Orsus ou l'irrésolution

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La vie nous joue parfois de ces tours, sans en avoir l’air. Elle profite d’un moment où notre vigilance est amoindrie pour nous lancer dans une histoire dont nous ne pouvons plus nous défaire. C’est ce qui arrive à Orsus qui, un jour comme les autres, trouve une carte postale qui lui semble se rapporter à une période de sa vie. Il n’en est pas très sûr, sa mémoire ne le renseigne pas vraiment sur ces épisodes d’une vie qui s’est disséminée dans le temps. Pourtant il va se lancer à la recherche de ce lieu à partir duquel il pense pouvoir reconstituer son existence fragmentée.
Publié le : lundi 8 janvier 2001
Lecture(s) : 37
EAN13 : 9782748109160
Nombre de pages : 189
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Orsus ou l’irrésolution
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748109171 (pour le fichier numérique) ISBN: 274810916 (pour le livre imprimé)
Jean Ungaro
Orsus ou l’irrésolution
JOURNAL/ CARNET(FICTION)
… comme ceux qui partent en voyage pour voir de leurs yeux la cité désirée et s’imaginent qu’on peut goûter dans une réalité le charme du songe. Marcel Proust, Du côté de chez Swann.
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JOURNAL DES…
Lorsque Elena est venue me trouver, je n’ai pas immédiatement compris pourquoi elle tenait abso lument à me solliciter, moi et pas un autre, pour connaître la vérité sur la disparition d’Orsus. Les rares fois où nous nous étions rencontrés ces dernières années, nos relations avaient été froides et distantes. Je ne l’avais pas revue depuis longtemps, je ne m’attendais pas à la retrouver ainsi, face à moi, me parlant d’Orsus comme si, oublieux de tout ce qui dans ma vie ne concernait pas Elena, je pouvais comprendre sa dou leur. Malgré le chagrin qui ravageait son visage, je la reconnaissais parfaitement, elle était si peu différente de celle que j’avais connue, que, en la regardant, mes anciennes émotions revenaient et submergeaient toutes mes raisons. Elle avait conservé cette beauté singulière qui, à cette époque, la distinguait des autres jeunes filles, sauf sa voix qui était maintenant basse et faible. Elle ne souhaitait pas s’adresser à la police de Dolòsan, ce qui peut se concevoir lorsqu’on sait com ment cet organisme traite les étrangers, et comment ellemême aurait été reçue, elle qui n’avait pas laissé que des bons souvenirs dans cette ville. Elle ne voulait pas davantage solliciter une agence de détectives privés, ce qui s’expliquait plus difficilement et dont elle ne donnait aucun motif plausible. Je lui ai demandé pourquoi elle ne faisait pas ellemême le voyage. Elle m’a regardé méchamment, elle savait que je connaissais
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Orsus ou l’irrésolution
la réponse. Elle ne m’a pas supplié de l’aider, mais elle paraissait si désemparée que je n’ai pas su dire non tout de suite, et après il était trop tard pour refuser… Je pensais à autre chose, à ce qui s’était passé en d’autres temps pendant qu’elle m’expliquait qu’elle te nait absolument à savoir pourquoi Orsus était parti à Dolòsan pour y mourir, tout en étant incapable de me dire ce qui se cachait derrière cette demande… Je lui ai fait remarquer que mon métier d’avocat ne m’avait pas préparé à ce genre de mission, mais elle a refusé d’écou ter mes objections. En dépit de notre ancienne amitié, j’avais de puis longtemps renoncé à comprendre Elena. Nous avions vécu notre adolescence dans le même quartier, fréquenté les mêmes écoles, traversé sans mystère ces longues années d’enfance et d’adolescence, nous étions amis depuis toujours. Puis, brusquement, son comportement changea de façon radicale. Elle si vive, si ouverte, devint sombre et taciturne. Elle s’éloigna de moi, sans explication, sans me dire ce qui, soudainement, lui était devenu insupportable. Je ne savais pas pourquoi sa vie était bouleversée mais, dès ce moment, la mienne a été anéantie par l’amertume et l’inquiétude. Elle se montrait de plus en plus distante avec moi, m’écartant résolument de son intimité dès lors que je la questionnais sur l’exaltation confuse dans laquelle elle se jetait parfois. Nous avons cessé de nous voir. Plus tard elle quitta la ville à cause, disaiton, de certains événements, mais, connaissant Elena, je doutais que les circonstances tragiques de son existence aient pu lui imposer sa conduite. Après quelques années passées loin d’ici, elle revint ; Orsus l’accompagnait. Je l’apercevais parfois, elle me faisait un signe d’amitié et de reconnaissance, mais elle ne me parlait pas. Comme tout le monde, j’avais appris ce qui s’était passé, cependant je ne l’ai jamais questionnée sur les événements qui avaient provoqué son départ ni sur les raisons de son retour.
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