on verra

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Il faisait encore nuit sur ce village et une lueur douce y baignait. Le soleil n’allait pas tarder à apparaitre. Les portes des cases étaient encore fermer. Dès le premier coup d’œil, on aurait su que ce jour ci n’était pas comme les autres. Au aurait pu penser que tout le monde dormait dans ce village mais non. Dans toutes les cases, les yeux était ouverts, joyeux, impatients, attendant le signal qui ne devait pas tarder. En effet, on entendit tout à coup des cris et des pleurs retentirent...
Publié le : samedi 29 mars 2014
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«ON VERRA…»…Il faisait encore nuit sur ce village et une lueur douce y baignait. Le soleil n’allait pas tarder à apparaitre. Les portes des cases étaient encore fermer. Dès le premier coup d’œil, onsu que ce jour ci auraitn’était pas comme les autres. Au aurait pu penser que tout le monde dormait dans ce village mais non. Dans toutes les cases, les yeux était ouverts, joyeux, impatients, attendant le signal qui ne devait pas tarder. En effet, on entendit tout à coup des cris et des pleurs retentirent. C’était les veuves quipleuraient en hommage à leurs défunts époux. Cela pourrait paraitre cynique parce qu’entelles circonstances le sentiment de dominant devrait être la compassion pour ces femmes. Mais non…à vrai dire, toute la communauté villageoise s’impatientait trouvant les veuves trop longue. Elles le savaient et s’adonnaient aussi a cejeu (elle ne pleurait pas de peine mais seulement parce que la tradition le demandait en ce jour si spéciale).Tout le village était vraiment en colère de la lenteur des protocoles (la fête s’annonçait vraiment faste cette année là).On se plaignait que le cortège du chef du village accompagné des notables et des anciens tarde à venir pour consoler les veuves. Tout à coup le son du Tam Tam parleur retentit et avec lui les murmures de satisfaction des villageois mais ceux ci plus discrètement. Le Tam Tam annonçait aux veuves la venue du chef. Le chef sortit de sa case dans un pagne traditionnel noué autour de sa taille et lourdement couvert de parures en or. Derrière lui, un long cortège composé des notables, des anciens et des hommes du village ayant
une certaine responsabilité. Le cortège se dirigea vers le marigot sacré du village pour faire la cérémonie des ancêtres qui consiste au sacrifice de certains animaux sélectionnés dans le village ainsi quel’offrande de boissons. Pendant ce temps, les veuves déjà remisent de leur "peine" du matin, avaient commencé à cuisiner. En effet, elles devaient être les premières à cuisiner la nouvelle igname et cela sous une seule forme : le "foutou" (mixtured’igname).Ce jour là, toute autre nourriture avait été interdite dans le village.il ne pouvait être préparé que le «foutou d’igname». Les enfants assistaient tout joyeux à ces scènes en pensant àla ripaille qu’ils allaientfaire. Les veuves les chassèrentloin d’elles car ne voulant pas être dérangées dans leurs besognes.Chacune d’elles voulaient faire de son plat le plus goûteux.les hommes entendaient le bruit des pilons depuis le marigot mais essayèrent de rester concentrer sur la cérémonie et de ne pas penser à ce qui les attendait au village. Le retour du cortège coïncidait avec la fin des préparations. Le chef et son cortège furent accueillis par une foule en joie. Mais cela ne les fit pas un si grand effet. Ce qui les intéressait vraiment, c’était cette odeur qui sentait si bon d’ailleurs et qui enveloppait le village. Le chef et son cortège se dirigèrent vers la concession. Un groupe de jeunes personnesy étaient déjà, préparant sa venue.
Lorsque tout le monde fut assis, JEles boissons et servis l’onpassa au moment le plus attendu.
