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Nouvelles racines du mal

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Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il ne faut jamais commencer à lire ces textes en chinant, comme le font certains, quelques mots de la fin avant de rentrer dans l'histoire. Ici, tout se comprend dans la dernière phrase. Et encore...

Publié par :
Ajouté le : 21 juin 2011
Lecture(s) : 248
EAN13 : 9782748100785
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Nouvelles racines du mal
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748100794 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748100786 (pour le livre imprimé)
Michel Dartenset
Nouvelles racines du mal
NOUVELLE
BONHOMME
CHAPITRE 1
Le commissaire est assis bien droit dans son fau teuil, une pile de papier sur son sousmain, un pot à crayons à sa gauche, un verre à sa droite. Il semble en core se concentrer sur la première question qu’il posera au témoin. Le témoin est assis bien droit sur sa chaise. Devant lui, des papiers qu’il tente de déchiffrer, à l’envers, et qui bougent tout le temps car le commissaire a la sale manie de tripoter sans arrêt les feuilles comme pour les ranger. Tout est à mettre en ordre, ici. Rien n’est à sa place. A commencer par le commissaire qui semble plus mal à l’aise que son témoin. Celuici s’impatiente déjà, l’atmosphère ne colle pas aux circonstances. Rien n’est vrai, en fait, comme peutêtre la trame de l’histoire qui les a menés ici. Le commissaire n’en est pas un. Il se tient gau chement sur une chaise en pin et en paille défaite. Ses papiers sont des notes, posées sur le journal du jour. Ses ustensiles, la vieille trousse d’école de sa fille, son verre est rempli de café, et sa concentration n’est qu’une longue hésitation avant d’endosser le rôle qui lui in combe aujourd’hui. D’habitude, il vient ici faire son tiercé du di manche. Ses numéros sont d’ailleurs notés sur un des morceaux de papier qui jonchent cette table de bar. Il
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le retrouvera bien un peu plus tard. Après tout, il n’est que neuf heures, il a bien le temps. Le témoin n’en est pas un. Pas officiellement, du moins. Seul l’officieux règne, ici, dans ce petit village de Clermond de Beauregard en 1967. Le maire est la fois le chef de la petite coopérative agricole qui regroupe les huit familles des lieux, ainsi qu’à l’occasion, le com missaire par intérim désigné et devant décider de l’in tervention de la gendarmerie de Vergt, la Ville, à moins de quinze kilomètres de là. Il connaît tout le monde, ici. L’ensemble des dix huit habitants qui peuplent ce village qui en comptait, avant, plus de cinquante. Dixhuit âmes vivantes pour trop de mortes, dans ce cimetière planté à flanc de col line, où l’on enterre les gens la tête vers le haut, ja mais parallèlement à la pente, pour pas qu’ils roulent, diton, pour pas qu’ils se transforment en dahuts, pré tendent d’autres, ces bêtes légendaires qui vivent dans les pentes avec des pattes plus courtes d’un côté pour tenir en équilibre. Le témoin s’impatiente vraiment. Il croise et dé croise les jambes pour marquer son mécontentement. Il n’y a que les femmes pour faire ça. Et cette femme, c’est Pierrette, la boulangère. Cinquante sept ans, l’air mal aimable. Elle ne sourit que dans le cadre de son mé tier. Le prix du pain comprend toujours la miche, et le sourire de la boulangère. C’est comme ça. Sortie de derrière sa caisse, son visage prend une toute autre ex pression, comme si une frontière invisible venait d’être franchie. C’est comme ça. On n’est pas forcément ce qu’on vend. Le temps passe, le bar commence à se remplir de ses habitués. C’est si vite plein, une pièce de vingt mètres carrés. Le commissaire hésite encore, Pierrette ne peut plus attendre, comme son pain qui ne se vend pas lorsqu’elle n’est pas là. Une quinte de toux bien placée,
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