Noir Tango

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Novembre 1945: à Nuremberg dans l'Allemagne vaincue, les Alliés jugent les anciens criminels nazis.

Léa Delmas, envoyée par la Croix-Rouge, y retrouve François Tavernier qu'elle a revu quelque mois plus tôt dans un Montillac en pleine reconstruction.

Léa, ébranlée par les atrocités de la guerre, s'effondre lorsque Sarah Mulstein lui raconte l'horreur de son calvaire dans le camp de Ravensbrück. Les souffrances et les humiliations ont fait de cette femme sensible un être habité par la haine et le désir de vengeance. Sarah convainc François Tavernier d'épouser sa cause et de rejoindre le réseau de Vengeurs qu'elle a constitué. Leur mission est simple: traquer et exécuter les nazis partout où ils se trouvent. Cette " chasse " les conduit en Argentine où les milieux péronistes facilitent l'insertion des criminels de guerre dans la société.

Dans Noir Tango, Régine Deforges redonne vie, pour notre plus grand bonheur, aux personnages qui nous ont conquis dans sa trilogie La Bicyclette Bleue.
Publié le : mercredi 12 mai 1993
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EAN13 : 9782213653389
Nombre de pages : 374
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DU MÊME AUTEUR
Epigraphe
Dédicace
Remerciements
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© Éditions Ramsay/Denoël, 1991. © Librairie Arthème Fayard, 1993. 978-2-213-65338-9
Aux éditions Fayard:
Blanche et Lucie,roman, 1976.
Le Cahier volé,roman, 1978.
Contes pervers,nouvelles, 1980.
DU MÊME AUTEUR
La Révoltedes nonnes,roman, 1981.
Les Enfants de Blanche,roman, 1982.
Lola et quelques autres,nouvelles, 1983.
Sousleciel de Novgorod,roman, 1989.
La Bicyclette bleue,roman, 1981.
101, avenue Henri-Martin (La Bicyclette bleue,
Le Diable en rit encore (La Bicyclette bleue,
tome II), roman, 1983.
tome III), roman, 1985.
Noir Tango,roman, 1991. Rue de la Soie,roman, 1994. Carnets I. Roger Stéphane ou la passion d'admirer, Fayard/Spengler,1995. Aux éditions Pauvert : O m'a dit,entretiens avec l'auteurd'Hirtoire d'O,1975; nouvelle édition, 1995. Au Cherche Midi Éditeur : Les cent plus beaux cris de femmes,1980. Poèmesdefemmes, anthologie,1993. Aux éditions Nathan :
Léa au pays des dragons,conte et dessins pour enfants, 1991.
Aux éditions Ramsay :
L'Apocalypse de saint Jean,racontée et illustrée pour les enfants, 1985.
Ma cuisine,livre de recettes, 1989.
Aux éditions Albin Michel/Régine Deforges :
Le Livre du point de croix,en collaboration avec Geneviève Dormann, 1987
Marquoirs,en collaboration avec Geneviève Dormann, 1987.
Aux éditions Albin Michel:
Pour l'amour de Marie Salat,roman, 1987.
Aux éditions du Seuil :
LeCouventdesœur Isabelle,livre illustré pour enfants, 1991
Léa et les diables,livre illustré pour enfants, 1991.
Léa et les fantômes,livre illustré pour enfants, 1992.
Aux éditions Plume :
Rendez-vous àParis, illustré par Hippolyte Romain, 1992.
L'Agenda1993 du point de croix,1992.
L'Agenda 1994 du point de croix,1993.
L'Agenda1995 du point de croix,1994
Aux éditions Hoëbeke :
Toutes belles,sur des photos de Willy Ronis, 1992.
Aux éditions de l'Imprimerie nationale :
Juliette Gréco,sur des photos d'Irmeli Jung.
Aux éditions Spengler :
Paris chansons,photographies de Patrick Bard, 1993
Aux éditions Calligram :
Les Chiffons de Lucie,livre illustré pour enfants, 1993.
Aux éditions Stock :
Les Poupées de grand-mère,en collaboration avec Nicole Botton, 1994.
Le Tarot du point de croix,en collaboration avec Éliane Doré, 1995
« Seigneur, qui êtes saint et véritable, jusqu'à quand diffèrerez-vous de nous faire justice, et de venger notre sang sur ceux qui habitent la terre. » L'APOCALYPSE de Jean
à mes enfants, Franck, Camille et Léa.
Remerciements
L'auteur tient à remercier pour leur collaboration le plus souvent involontaire, les personnes suivantes : Lenora Acuna de Randle, Henri Alleg, Waldo Ansaldi, Robert Antelme, Roger Arnould, Robert Aron, Laura Ayerza de Castillo, Maurice Bardeche, Willis Barnstone, Georges Bearn, Maurice Bedel, Michel ben Zohar, Christian Bernadac, Hector Bianciotti, Adolfo Casares Bioy, Jorge Luis Borges, Ady Brille, Barbara Buber-Neumann, Roger Caillois, centre de documentation juive contemporaine, Jolie Gil Casalis, Lucien Castella, Jean-François Chaigneau, Patrice Chairoff, Fermin Chavez, Roberto Conde, Gérard de Cortanze, Jorge Cruz, Dominique Deceze, Charlotte Delbo, Henri Deluy, Dominique Desanti, Gustavo Fazio, Odile Felgine, Claude Fléauter, Frédéric Forsyth, Anne Frank, Gisèle Freund, Romain Gaignard, Jean Galtier-Boissière, Charles de Gaulle Ricardo