Nuits intérieures

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La mort. Nous la redoutons tous, car nous sommes tous attendus au bout de notre chemin. Hélène a vu la sienne en rêve. Des fois, nous ne sommes rien d’autre que ses instruments : Antoine n’est que le jouet de l’Autre, cette voix abjecte qui le pousse au meurtre. Mais parfois, elle peut être un doux refuge. Comme pour Nathan et Eva, qui choisissent de quitter notre monde pour leurs nuits intérieures ?

Publié le : jeudi 1 janvier 2009
Lecture(s) : 16
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9789999996453
Nombre de pages : non-communiqué
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C omme tous les soirs Christelle rentre du travail par le même trajet, les mêmes rues, les mêmes vitrines à regarder. Elle a pris pour habitude d’acheter son pain sur la route. Christelle est secrétaire médicale, vingt-cinq ans, célibataire sans enfants, le genre de jeune femme dynamique sans problèmes mais ce soir elle ne rentrera pas chez elle. Ce soir elle ne le sent pas derrière elle, il connaît tous ses faits et gestes, voilà maintenant des semaines qu’il la suit comme son ombre chaque matin et chaque soir. Elle ne l’a jamais remarqué, tout comme elle n’a pas remarqué sa silhouette se rapprocher d’elle. Il lui saisit le bras fermement, elle n’a pas le temps de réfléchir que déjà une douleur sourde lui emplit tout le corps, elle s’effondre, cela n’aura duré qu’une fraction de seconde. Ce soir elle ne rentrera pas chez elle.
La pièce est froide, en guise de murs, il n’y a que des écrans de télévisions. Pas de porte, pas de fenêtres. Une véritable prison sans barreaux, sans issue. Christelle est allongée au sol, elle dort paisiblement, ses longs cheveux châtains couchés sur une partie de son visage, elle est belle, elle a l'air tellement calme. A son réveil, la tête lui tourne, une fois ses esprits retrouvés elle se rend compte de son environnement. Elle ne se rappelle rien, elle est perdue, son cœur palpite, elle panique. Ses cris ne semblent avoir aucun effet, se répercutant sur les écrans froids. Elle ne sait pas qu’il la regarde. Soudain une voix, calme, grave, l’une de ces voix
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qui imposent le silence, qui vous glacent le sang de parleur gravité.
_ Bonjour Christelle, bien dormi ? Elle ne répond rien, bien dormi ?, cette fois la voix est plus insistante._ Qui êtes-vous, qu’est ce que vous me voulez ? lui lance Christelle, la voix bégayante de peur.
_ Peu importe mon nom, je suis celui qui passe, l’ombre, le vent, ce que tu voudras, je ne suis personne et tout le monde en même temps, l’œil dans le miroir.
 Puis plus rien, Christelle appelle, crie, aucune réponse. Les heures passent, lentement, elle ne sait pas quelle heure il est, elle est complètement affolée. Que va-t-il lui arriver ? Comment est-elle arrivée ici ? Qui est cette voix ? Tant de questions qui restent sans réponses. Le sol aussi est composé d’écrans de télévisons, tous semblent si froids, elle est fatiguée, s’endort.
 A son réveil, l’ambiance de la pièce a changé, sur les écrans de télévisions, on peut maintenant découvrir des paysages verdoyants, des forêts, des lacs et des rivières. Le sol représente une prairie, comme si Christelle était au milieu d’une clairière. Au loin, un lac dans lequel se reflète une montagne enneigée. Sur les écrans du plafond, on peut voir un ciel bleu parsemé de nuages. Le chant des oiseaux se fait entendre, le clapotis de l’eau d’une rivière sur des rochers accentue ce paysage nature. Elle connait cet endroit ; elle avait pour habitude d’y aller pendant ses vacances lorsqu’elle était enfant. Cela paraît tellement réel.
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