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Passé composé

De
222 pages
Que faire lorsqu'un de vos clients, chez lequel vous êtes allée benoîtement réparer un micro-ordinateur vous annonce tranquillement qu'il voyage dans le temps ? Vous enfuir à toutes jambes ? C'est ce que s'empresse de faire Lili, jeune informaticienne vive et délurée. Pourtant, intriguée, elle ne cesse de repenser à ses étranges propos. Il s'avèrera qu'il a dit vrai, et elle le suivra amoureusement dans ses périples, tentant de l'arracher à une extravagante passion extra-temporelle, au cours d'une plongée nostalgique – et libertine – dans les décennies passées. C'est à l'aube du XXème siècle, en 1900, que s'achèvera ce premier tome de ses aventures, dans cette Belle-Époque où elle rencontrera la jeune Nini, adorable "poulbot" de la Butte.
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Le Manuscr it w w w . m anuscr it . com
Le Manuscrit, 2005.É ditions 20, rue des PetitsChamps  75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@ manuscrit.comISBN : 274814791X (Fichier numérique) ISBN : 2748147901 (Livre imprimé)
A u royaume des vieilles lunes Que Copernic M'excuse, pas d'ombre importune Pas de spoutnik L e feu des étoiles éteintes M'éclaire encore E t j'entends l'A ngélus qui tinte A ux clochers morts
Georges Brassens
PA S S ECO M P O S E
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P I E R R E F O U G E R E S
I
 "J't'aime bien L ili, pour toutes les bêtises que tu dis, j't'aime bien L ili, j't'aime bien au lit, j't'aime bien au lit aussi…"  La peste soit de cette antique chansonnette reprenant inlassablement mon prénom, chue de la radio souvenance de service et qui maintenant virevolte sous mes cheveux, que je fredonne et refredonne, les dents agacées de cette ritournelle à la saveur de groseilles pas mûres, de fruits verts, "trop verts et bons pour des goujats" n'estce pas, tu aimerais bien pauvre gourde qu'un mec te les fasse goûter sur ses lèvres ces baies acidulées, te les chantonne ces quelques rimes amoureuses,au lit aussioui.  Ce n'est pas ce solennel imbécile de Colin (aton idée de s'appeler Colin ?) qui te les aurait susurrées, je ne le vois au demeurant entonner nulle complainte, hormis peutêtre de lugubres chants grégoriens.  Non je ne l'aimais pas, oui c'est parfait que nous nous soyons séparés  pourquoi diantre d'ailleurs nous étionsnous mis ensemble ? – bon sang qu'il m'assommait, beau comme un dieu et raseur tel un bollandiste, même au lit justement où je m'ennuyais ferme, où là aussi, où là surtout la fantaisie doit être hôte d'honneur. Mais Colin et la fantaisie… Un comptable, j'aurais dû me méfier, ne croyez pas que j'ai quelque chose contre cette honorable corporation, mais tout de même, vouer son existence à des colonnes de chiffres m'a toujours semblé passablement pervers.  Vous me direz qu'il en faut et je n'en disconviendrai pas, c'est d'ailleurs bien parce que j'en avais besoin d'un
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PA S S ECO M P O S E
pour ma – minuscule  entreprise que je l'ai rencontré, n'étaitce pas suffisant qu'il dévoile les dessous de ma pauvre comptabilité, devaisje aussi le laisser explorer les miens ? Mais il était beau je vous en ai déjà informés, et libre, et prévenant, et moi j'étais seule, que celle qui n'a jamais succombé aux charmes approximatifs d'une douteuse boisson alors qu'elle mourait de soif me jette la première canette de Coca.  Quoi qu'il en soit maintenant solitaire je le suis derechef, mon nouveau comptable est une dame et je ne mange pas de ce pain là, mon médecin est mariéetamoureux (ce n'est pas fatalement antinomique), mon affable dentiste aurait pu me faire sauter sur ses genoux lors de mon baptême, et je n'ai nul procès en prévision pour rencontrer un sémillant espoir du barreau brûlant de se jeter à mes pieds ; alors je traîne lugubrement mes vingtneuf printemps dont personne ne veut.  E nfin bon, "lugubrement" n'exagérons rien tout de même, je ne fais pas la tronche tout au long de mes journées, bien trop remplies du reste ces dernières pour me laisser le loisir de m'abandonner à de désenchantées langueurs, du plus bel effet romantique sans doute mais tout aussi sûrement peu compatibles avec mon statut de chef d'entreprise gagneur (vous remarquerez que je ne mets pas ce dernier adjectif au féminin, comme l'a écrit 1 une fille dont je cherche désespérément le nom , la féminisation des mots est rarement flatteuse pour nous autres, je la cite à peu près, de mémoire : "Un gagneur est un battant, une gagneuse est une pute, un coureur est un athlète, une coureuse est une pute, un homme qui fait le trottoir est un maçon, une femme qui fait le trottoir est une pute…t je"). E n'ai pas envie de passer pour une…, enfin disons pour 1 Isabelle Alonso
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