Odyssée pour les voyants

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Toutes ces questions polluent l'atmosphère. Trouble et vertige. Ouvrir la fenêtre du balcon, sortir sur-le-champ. Le vent frais chasse les idées vacillantes. Mais je me refuse à rester là, l'esprit vide, sans rien faire. Mon balcon a-t-il toujours les mêmes dimensions? Un pas, puis un autre. Je compte. Cinq mètres cinquante de long sur trois de large. Un rectangle parfait. J'ai le compas dans l'oeil. Mais par souci d'exactitude, je pourrais prendre un mètre à couture et mesurer. Alors que je m'apprête à rentrer pour en chercher un, une voix me retient. Accoudé au garde-fou de son balcon, Jean Fesquin, mon voisin de palier, me parle. Il déverse toujours le même discours, sans en changer une virgule. A-t-il conscience qu'à chaque fois qu'il me voit, il répète la même histoire que je connais par coeur? Un homme solitaire mène une existence dépersonnalisante et mécanique. Arpenteur fou, il compte tout, mesure tout. Comme si toute sa vie se résumait à la numération. À son retour d'une mission à l'étranger – un échec –, il s'enfonce dans la mélancolie et démissionne. Sa rencontre avec un étrange jardinier va révolutionner sa vie... L'auteur oscille entre humour subtil et gravité, pour peu à peu nous entraîner dans une troublante quête d'humanité. Mêlant psychologie et spiritualité, il livre un roman atypique, véritable voyage vers l'accomplissement de soi.
Publié le : jeudi 17 septembre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342041897
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342041897
Nombre de pages : 122
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Rémi Madar ODYSSEE POUR LES VOYANTS
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120605.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
« Le vrai romancier n’invente rien. Par une espèce de seconde vue, il découvre ce qui se cache derrière les apparences et ses dons lui permettent de vivre une vie qui n’est pas la sienne, même à une époque antérieure à la nôtre. »
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« L’œil de la Vérité sans poussière et sans tâche. »
Bouddha.
À François…
Chapitre I. Ondulations De retour de voyage, je pose cette valise encombrante, m’assieds sur un banc, face au lac. L’eau, étale, se dresse comme une étendue miroitante qui reflète le ciel. Ondine captivante, ses éclats au soleil ensorcellent la vue. Elle s’étend jusqu’aux bordu-res avec une magnificence inaccoutumée et ne recèle, dans ses fonds, aucun péril caché. Un homme se dévêt puis se baigne. L’eau lustre sa peau, semble la rendre lisse, neuve. Au loin, quelques nageurs, bercés par la béatitude des flots, s’ébattent dans le rire cristallin de l’eau. Danse des corps épurés dans le calme des eaux… Devant, canetons, canards et cygnes défilent en paix, ballot-tés par l’écume, le sourire au bec. Y a-t-il meilleur moment pour eux qu’une promenade en famille sur cette surface laquée ? Tout autour du lac, des villas affichent leurs devantures ruti-lantes, des expositions euphoriques dans ce lieu magique. La végétation dense orne le lac en un arc de cercle, déclinant un dégradé de verts que la lumière pénètre. Sur un petit promontoire, à l’arrière-plan, le clocher de l’église, assis sur un trône, paraît surplomber dignement les de-
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meures, les arbres et l’étendue d’eau. Ses cloches protectrices sonnent comme un aveu d’éternelle fidélité. Pour rien au monde, je n’aurais manqué ce rendez-vous… Quand il est rentré dans la chambre de l’hôtel, il a plutôt cru voir une cellule. Il n’a pas compris qu’il avait atterri dans un pays de misère. Il a demandé une autre pièce, plus spacieuse au moins et surtout plus propre. On a ri et on lui a répondu que c’était la plus belle chambre et qu’il fallait s’en satisfaire. La lumière pâle du jour entrait par une unique lucarne pour dévoiler des murs éreintés par l’âge et un mobilier gâteux, rebut de la société des planches. Il a inspecté les lieux. Peut-être qu’ils pourront lui être familiers ? Un interrupteur ? Il n’en a pas trouvé. Une salle d’eau ? À l’extérieur de la chambre. Il n’a pas osé s’y rendre… La couleur des draps ? Il a pensé fort au blanc immaculé et s’est promis de dormir sur la couverture poussiéreuse du lit. Ce maniaque de la propreté allait devoir faire un effort surhu-main… Il a laissé la chambre vide, sans présence, pour rejoindre la réception. Il y avait en bas une lumière, un mec tordu – sans doute le réceptionniste – avec un clope éteint à la bouche, marmonnant une langue animale. Il a demandé un téléphone et le gars a sorti un appareil énorme qu’il a posé sur une table branlante. Grognements abscons du réceptionniste. Il a fait le sourd : il voulait téléphoner aux contacts qu’on lui avait donnés afin de rencontrer l’homme. Une dizaine de coups de fil. Mais la réponse qu’il entendait ne variait pas d’un appel à l’autre : « Il veut voir personne. Pas la peine d’essayer. Il a fui le monde. Il vit reclus. » Pourtant, lui, il avait une tâche ; on lui avait confié cette mission ; il ne devait pas décevoir. Il avait rarement déçu dans son travail.
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