A. Gietz, G.M. Gilbert, Rita Gombrowicz, Witold Gombrowicz, Juliette Greco, Ernesto Che Guevara, Gilbert Guilleminault, Robert Jay Lifton, Noé Jitrik, Pierre Kalfon, Thomas Keneally, Beate Klarsfeld, Serge Klarsfeld, Primo Levi, Herbert Lieberman, Albert Londres, Félix Luna, Pierre Lux-wurmn, Mary Maim (Maria Flores), Micheline Maurel, Claude Mauriac, François Mauriac, Jean-Yves Merian, Henri Michel, Edmond Michelet, Bartholomé Mitre, Adrienne Monnier, Claude Montet, Charles Moshe Pearlman, Benno Müller-Hill, Henri Nogueres, Silvina Ocampo, Victoria Ocampo, Albert Ouzoulias, Cécile Ouzoulias-Romagnon, Octavio Paz Hornos, Eduarte Paz Leston, Moshe Pearlman,(La longue Chasse), Eva Peron, Gilles Perrault, l'abbé Pierre, Léon Poliakov, Sylvain Reiner, Charles Richet, Jacqueline Richet, Olivier Richet, David Rousset, Catherine Roux, Fernando Saesay, Simone Saint-Clair, Horacio Salas, Oscar Schindler, Victor Smeru, Jean-François Steiner, Janet Spencer Talbois, Germaine Tillion, Maria Esther Vazquez,Le Magazine Littéraire, Cahier de l'Herne, Michel C. Vercel, Charlotte Wardi, Pierre Wiazemsky, Princesse Wiazemsky, Elie Wiesel, Simon Wiesenthal, Olga Wormser, Hector Yanover, Saúl Yurkievich.
1.
Le bonheur avait cloué Léa sur place dès qu'elle avait vu François Tavernier s'avancer vers elle tenant le petit Charles par la main. C'était bien eux, ici, à Montillac, Montillac qu'elle avait cru détruit à jamais et qui résonnait du crissement de la scie des charpentiers, de coups de marteaux, de la chanson d'un ouvrier:
Un maçon chantait une chanson, Tout là-haut sur le toit des maisons.
Sa maison renaissait...
Elle comprit dans un serrement de cœur heureux qu'il en était l'artisan. Immobile, elle regardait son amant retrouvé; vivant! il était vivant, la contemplant, incrédule, ébloui, bouleversé... Il eut un élan vers elle mais Charles fut plus rapide. Avec émotion, Léa serra l'enfant entre ses bras, balbutiant des mots tendres et incohérents. Le repoussant doucement, elle s'agenouilla pour mieux le voir. Comme il avait grandi! comme il ressemblait à sa mère! Le souvenir de Camille morte lui arracha un gémissement.
- T'as mal? s'inquiéta l'orphelin.
– Non, mon chéri, je suis si contente de te revoir... – Alors, pourquoi tu pleures? Comment expliquer à un garçon de cinq ans que les larmes pouvaient exprimer la joie aussi bien que la peine? Qui était ce bébé blond qui s'accrochait à la jupe de son uniforme et cette jeune femme vêtue d'une robe à fleurs qui lui rappelait celle que portait sa mère l'été d'avant la guerre? – Françoise ?...
Avant de l'embrasser, sa sœur l'aida à se relever. Puis ce fut le tour de Laure, habillée à la dernière mode, de Lisa, rose sous ses boudes blanches, d'Estelle, dont le sévère chignon n'arrivait pas à atténuer l'air de bonté, Ruth, la chère Ruth, gardienne des souvenirs d'enfance, vieillie, voûtée, aux pauvres mains agitées de tremblements... Portée de l'une à l'autre, pas vraiment présente, comme si ces baisers, ces caresses, ces mots affectueux ne lui étaient pas adressés. Il y avait pour Léa, après les ruines de Berlin, de l'Allemagne vaincue, quelque chose d'irréel à se retrouver sur cette terre, dans ce domaine où elle avait cru ne jamais revenir.
Peu à peu, le bonheur du retour, la joie éprouvée en voyant François et Charles venir à elle, s'estompaient. Rien de tout cela n'était vrai; ce n'était qu'une farce, une mascarade... ce n'étaient que des fantômes... Que faisait cette femme tondue, gesticulant dans la robe de sa mère?... et cette jeune fille trop maquillée qui lui rappelait les putains de haut-vol fréquentant les officiers allemands dans les bars de Bordeaux?... ces enfants bruyants aux doigts et aux joues barbouillés de jus de mûres?... ces vieilles femmes en robes noires qui ressemblaient aux bigotes de Saint-Macaire?... et cet homme au visage marqué, au sourire ironique?... pourquoi souriait-il? Qu'y avait-il de si drôle?... et cette façon de la regarder! Une exaspération grandissante brouillait ses pensées. Jamais!... jamais! elle n'aurait dû remettre les pieds à Montillac, tout y était détruit, sali, mort!... De l'allée des charmilles, elle s'attendait à voir surgir Maurice Fiaux et ses miliciens... des cris, des hurlements résonnaient dans sa tête... ce n'étaient pas les coups de marteaux des charpentiers qu'elle entendait, mais les coups de crosse des fusils détruisant les portes de la maison... cette fumée s'élevant en contrebas de la terrasse, ce n'était pas celle de l'herbe brûlée, mais celle qui montait du corps martyrisé de sa tante Bernadette...
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