Paris qui disparaît

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"Qui expliquera pourquoi les Parisiens éprouvent le besoin de circuler incessamment d'un bout de la ville à l'autre? Il y a cent ans environ qu'un omnibus part toutes les cinq minutes de l'Odéon, pour s'en aller à Clichy. Or, vous pouvez en faire l'expérience, dès le point de départ cet omnibus est toujours complet. Quoi faire ? On ne le saura jamais. "
Publié le : vendredi 1 janvier 1937
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EAN13 : 9782246798439
Nombre de pages : 295
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© Éditions Grasset & Fasquelle, 2012.
9782246798439 — 1re publication
A CAMULOGÈNE
J’estime n’éveiller la susceptibilité de personne en déclarant que le plus célèbre des Parisiens devrait être Camulogène. Il fut, du moins, le premier dont le nom fit du bruit dans le monde et ce n’est pas une médiocre gloire d’être inscrit — même par rang de date — avant tous les autres, sur la liste des hommes illustres en tant de genres auxquels, depuis près de vingt siècles, Paris a donné naissance.
Mais peut-être ignorez-vous Camulogène. C’est de l’ingratitude. Quand Paris n’était encore que Lutèce, un assemblage de cabanes confinées dans une île de la Seine ; quand Labienus, lieutenant de César, vint attaquer la pauvre bourgade, sous le prétexte d’y réquisitionner des chevaux pour la cavalerie romaine, Camulogène, bien que déjà « tout cassé de vieillesse », prêcha la guerre d’indépendance à ses placides compatriotes, se mit à leur tête et osa s’opposer au passage des fameuses légions. Une grande bataille s’engagea. Les Parisiens abordèrent valeureusement les conquérants du monde ; mais ils ignoraient la stratégie, et les Romains savaient se battre. Camulogène fut pris et mis à mort, sa troupe dispersée. Tout de même, Labienus n’entra pas dans Lutèce et se retira vers la Bourgogne.
En quel lieu fut livré ce combat ? Auprès de Metiosedum, note César. Voilà deux mille ans que le fait s’est passé et les étymologistes discutent encore. Pour les uns, Metiosedum, c’est Issy, à l’ouest de Paris ; pour d’autres, c’est Ivry, à l’est. Quelques-uns insinuent que ce pourrait bien n’être ni Issy, ni Ivry, car César écrit encore que son lieutenant Labienus recula devant la difficulté de franchir les marais dont Lutèce était environnée. Or il y avait de grands marais au nord de la petite ville, à l’endroit où s’étendent aujourd’hui les boulevards. L’un des premiers hangars qu’on bâtit là pour abriter les récoltes était appelé, au XIV
e siècle, « Granchia Bataillata ». Voilà pourquoi la question se pose de savoir si ce nom ne prenait pas son origine dans la « Bataille », restée fameuse, livrée par Camulogène à Labienus, et si, par conséquent, cet exploit de nos ancêtres n’eut pas pour théâtre l’emplacement actuel du boulevard des Italiens.
Je n’ignore pas à quoi je m’expose en me faisant l’écho timide de cette hypothèse. Les étymologistes sont des gens savants mais terribles et ce n’est pas sans risque qu’on se hasarde sur leur terrain. Pour les mettre d’accord, en les exaspérant, les Parisiens ont transformé le mot ; ils ne disent plus la « Granchia Bataillata », mais la « Grange Batelière » ; au moins cela signifie quelque chose, et pour justifier cette nouvelle phonétique, la tradition naquit et subsiste qu’au bon vieux temps, époque vague, on se promenait par là en bateau. Les plus informés affirment même que ces bateaux naviguaient sur le ruisseau de Ménilmontant, lequel, comme chacun sait, descendait des coteaux de Belleville, creusait son lit sous le tracé actuel de la rue de Provence et se jetait dans la Seine au-dessous de notre place de la Concorde. A preuve qu’on a retrouvé ce cours d’eau en établissant les fondations de l’Opéra et que notre Académie nationale de musique s’élève — c’est une croyance que rien n’ébranlera — sur un lac formé par ce fameux ruisseau de Ménilmontant.
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