on nous a servi le thé dans
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une grande salle à manger ; le personnel était on ne peut plus poli. De toute évidence, cet homme représente un poids lourd dans l’économie locale. Si le temps le veut, si mon destin le veut, je me rendrai jusqu’au camp de base de l’Everest. Mon corps n’est cepen-dant pas dans sa meilleure forme. Depuis mon arrivée, il me semble n’avoir respiré que des gaz toxiques. Cet air doit certainement tuer chaque année des milliers de personnes fragiles. Et que dire des déchets ! Foutus déchets ! Des mil-liers, des centaines de milliers de sacs de plastique, éven-trés ou non, empilés partout, partout ! Les éboueurs sont apparemment en grève. Mais quelle extraordinaire faculté d’adaptation démontrent les trois millions d’habitants de cette fourmilière qu’est Katmandou ! Il faisait vraiment froid ce matin. Dans le journal, on rapporte que d’importantes chutes de neige auraient blo-qué les routes de la région du Langtang. Sonim prétend que cela ne devrait pas nous empêcher d’atteindre l’Everest. J’ai demandé s’il y aurait remboursement si nous devions revenir plus tôt que prévu à cause du mauvais temps ou d’autres problèmes. Sa réponse a été plus qu’évasive… Je compte passer la nuit à l’hôtel Courtyard, dans le quartier de Thamel, car on m’y offre le chauffage. Au Tibet Guest House que m’avait recommandé mon ami François, grand voyageur qui connaît l’Asie de fond en comble, j’ai eu trop froid.
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Aujourd’hui, je fais la visite du temple des singes. Pour m’y rendre, j’ai pris un taxi. En cours de route, j’ai vu plu-sieurs écoliers en uniforme qui fouillaient dans des sacs de détritus à la recherche d’objets récupérables.
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