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Ours et fils

De
300 pages
Le père est un vieil ours, réfractaire à la vie sociale, professionnelle, familiale, à la vie tout court. Il s'est noyé dans l'alcool puis il a eu un fils ; il a alors cessé de boire, noyant son enfant dans l'amour, comme dans ce fleuve du même nom qui coule en Sibérie et que le fils connaît au travers des récits de Tchékhov. « Vingt ans que je suis mort au monde et que je suis dans la tête de mon père, un placard », vingt ans prisonnier de la dépression paternelle, comme ce mammouth pris dans la glace qu'il rencontre en Sibérie, justement, où son père l'emmène. La mère n'est pas maternelle, elle est indépendante, active, et se tartine de crème anti-rides; la soeur est une adolescente cloîtrée dans sa chambre qui ne jure que par le chanteur Billy Crawford et le peintre américain pour qui elle pose - deux femmes de leur temps. La famille habite un pavillon de banlieue, et se délite... Comme son géniteur incapable de s'adapter à « une société qui a inventé le briquet jetable et le poisson carré », le narrateur voudrait échapper à l'engourdissement profond de son père et fantasme la vie primitive des peuples septentrionaux. Mais le père n'a d'autre issue que son fils. Ours et fils est le récit extravagant, drôle et tragique, de catastrophes en « errances absurdes », de « la vie dans toute son extermination moderne ». Comme toujours chez Hervé Prudon, l'humour, la dérision, la jouissance des mots, servent l'expression de la passion et du désespoir. Une écriture originale, décalée qui offre une mise en scène féroce des maux de l'époque.
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Le père est un vieil ours, réfractaire à la vie sociale, professionnelle, familiale, à la vie tout court. Il s'est noyé dans l'alcool puis il a eu un fils ; il a alors cessé de boire, noyant son enfant dans l'amour, comme dans ce fleuve du même nom qui coule en Sibérie et que le fils connaît au travers des récits de Tchékhov. « Vingt ans que je suis mort au monde et que je suis dans la tête de mon père, un placard », vingt ans prisonnier de la dépression paternelle, comme ce mammouth pris dans la glace qu'il rencontre en Sibérie, justement, où son père l'emmène. La mère n'est pas maternelle, elle est indépendante, active, et se tartine de crème anti-rides; la soeur est une adolescente cloîtrée dans sa chambre qui ne jure que par le chanteur Billy Crawford et le peintre américain pour qui elle pose - deux femmes de leur temps. La famille habite un pavillon de banlieue, et se délite... Comme son géniteur incapable de s'adapter à « une société qui a inventé le briquet jetable et le poisson carré », le narrateur voudrait échapper à l'engourdissement profond de son père et fantasme la vie primitive des peuples septentrionaux. Mais le père n'a d'autre issue que son fils. Ours et fils est le récit extravagant, drôle et tragique, de catastrophes en « errances absurdes », de « la vie dans toute son extermination moderne ». Comme toujours chez Hervé Prudon, l'humour, la dérision, la jouissance des mots, servent l'expression de la passion et du désespoir. Une écriture originale, décalée qui offre une mise en scène féroce des maux de l'époque.