Origami

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Savoir ou ignorer, voilà une question qui fait écho à une célèbre interrogation et qui résume le dilemme de chaque être humain.

S’il vous est parfois arrivé de penser « j’aimerais bien être dans sa tête pour savoir ce qu’il ou elle pense vraiment », vous devez lire Origami, nouveau roman de Gilles Bojan ! Gaspard Blanc, héros bien malgré lui de cette aventure extraordinaire, va pouvoir en juger.

Le TGV Montpellier Paris déraille. A bord, un seul rescapé éjecté du train. Qui est donc ce Gaspard Blanc plongé dans un coma profond ? Il aimait les forêts de Lozère et croyait en l’amour éternel. Sentir le papier glisser entre ses doigts, voilà ce qui lui faisait du bien. Mais ça, c’était bien avant l’accident. Ingénieur discret, il avait tracé le sillon d’une vie provinciale paisible dans laquelle chacun des personnages paraissait être à sa place. Mais ça, c’était avant…

Par un coup du sort, son esprit est projeté dans la tête de ses compagnons de vie ; ainsi, spectateur impuissant, il revit les grands évènements de son existence de leur point de vue. Complaisances et mensonges lui apparaissent sous le jour le plus cru. Ne serait-il qu’un simple pion au beau milieu de cette mise en scène ?

Origami emprunte à l’art du pliage japonais l’idée que ce que l’on voit n’est pas nécessairement la vérité mais ce que l’on en perçoit. Habilement construit, le roman présente successivement les souvenirs du monde presque parfait de Gaspard, les « figures », et ces mêmes souvenirs mis à plat.

Ce magnifique roman flirte avec l’irréel pour mieux réfléchir à l’envers de notre décor.

EXTRAIT

À cet instant précis, vous dire que tout va bien serait mentir.

J'aurais aimé que ma vie ressemble à une feuille de Washi, ce papier japonais utilisé en Origami : fine, souple et suffisamment solide pour résister à plusieurs séries de pliages. Aujourd'hui, je ne suis qu'une figure froissée, aux angles passablement écornés, susceptible de rompre à la première déchirure.

Mon corps ne répond plus aux sollicitations du cerveau, mais le simple fait de vous décrire ma situation laisse supposer que j'aurais peut-être préservé une certaine forme de conscience. Toute déglutition se transforme maintenant en un véritable calvaire. Un peu comme si un douanier filtrait chacune de mes gouttes de salive à la frontière qui mène à l'œsophage. Je suis seul, mais je devine de multiples présences. Je grelotte, mais il me semble percevoir des lueurs de flammes. Est-ce que je souffre ? Difficile de l'affirmer. J'ai toujours considéré la douleur comme une notion relative.
Publié le : vendredi 27 mai 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782759902149
Nombre de pages : 289
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Savoir ou ignorer, voilà une question qui fait écho à une célèbre interrogation et qui résume le dilemme de chaque être humain.

S’il vous est parfois arrivé de penser « j’aimerais bien être dans sa tête pour savoir ce qu’il ou elle pense vraiment », vous devez lire Origami, nouveau roman de Gilles Bojan ! Gaspard Blanc, héros bien malgré lui de cette aventure extraordinaire, va pouvoir en juger.

Le TGV Montpellier Paris déraille. A bord, un seul rescapé éjecté du train. Qui est donc ce Gaspard Blanc plongé dans un coma profond ? Il aimait les forêts de Lozère et croyait en l’amour éternel. Sentir le papier glisser entre ses doigts, voilà ce qui lui faisait du bien. Mais ça, c’était bien avant l’accident. Ingénieur discret, il avait tracé le sillon d’une vie provinciale paisible dans laquelle chacun des personnages paraissait être à sa place. Mais ça, c’était avant…

Par un coup du sort, son esprit est projeté dans la tête de ses compagnons de vie ; ainsi, spectateur impuissant, il revit les grands évènements de son existence de leur point de vue. Complaisances et mensonges lui apparaissent sous le jour le plus cru. Ne serait-il qu’un simple pion au beau milieu de cette mise en scène ?

Origami emprunte à l’art du pliage japonais l’idée que ce que l’on voit n’est pas nécessairement la vérité mais ce que l’on en perçoit. Habilement construit, le roman présente successivement les souvenirs du monde presque parfait de Gaspard, les « figures », et ces mêmes souvenirs mis à plat.

Ce magnifique roman flirte avec l’irréel pour mieux réfléchir à l’envers de notre décor.

EXTRAIT

À cet instant précis, vous dire que tout va bien serait mentir.


J'aurais aimé que ma vie ressemble à une feuille de Washi, ce papier japonais utilisé en Origami : fine, souple et suffisamment solide pour résister à plusieurs séries de pliages. Aujourd'hui, je ne suis qu'une figure froissée, aux angles passablement écornés, susceptible de rompre à la première déchirure.

Mon corps ne répond plus aux sollicitations du cerveau, mais le simple fait de vous décrire ma situation laisse supposer que j'aurais peut-être préservé une certaine forme de conscience. Toute déglutition se transforme maintenant en un véritable calvaire. Un peu comme si un douanier filtrait chacune de mes gouttes de salive à la frontière qui mène à l'œsophage. Je suis seul, mais je devine de multiples présences. Je grelotte, mais il me semble percevoir des lueurs de flammes. Est-ce que je souffre ? Difficile de l'affirmer. J'ai toujours considéré la douleur comme une notion relative.
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