Onze Ronces Aux Larmes Emmêlées

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Jameslaw Onzeronce s’éveille dans une prison noire et sordide. Il ne se souvient plus de rien, sinon de son nom. Heureusement, le Mage lui rend visite dans sa cellule, et la silhouette du Renard dans les rues l’aide à supporter les épreuves. Car les Dieux, mystérieux et masqués, ont emprisonné d’autres humains avant lui , ils savent comment briser la volonté d’un homme. Onzeronce ne demande qu’une famille, celle qu’il attend depuis toujours. Il envie tant les Dieux, entourés d’enfants dans leur Palais, mais sont-ils seulement plus libres que lui ? Onze Ronces Aux Larmes Emmêlées oscille entre roman et poésie, animé par l’aspect changeant des mots, un récit épuré dans lequel le lecteur ne doit pas se battre pour trouver l’essentiel, mais où l’essentiel est partout présent.
Publié le : lundi 13 juin 2011
Lecture(s) : 128
EAN13 : 9782748188202
Nombre de pages : 123
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Onze Ronces Aux
Larmes Emmêlées Célia E. Bonnet-Ligeon
Onze Ronces
Aux Larmes Emmêlées

Roman







Éditions Le Manuscrit







© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-8820-9 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748188202 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-8821-7 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748188219 (livre numérique)





Die Tat kann nichts, der Gedanke kann alles.
À tous ceux qui n’ont pas peur de ne pas comprendre…


Onze Ronces Aux Larmes Emmêlées

INTRODUCTION

LA CITÉ FOLLE

Jameslaw Onzeronce ne se souvenait pas de
l’aube, ni du nom prononcé par les crieurs des rues.

Il ne sentait pas les pavés arpentés en tous sens,
les tambours battus, les cors sonnés, les voix
hurlées reprises en écho, de plus en plus fort, de
plus en plus souvent, de moins en moins
solennelles.

Il ne se demandait pas si les messagers se
rejoignaient déjà, s’ils apercevaient la Haute Place,
s’ils entrevoyaient leurs pairs comme autant
d’ombres ambassadrices de la nuit.

Il ne se rappelait pas, bien avant le lever du
soleil, cette infime brise, annonciatrice de
changement, de variation du monde tel qu’il le
concevait.

Il ne sursautait pas au subtil goût salé qui se
posait sur les lèvres, au frisson glacial dans la
douceur du soir, à l’image fugitive, au choc sourd,
au parfum discret, au battement de cœur plus
rapide, que tous avaient perçu, chacun à sa manière,
attentifs, conscients de ce que cela signifiait.
9 Onze Ronces Aux Larmes Emmêlées

Il ne découvrait pas cet humain.

Il ne s’habituait pas à toutes ces interrogations.

Il ne contemplait pas cette idée en frissonnant de
plaisir.

Il n’éprouvait pas, durant le règne de la lune,
temps d’instinct et de désir, cette ébullition qui
soulevait la cité.

Il n’imaginait pas la ville folle.

Il ne s’égarait pas parmi les Dieux fous.

Il n’agissait pas tel le Destin, qui, d’une manière
inhabituelle, offrait une fleur en cette occasion.

Il n’entendait pas cette voix qui clamait un nom.

Il ne se perdait pas dans la longue acclamation
qui ébranlait les fondations de la cité tout entière.

Il ne s’apaisait pas quand les Dieux entamaient
au matin une prière collective, adressée à leurs
frères et sœurs, et à eux-mêmes.

Pourtant, le nom était le sien.

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CHAPITRE 1

LA CAGE NOIRE
ONZERONCE SE SOUVENAIT…

D’abord la surface rugueuse du sol contre sa
joue.
Seule sensation d’importance ; emplissante,
attirante, attardée, éloignée.

Il ouvrit les yeux.
Les referma. Les rouvrit.
Tout était sombre. Tout était noir.
Tout était clair : il était mort.

Puis disparue.
Remplacée par la souffrance.

ONZERONCE SENTAIT…

La douleur réveillée, étonnée de s’être assoupie
et, par vengeance, torturant de plus belle le corps
qu’elle hantait.

Mal à l’œil tuméfié.
11 Onze Ronces Aux Larmes Emmêlées
Aux côtes fêlées.
Aux muscles endoloris.
À l’avant-bras lacéré.
Aux jambes meurtries.
Aux doigts gourds.
À la lèvre sanglante.
Au ventre vide.
Aux orteils glacés.

Chaque organe hurlait, brûlait, se tordait.

Il ramena ses genoux contre lui et resta ainsi,
les mains serrées et tremblantes,
au niveau de ses chevilles.

Roulé en boule comme un animal.

ONZERONCE SE DEMANDAIT…

Qui était-il ?
Jameslaw Onzeronce.

Où se trouvait-il ?
Simplement dans un lieu,
ombre entre les ombres, sombre parmi les
sombres,
où nulle lumière n’osait s’aventurer.

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