Vers neuf heures du matin, les veuves apportèrent leurs plats. L’atmosphèrebrusquement. Des senteurs changea de toutes sortes enivrèrentl’assemblée. Des plats de
foutou bien lisse, des sauces de toutes catégories contenant de gros morceauxd’animaux de tout genre et de toute sorte étaient là sous nos yeux à portée de nos mains. J’avoue…avec un peu de honte que j’enai renversé de l’alcool sur la tête d’un ancien du village. Ordinairement, onm’aurait sermonné et taxé d’une amende mais ce jour là ;non. Au contraire, tout le monde se mit à rire et à se moquer du vieux Menzan moi y compris. Comme si la fièvre de cette fête avait aliéné les pensées du village tel l’opium. C’est alors que cette affirmation d’EPICUREme parue bien fausse« cene sont pas les beuveries et les orgies continuelles, les jouissances des jeunes garçons et des femmes, les poissons etautres mets qu’offre une table luxueuse qui engendre une vie heureuse ». Ce jour là, moi je fus bien heureux que ce fut le contraire. Quand au vieux, il dit bien bas: « onverra ».Surle champ, cela n’eut aucuneffet surl’assemblée. Mais moi, je m’en rappelleraibien plus tard…………..Apres avoir fini de manger, le Tam Tam parleur retentit de nouveau avec plus de vigueur cette fois car le batteur avait le ventre plein. C’était le signal annonçantaux autres femmesqu’elles pouvaient à leurs tours préparerl’igname nouvelle. Pendant toute la journée, les villageois festoyaient. On se rendait visite, on se partageait à manger. Sous les manguiers, les jeunes hommes s’étaient attroupés et débattaient. Sifflant àchaque foi qu’une jeunes fillefaisait exprès et passait prèsd’eux. Les grandes personnes quant à elles étaient devant les maisons et buvaient du thé. Le soleil frappait durement comme si lui aussi était sorti
pour fêter avec les hommes ce jour mémorable. Dans tous les coins, on devisait sur le faste de cette fête. Même les animaux avaient eux aussi participé à la fête et se reposaient dans les coins frais du village le ventre plein et las de la nourriture qui ne leur faisait plus aucun effet. Des bœufs, des chèvres, des pintades et tant d’autres"viandes" comme le disait les villageoisavaient été tués. Enfin, le moment le plus attendu du jour arriva. Après le repas du soir, tout le village se dirigea vers la place du marché pour se livrer au moment quimarquait le point culminant d’une fête et qui conditionnait sa réussite : «la danse». Après les cérémonies d’usage, les Tam Tams retentirent. Tout le village se mit à tourner autour des batteurs et dansait au rythme du «palongo »,la danse des grandes occasions. C’était le seul moment où vieux,jeunes et enfants étaient au même pied d’égalité et chacun savourait ce moment. Enfin, la fête se termina vers deux heures du matin et chacun regagna son lit la joie au cœur…Deux jours après, ma mère m’appela danssa chambre.
j’ai appris que tu as renversé de l’alcool sur la tête du vieux Menzan.
oui n’Nenmais c’était un accident.
je n’en doute pas. Mais tuferaismieux d’aller lui présenter tes excuses.
mais pourquoi ? Il ma pardonné et nous avons tous ri.
Tu saisque l’une des valeurs dans notre pays et plus précisément chez nous dans le Gontougo c’est le respect des ainés.
oui mamant.je le sais.
alors prend ce poulet, va chercher ton oncle et ensemble, allez luidemander pardon.
d’accord n’Nen je le ferai.
Chargé du poulet, je me dirigeai vers la maison de mon oncle. Le frère de mamère. Chez nous, l’enfant appartient à sa famille maternelle et de ce fait hérite des biens de son oncle. En route, je vis mes amis. De jeunes personnes qui étaient partis chercher fortune dans les grandes villes et n’ayant rien puétait revenu flâner au village. trouver Ceuxci me convainquirent de manger le poulet. Après hésitation, j’acceptai etnous nous dirigeâmes vers les champs avec dans la tête,l’idée du bon «todio » que nous ferons. De toute façon que pouvais me faire ce vieux ?... ta mère ma dit que tu devais venir me voir pourqu’on aille présenter des excuses au vieux Menzan.
oui tonton….
mais pourquoi n’estu pas venu ?
 excusemoi tonton maisj’avais quelque chosed’urgent à faire.
bon cela n’est pas si grave. Maisoù est le poulet ?
en venant chez toi, il ma échapperdes mains puis s’est enfuit dans les broussailles.
hum…..d’accord Va voire Kouadio ton cousin pour qu’il prenne un coq dans le poulailler et revient pour que nous allions chez le vieux Menzan.
d’accord tonton.
au fait, j’ai appris que tu t’es pris d’amitié avec la bande d’Atta. Cela est vrai ?
oui binion.il sont très sympa.
tu sais mon petit, tu dois bien choisir tes amis. Ces enfants là sont des vauriens, des voyous qui ne font rien de leur vie.je crois pas que tu tireras quoi que ce soit de bon d’eux.
tonton tu sais que je suis grand maintenant. Je peux moi même choisir mes amis.
oui je le sais mon petit neveu. Mais, je peux quand même te donner des conseils non ? Car sache que si tu a 18 ans, moi j’y suis passé pour atteindre mes 42 ans.
merci. Mais je pense que toimême tu ferais bien de savoir choisir tes amis. RegardeKobenan Tanvoungo avec qui tu passes tout ton temps. Tu croisque c’est un bon exemple ?
