Nos Français - Portraits de famille

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Je n'avais jamais éprouvé une admiration des plus vives pour Collot D'Herbois, qui fut un cabotin sinistre, l'un de ceux qui, à l'époque de la Révolution, ne préconisaient, comme seuls moyens de gouvernements, que la charrette et le panier de son.

Publié le : dimanche 1 janvier 1967
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EAN13 : 9782246797647
Nombre de pages : 284
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OUVRAGES DE G. LENOTRE
DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
A LA LIBRAIRIE GRASSET
Georges Cadoudal.
La petite histoire :
I. — Napoléon (Croquis de l’Épopée).
II. — Femmes (Amours évanouies).
III. — Paris et ses fantomes.
IV. — Versailles au temps des Rois.
V. — La
Révolution par ceux qui l’ont vue.
VI. — Dossiers de Police.
VII. — En suivant l'Empereur (Autres croquis de l’Épopée).
VIII. — Sous le bonnet rouge (Croquis révolutionnaire).
IX. — Paris qui disparait.
X. — En France jadis.
XI. — Existences d’artistes (De Molière à Victor Hugo).
XII. — Nos Français.
A LA LIBRAIRIE PERRIN
La
Guillotine pendant la Révolution.
Le Vrai Chevalier de Maison-Rouge.
Le Baron de Batz.
Paris révolutionnaire.
Vieilles Maisons, Vieux Papiers, Six séries.
Bleus, Blancs et Rouges.
La Captivité et la Mort de Marie-Antoinette.
Le Marquis de la Rouerie et la Conjuration bretonne.
Tournebut : La Chouannerie normande au temps de l’Empire (1804-1809).
L
e Drame de Varennes. Juin 1791.
L’Affaire Perlet.
Le Roi Louis XVII BT L’Énigme du Temple.
La Mirutantouille.
Robespierre et la Mère de Dieu.
Le Jardin de Picpus.
Les Massacres de Septembre (1792).
Les Fils de Philippegalité pendant la Terreur (1790-1796).
La Fille de LouiS XVI (1794-1799).
Le
Tribunal Révolutionnaire (1793-1795).
Les Noyades de Nantes (1793).
La Femme sans nom.
Prussiens d’hier et de toujours. Deux Séries.
Gens de Vieille France.
Martin le Visionnaire (1816-1834).
Babet l’empoisonneuse... ou l’empoisonnée.
L’Impénétrable Secret du Sourd-Muet mort et vivant.
La Campagnie de Jéhu.
La
Maison des Carmes.
A LA LIBRAIRIE HACHETTE
Monsieur de Charette le roi de Vendée.
La Proscription des Girondins.
A LA LIBRAIRIE MAME
Contes de Noel.
Histoires étranges qui sont arrivées.
COLLECTION POUR TOUS
Le Drame de Varennes.
La fille db
Louis XVI.
Louis XVII et l’énigme du temple.
Légendes de noel.
Histoires étranges qui sont arrivées.
A LA LIBRAIRIE DES LOISIRS
Les derniers Terroristes.
Les Tuileries.
A LA LIBRAIRIE CALMANN LÉVY
Le Chateau de Rambouillet.
La
Vie a Paris pendant la Révolution.
Notes et Souvenirs DE G. Lentore.
Un voyage a Paris sous Louis XVI.
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
© Éditions Grasset & Fasquelle, 2011.
9782246797647 — 1re publication.
SUR UNE CARTE DE RESTAURANT
Écrit en 1919.
Je
n’avais jamais éprouvé une admiration des plus vives pour Collot d’Herbois, qui fut un cabotin sinistre, l’un de ceux qui, à l’époque de la Révolution, ne préconisaient, comme seuls moyens de gouvernement, que la charrette et le panier de son. Sans en être encore à réclamer pour ce personnage les honneurs du Panthéon, je me surprends aujourd’hui à le regarder avec une certaine indulgence. Voici pourquoi : Collot d’Herbois, à la tribune de la Convention, proposa de décréter que tous les mercantis, spéculateurs, organisateurs de la vie chère et autres profiteurs des calamités publiques, seraient considérés comme traîtres à la patrie et, lorsqu’ils seraient pris en flagrant délit de trafic illicite ou de bénéfice scandaleux, exécutés par le fer du bourreau, sans rémission ni pitié, sans phrase comme sans répit.
Je me hâte d’ajouter que l’histoire est là pour établir que même la menace de l’échafaud ne calma en rien les convoitises des spéculateurs de 1793 ; on n’en trafiqua ni plus ni moins sur les denrées de première nécessité ; ce dont je conclus qu’il n’y a pas de remède au mercantilisme et qu’il est urgent que tous ceux d’entre nous qui ne possèdent pas au moins cinq cent mille francs de rentes en bonnes terres, prennent la précaution de mobiliser tous leurs protecteurs afin d’obtenir une entrée dans quelque établissement de charité où, du moins, ils pourront espérer vivre aux dépens de l’Assistance publique.
En attendant mon tour d’hôpital, j’ai pris parmi mes vieux livres ceux qui traitent de la vie d’autrefois, tâchant de me procurer l’illusion d’être encore de cette France de jadis que nous ne retrouverons sans doute jamais plus.
Quel tableau réjouissant que celui de notre pays à ces époques fortunées et plantureuses ; le saumon, la lamproie, poissons rares, se paient dix sous la livre ; pour dix à quinze sous, on a un couple de poulets ; deux canards pour dix-huit sous ; quant au beurre, on le paie cinq à six sous la livre et la douzaine d’œufs se vend trois sous. Où donc ? En Anjou, vers 1785, ainsi que l’on peut s’en persuader par les souvenirs d’un bourgeois, Yves Besnard, qui, né vers le milieu du XVIII
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