Parfum de Louisiane (Harlequin Jade)

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Parfum de Louisiane, Erica Spindler
De passage à La Nouvelle-Orléans pour quelques jours, Hunter se laisse envahir par l'atmosphère enivrante de la vieille ville, où flotte quelque chose de sensuel et de subtilement épicé. Tout ici, du souffle frais de la rivière aux buissons d'hibiscus, lui parle d'Aimée. L'afflux de souvenirs le submerge ; il croit même entendre la jeune femme lui raconter à l'oreille le bayou de son enfance, de sa belle voix rauque...
Aimée... Depuis quatre ans qu'ils sont séparés, jamais il n'est parvenu à l'oublier. C'est pourtant lui qui, à l'époque, l'avait forcée à le quitter. Le poids de son passé l'étouffait alors, il n'avait rien à lui offrir. Pas plus qu'aujourd'hui...
Pourtant, se fiant à son intuition, il décide de lui rendre visite. Mais quand il la voit, tenant par la main un petit garçon de trois ans, il comprend tout : c'est son fils qu'il a sous les yeux, un fils dont elle lui a caché l'existence. Bouleversé, il se résout, malgré le rejet d'Aimée, à s'installer sur place pour jouer son rôle auprès de l'enfant...
Publié le : lundi 1 octobre 2007
Lecture(s) : 23
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280266741
Nombre de pages : 400
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Prologue

Le soleil d’avril brillait généreusement sur La Nouvelle-Orléans. Gêné par la réverbération, Hunter Powell cligna des yeux, tapota ses poches et pesta tout bas. Comme un idiot, il avait laissé ses lunettes de soleil au centre de congrès.

Son petit groupe de médecins spécialistes se frayait allègrement un chemin parmi la foule serrée des touristes qui avaient envahi le quartier ancien. Depuis deux heures qu’il était parti « en virée » avec ses confrères pour visiter le Vieux Carré, Hunter commençait à trouver le temps long. De tempérament solitaire, il se lassait vite de ce genre d’équipée. Ecumer les magasins de souvenirs pour acheter des T-shirts et naviguer de bar en bar sous prétexte de goûter les spécialités locales ne présentait à ses yeux qu’un intérêt des plus restreints.

Tant pis pour lui. Il aurait dû avoir la sagesse de rester dans sa chambre pour mettre la dernière main à la conférence qu’il donnait le lendemain. Mais il lui avait paru dommage de séjourner à La Nouvelle-Orléans sans avoir jeté au moins un coup d’œil aux façades en stuc pastel, aux balcons ciselés et aux patios fleuris qui faisaient le charme de la vieille ville.

Le petit groupe traversa l’ancienne place d’Armes avec sa statue équestre et ses bouquets de bananiers et bifurqua sur la rue Royale. Hunter respira plus librement. Le souffle frais de la rivière faisait frissonner les buissons d’azalées et d’hibiscus. Déjà, la foule était moins dense, l’atmosphère moins agressivement touristique. Mais ici comme ailleurs flottait dans l’air quelque chose de dansant, de sensuel, de subtilement épicé.

Et tout dans les couleurs, les odeurs, la musique omniprésente dans la ville lui parlait d’Aimée.

L’afflux des souvenirs se fit si intense que Hunter oublia un instant où il se trouvait. Non seulement il revoyait Aimée, mais il sentait Aimée, il entendait Aimée. C’était comme si sa belle voix rauque de contralto venait de lui chuchoter quelques mots indistincts à l’oreille.

Jamais il n’avait réussi à oublier ce timbre sensuel qui l’enveloppait comme une caresse, ces immenses yeux sombres qui avaient rayonné d’amour pour lui.

Aimée. Si vivante qu’elle avait presque réussi à l’arracher à sa prison intérieure. Si généreuse qu’elle lui avait ouvert ses bras, son lit, sa vie.

Malgré lui, Hunter scruta la foule des yeux, comme si sa mince silhouette dansante pouvait se matérialiser à tout moment au cœur de la marée humaine. Vaguement excédé, il secoua la tête. Depuis que son avion avait atterri à l’aéroport international de La Nouvelle-Orléans, deux jours auparavant, Aimée ne cessait d’assiéger ses pensées. Cent fois déjà, il avait tressailli en croyant la reconnaître, sursauté à ce qu’il pensait être le son de sa voix.

Cela dit, le phénomène n’avait rien de mystérieux. Aimée était originaire de la Louisiane et le village cajun où elle avait grandi ne devait pas être situé très loin d’ici. Combien de fois n’avait-elle pas évoqué pour lui le bayou de son enfance, le grand pacanier de la cour, ses premières sorties à La Nouvelle-Orléans où la musique zydeco vibrait dans chaque rue ?

Hunter fronça les sourcils. Pas loin de quatre années s’étaient écoulées depuis qu’Aimée l’avait quitté. Ou, plus exactement, depuis qu’il l’avait contrainte à partir. S’il avait dû avoir, alors, quelque regret de leur rupture, il aurait cherché à la revoir plus tôt. Or, elle lui avait manqué, bien sûr. Et amèrement même. Mais il n’avait jamais démordu de sa conviction première : la séparation était la meilleure solution possible, pour Aimée comme pour lui.

L’idée d’aller la retrouver au fin fond de sa Louisiane natale ne lui avait d’ailleurs jamais traversé l’esprit. De quel droit se serait-il raccroché à la radieuse jeunesse d’Aimée ? Quatre ans auparavant, il n’avait rigoureusement rien à lui offrir. Et la situation n’avait pas franchement évolué depuis.

Alors pourquoi ce soudain accès d’« Aimée-manie » ? Il savait pourtant d’expérience qu’il n’y avait rien de plus stérile, de plus mortifère même, que de cultiver ses souvenirs à outrance. Peut-être était-ce le charme très « vieux Sud » du quartier ancien qui éveillait sa nostalgie ? Dans ce cas, la solution s’imposait d’elle-même : regagner au plus vite l’atmosphère parfaitement neutre et internationale du centre de congrès. Il avait réussi à écarter Aimée de lui quatre ans auparavant ; il ne devrait pas être bien difficile de la chasser de son esprit aujourd’hui.

Hunter tourna son attention vers ses joyeux compagnons de virée. Deux de ses confrères étaient déjà passablement éméchés. Et le gros de la troupe n’allait pas tarder à suivre le même chemin.

— Je vous laisse continuer, O.K.? Je retourne à l’hôtel. On se retrouvera pour le dîner.

Jack, un orthopédiste texan qui avait quelques verres de trop dans le nez, lui posa la main sur l’épaule.

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