QUOI???? Koffi, depuis quand estu devenu si impoli envers tes ainés? Pourquoi me manques tu ainsi de respect ? Me prendstu pour un idiot ?
c’est toi qui le dis.
DEHORS !!!!! Dehors Koffi. Je ne veux plus te voir. Sors de chez moi. Je me lave les mains quant à ton avenir. Maudit sois le jour ou ta mère t’a mis au monde…
Drôle de bénédiction qu’un oncle donne à son neveu…
En rentrant à la maison, ma mère m’accueillit en pleur avec quelques vieilles. Elles s’approchèrent de moi tentant de me donner des conseils.je les repoussais, presser de prendre de l’argent pour aller retrouver ma bande…
Le jour de la rentrée arriva. Un convoi fut organisé pour tous les élèves qui devaient aller à la capitale de la région. La veille, mamère me supplia en pleurant d’aller demander pardon au vieux Menzan mais cela ne m’effleura guère l’esprit.J’étais tropoccuper à faire mes adieux aux cabarets du village avec mes amis...
Le lendemain en montant dans le "badjan", je la vis au bord de la route. Comme toutes les autres mères, elle avait des larmes aux yeux. Mais, ses larmes à ellen’étaientpas comme les autres. Elles traduisaient une peur certaine. Comme si c’était la dernière fois qu’elle allait me voir. Derrière un manguier, je vis le vieux Menzan qui me lançait un regard noir avec ses petits yeux de rapace. Plus loin,c’était mononcle qui me regardait avec tristesse. À la vue de toutesces personnes que j’avaisdéçues, je fus soudainpris d’une forte angoisse et je commençais à regretter, presque, le fait de ne pas présenter mes excuses au vieux Menzan. Je regrettais encore plus le fait d’avoir manqué de respect à mon oncle qui se tuait a la tâche pour assurer ma scolarité et qui m’aimait comme son propre fils. Durant tout le reste du trajet, je restais blême sur le
siège du véhicule. Une sueur froide coulant le long de ma colonne vertébrale. Une peur étrange me froissait les entrailles. Des idées noires me vinrent en esprit : Qu’est ce qui m’arrive?? Quelles sont ces personnes que je vois Pourquoi ces cimetières? Pourquoi tous ces crânes humains ?J’étais dans une hallucination totale. Un ami me tendit une bouteille de "koutoukou".Je sautai sur elle et d’un trait en avala tout lecontenu puis tomba dans un sommeil profond……….
Je sentis une main me tapoter. Le véhicule était rentré dans la gare et tout le monde descendait.je descendis aussi…….
Apres avoir pris mes bagages, je me dirigeai vers la route principale qui conduisait au marché. Dans ma tête, toutes ces réflexions des heures passées ne m’avaient pasquitté. J’étais en face de la route. Cette route me paraissait bien singulière aujourd’hui. Moi qui, d’habitude, prenais un certain plaisir à l’arpenter, voilà qu’elle me flanquait une certaine crainte aujourd’hui. J’eusenvie de m’enfuir loin d’elle, mais je pris mon courage à deux mains et continua…..
Au milieu de la route,j’entendisquelqu’un crier mon nom.je me retournai, Mais il n’y avait personneque je ne connaisse.je vis les gens sur le trottoir me regarder avec des yeux effrayés, me pointer du doigt et crier vers moi des chosesque je n’entendais pas car à ce moment une voix résonnait dans ma tête telle une trompette: « ON VERRA...».Je décidai de continuer maroute. C’est alors que je compris le comportementqu’avaientces gens. A un mètre environ, je vis un bus foncé droit sur moi à vive
allure. Je neus même pas le temps de penser quoi que ce soit………….
Coucher par terre, jesentisles gens s’attrouper autour de moi dans un brouhaha infernal.
mais pourquoi il s’estarrêté ?
vraimeeeent les jeunes de maintenant c’est pas la peine.
 cac’estpas normal.
commentce n’est pas normal? Iln’avait qu’à regarder avant de traverser.
ah vous les intellos, vous ignorez tout, même votre culture.moi je dis ça c’est dela sorcellerie.
La sorcellerie, monœil. C’est plutôt un irresponsable.
mon frère, la sorcellerie est africaine heinnnnnnnn. ………………..À ce moment, jen’entendis plusrien, perdu dans mes souvenirs. Couché, le sang sortant telle une rivière de mon corps, je me souvins du regard de ma mère lors du départ, du vieux Menzan derrièrel’arbre etce jour où enivré de par le baume des plats desveuves, j’avais renversé de l’alcool sur la tête du vieil hommeet que celuici sous la moquerie des autres et de moimême avait dit: « on verra»………
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