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Ni vous sans moi, ni moi sans vous

De
288 pages
« On pourrait dire, si l’expression n’était pas si dévaluée, qu’il s’agit d’un roman d’amour, ou plutôt d’un roman sur l’amour, sa présence, son absence, son retour. C’est un peu La Ronde de Schnitzler, avec un dénouement plus optimiste, et dans l’ambiance brève mais intense de cet Art Nouveau qui fleurit en même temps à Paris, à Berlin, à Bruxelles. Abandonnée par sa mère Évelyne – du moins le croit-elle – Julia ne s’en est jamais consolée et a fait, à trente ans, un mariage idiot. Gérald, son père, sous des dehors maussades, regrette aussi sa femme, bien qu’il ait pris une maîtresse, Tania. Julia a deux amis homosexuels, Marc et Siggi, qui sont aussi ses voisins. Ils habitent une étrange villa « La Pagode », construite par l’oncle de Marc, Bram, au début du siècle. Ces deux jeunes gens s’aiment, semble-t-il, mais Marc, d’un caractère anxieux, s’interroge sur son compagnon, plus jeune que lui. Est-ce un caprice ? Est-il intéressé ? L’angoisse de Marc provient sans doute du fait que sa mère, Jeanne, l’a toujours détesté. En secret, elle aimait son beau-frère, Bram, le séduisant architecte, qui, lui, n’aimait que son art, ce qui est aussi une forme d’amour, et ne s’est même pas aperçu des sentiments passionnés de Jeanne, qui sont devenus de la haine, tant à l’égard de Bram, maintenant mort, qu’à l’égard de Marc, fruit d’un bref égarement où elle a entraîné l’architecte. L’annonce du mariage légal de Marc (qui a surmonté ses doutes) et de Siggi augmente encore la colère de Jeanne qui tente, mais sans y réussir, de l’empêcher. Tout se dénouera plus ou moins grâce à Tania, peu intelligente mais généreuse, qui consulte un détective privé et retrouvera Évelyne dont elle apprendra la triste et romanesque histoire. Ainsi Tania a-t-elle perdu Gérald, qui ne l’aimait pas, mais elle va vite s’apercevoir que le détective, Charles, l’aime depuis le début, et sans doute l’aimera-t-elle un jour, elle aussi. Il n’est pas bien riche, mais que veut-elle sinon être aimée, car elle a senti depuis quelque temps qu’elle n’était auprès de Gérald qu’une figurante. Gérald retrouvera Évelyne, et Julia poursuivra son chemin, éternelle orpheline de ses parents qui ne voient que leur propre amour. » Françoise Mallet-Joris
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« On pourrait dire, si l’expression n’était pas si dévaluée, qu’il s’agit d’un roman d’amour, ou plutôt d’un roman sur l’amour, sa présence, son absence, son retour. C’est un peu La Ronde de Schnitzler, avec un dénouement plus optimiste, et dans l’ambiance brève mais intense de cet Art Nouveau qui fleurit en même temps à Paris, à Berlin, à Bruxelles. Abandonnée par sa mère Évelyne – du moins le croit-elle – Julia ne s’en est jamais consolée et a fait, à trente ans, un mariage idiot. Gérald, son père, sous des dehors maussades, regrette aussi sa femme, bien qu’il ait pris une maîtresse, Tania. Julia a deux amis homosexuels, Marc et Siggi, qui sont aussi ses voisins. Ils habitent une étrange villa « La Pagode », construite par l’oncle de Marc, Bram, au début du siècle. Ces deux jeunes gens s’aiment, semble-t-il, mais Marc, d’un caractère anxieux, s’interroge sur son compagnon, plus jeune que lui. Est-ce un caprice ? Est-il intéressé ? L’angoisse de Marc provient sans doute du fait que sa mère, Jeanne, l’a toujours détesté. En secret, elle aimait son beau-frère, Bram, le séduisant architecte, qui, lui, n’aimait que son art, ce qui est aussi une forme d’amour, et ne s’est même pas aperçu des sentiments passionnés de Jeanne, qui sont devenus de la haine, tant à l’égard de Bram, maintenant mort, qu’à l’égard de Marc, fruit d’un bref égarement où elle a entraîné l’architecte. L’annonce du mariage légal de Marc (qui a surmonté ses doutes) et de Siggi augmente encore la colère de Jeanne qui tente, mais sans y réussir, de l’empêcher. Tout se dénouera plus ou moins grâce à Tania, peu intelligente mais généreuse, qui consulte un détective privé et retrouvera Évelyne dont elle apprendra la triste et romanesque histoire. Ainsi Tania a-t-elle perdu Gérald, qui ne l’aimait pas, mais elle va vite s’apercevoir que le détective, Charles, l’aime depuis le début, et sans doute l’aimera-t-elle un jour, elle aussi. Il n’est pas bien riche, mais que veut-elle sinon être aimée, car elle a senti depuis quelque temps qu’elle n’était auprès de Gérald qu’une figurante. Gérald retrouvera Évelyne, et Julia poursuivra son chemin, éternelle orpheline de ses parents qui ne voient que leur propre amour. » Françoise Mallet-Joris
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