NOUS CONTRE EUX

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Qui veut servir une dictature doit d'abord y survivre… Un jeune commissaire politique d'un empire socialiste imaginaire va en faire l'amère expérience. C'est avec enthousiasme qu'il se jette dans la mêlée d'une guerre mondiale finissante mais la vie de soldat-policier n'est pas aussi simple qu'il le croit... Qui est l'ennemi ? Qui sont les traîtres ? Comment sauver sa peau ?... Difficile de faire les bons choix, même lorsque l'on est un petit gars rusé et sans pitié… Tour à tour bourreau et victime, lâche et héroïque, comique et tragique, ce « salaud sympathique » suscitera chez le lecteur des sentiments contradictoires tout au long d'un récit mouvementé écrit dans un style naïf et cynique.
Publié le : lundi 20 juin 2011
Lecture(s) : 171
EAN13 : 9782304003826
Nombre de pages : 447
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Nous contre eux
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Alexandre Henaff
Nous contre eux Mémoires d'un commissaire politique Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2007 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00382-6 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304003826 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00383-3 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304003833 (livre numérique)
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Un mouvement qui attire mon regard. Une main qui s’approche de moi. De longs doigts blancs qui se dandinent drôlement. Comme pour me narguer… Je grogne pour les effrayer. Ils continuent de plus belle. Je vise et je mords. Vite et fort. Un goût en bouche que je connais… L’odeur du maître. Le créateur de l’univers. La source de tous les plaisirs. Un Dieu à la chair tendre et au lait chaud. Je peux le dévorer sans crainte… Y a pas de mal… Il ne meurt jamais pour de vrai. Il suffit de crier pour le ressusciter. Jour après jour, il est toujours là pour moi… Je serre les dents. Ma proie se débat. Glisse et m’échappe… Stupéfaction et colère. Grimaces et bave aux lèvres. Coups de poing dans le vide. Coups de pied en l’air… Un rire qui tombe d’en haut… Une petite musique qui se moque de moi… Mes yeux grands ouverts. Une main blanche qui s’ouvre et se ferme. Comme un oiseau qui s’envole… Je bondis. Mords pour tuer… Un cri aigu !… Glissade et tourniquet. Dégringolade et cul par-dessus tête. La fin du monde. Mes derniers
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Nous contre eux
instants. Une ombre sur mon visage… Je ferme les paupières. Pleure par anticipation. Hurle pour faire reculer la mort. Cœur qui pince et gorge qui coince. Chair de poule et crise de nerf… Une caresse sur mon front. Une voix douce à l’oreille. Des chatouilles sous le menton. Un mouvement de balançoire. Ça veut dire que le danger est passé. Que le maître est fier de moi… Sa peau chaude contre la mienne. Un baiser sur ma joue. Un autre sur mon nez. Je l’ai bien mérité… La bravoure appelle l’amour… La bravoure appelle l’amour… Un relâchement des mâchoires. Un long bâillement… Le maître qui examine mes dents de lait. Des canines de louveteau. Des crocs de rien du tout. Ça fait assez longtemps que je tire sur ma laisse. Une brûlure autour du cou. Des fourmis dans les pattes. Il est grand temps qu’on me retire ma muselière. Que je puisse enfin bouffer du Chinois à mon aise. Des années de dressage et de frustration. La peur que la guerre soit finie avant que je ne sois en âge d’en croquer… Mais je suis né chanceux… J’y aurai droit à mon bout de carnage… On m’a gardé un morceau de viande rouge… Les ennemis du Socialisme, j’en recracherai que les os. L’Empire peut compter sur moi. Il ne m’a pas nourri au sein en vain. Je
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