Orbes noirs

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De drôles de phénomènes qui frappent le sud de la Bretagne et déstabilisent les plus robustes, un accouchement inattendu qui ruine la vie de la pauvre Julie, un escroc de grande envergure qui traficote entre la place Vendôme et les confins du Myanmar, un faussaire génial et alcoolique et quelques autres encore hantent ces Orbes noirs où s'entrecroisent des destinées aussi sombres que singulières.
Publié le : jeudi 5 mars 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342035131
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EAN13 : 9782342035131
Nombre de pages : 202
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Du même auteur
La Vie brisée des anges, Éditions du Petit Véhicule, 2000
Le Cœur averse, Éditions du Petit Véhicule, 2002
Mémoire d’oiseau, Éditions du Petit Véhicule, 2003
Comment fais-tu l’amour Martine, Éditions les Mandarines, Théâtre, 2007
Jean-Paul Delessard ORBES NOIRS
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120215.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
Le Mal est le levain du Monde
J. D’Ormesson
Sommaire Fientaisies littorales ................................................................................................ 9L’œil de Hanoï....................................................................................................... 39Sang de pigeon ...................................................................................................... 51Morituri te salutant ............................................................................................... 69Le lion .................................................................................................................... 77Le grand coeur de Poulou ................................................................................... 87Le filou du F.I.L.................................................................................................. 107La vie de jeune fille............................................................................................. 119Joyeux anniversaire............................................................................................. 133Mortel jeu de mots ............................................................................................. 165C’est la bouteille.................................................................................................. 175La maison de Montmagny ................................................................................. 183
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Fientaisies littorales Nos existences connaissent des moments décisifs marqués d’événements minuscules que nous ne savons que trop rare-ment reconnaître. Le saurions-nous qu’il nous serait peut-être ou au moins quelquefois donné d’échapper à ce que le sort cui-sine dans notre dos. Mais comment Jean Bernard Maliparte eut-il pu, ce matin-là, se soustraire à cet enchaînement de circons-tances qui eut pour effet premier de contrarier un peu plus encore cet homme que la vie elle-même contrariait et pour effet second de saccager proprement son existence ? Comment eut-il pu se prémunir contre l’inattendu, passer entre les gouttes et faire la nique à ces mauvais esprits qui, au moins au début de cette histoire, donnèrent l’impression de s’acharner tout particu-lièrement sur sa personne ? À commencer par la pluie. Il pleut presque toujours sur les premières scènes d’une histoire dont les protagonistes peuvent s’attendre au pire. Il pleuvait effectivement ce matin-là, pluie fine et drue qui ennoyait le paysage dans un voile de brumasse mais, négligeant ce phénomène si courant en Bretagne et auquel Jean Bernard Maliparte se refusait à accorder une quelconque importance, notre homme sortit tel qu’il était, c’est-à-dire en veston. Une bonne soixantaine de mètres séparant le perron de sa maison du portail, c’est déjà bien humide qu’il atteignit sa boîte à lettres devant laquelle il découvrit qu’il en avait perdu la clef. Cette clef, il était bien certain de l’avoir prise dans la cou-pelle posée sur une tablette près de la porte d’entrée, certain qu’il l’avait en main en quittant la maison – il lui semblait même
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la sentir encore dans le creux de sa paume – certain comme il était certain de son infaillibilité d’ex-chef d’entreprise, PDG pendant trente deux ans de la Sa Voltis, société fondée par son père mais dont il avait fait lui, Jean Bernard Maliparte, le leader Européen du joint d’étanchéité, joints spéciaux, haute tempéra-ture, joints métalliques et caoutchouc. Nul ne doutait moins que lui de ses moyens mentaux restés, pensait-il, à soixante-six ans ce qu’ils étaient à vingt. Combien de fois sa clairvoyance asso-ciée à sa finesse d’analyse n’avait-elle empêché l’un ou l’autre de ses imbéciles de collaborateurs de commettre une de ces erreurs de stratégie dont une entreprise peut ne pas se relever ? Mali-parte veillait, à Maliparte rien n’échappait ni l’opportunité industrielle à saisir et qui faisait faire un bond au chiffre d’affaires, ni la plus petite note de service mal rédigée, ni les économies qu’on pouvait espérer dans les bureaux d’une sur-veillance un peu serrée de la consommation de papier et de crayons. Il tenait son monde et c’était heureux car aux nouvelles générations qu’il avait vues peu à peu arriver dans son entre-prise il fallait tenir la bride. Ces jeunôts n’étaient pas tous paresseux ni forcément incapables mais bien rares étaient ceux qui croyaient un tant soit peu à la raison qu’ils avaient d’être là, à savoir, le service dévoué et exclusif de la Sa Voltis. Maliparte menait son monde avec l’autorité de l’un de ces patrons à l’ancienne quelque part persuadés d’être en charge d’une mis-sion. La pluie, en attendant, pénétrait son veston. Et toujours pas de clef. Maliparte revint vers la maison, revisita la coupelle, re-descendit le perron, s’arrêta et plein de perplexité – sans aucun doute l’état d’âme qu’il détestait le plus – entreprit de reprendre le chemin qu’il avait emprunté cinq minutes plus tôt. Toujours adepte de l’action la plus directe, il avait négligé de prendre l’allée gravillonnée qui menait au grand portail et traversé la pelouse en diagonale. Pelouse que cet abruti de la Gurun avait oublié de tondre quand le temps était sec et qui ne le pourrait
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