PATATRAS ! Tout s'est écroulé

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La vie si courte, si longue, devient parfois insupportable. Mis brutalement sur la touche ; dépossédé de son travail, dépouillé de ses biens, alors on se sent écrasé sous le sentiment de l'éternelle misère de tout. Patatras ! tout s'est écroulé. C'est cela la vie ! Je suis seul à la maison. Tout logis qu'on habite longtemps devient une prison. Quant on est las, las à pleurer, il faut partir,  pour retrouver les souvenirs de son enfance. Un château. Une église des rois ! Un parc ! Qui peut voir cela sans sentir dans son âme les frissonnantes réminiscences de sa jeunesse. Les mauvaises pensées chassées, il faut entrer dans une vie nouvelle. L'art de la peinture attire. Récupérer sa boîte abandonnée, se souvenir de ses premières amours, devenir un bon artisan, participer à des expositions, étudier la technique, la vie des Maîtres, Gauguin, JMW Turner qui cacha sa renommée sous un faux nom. Baudelaire, le grand poète, a dit : « Pour soulever un poids si lourd, Sisyphe, il faudrait ton courage ! L'Art est long et le Temps si court. » Georges Grohelle, exclu, jeté au bord du fossé, agonisant, parviendra-t-il
à se relever et à retrouver sa stabilité ? La suite vous le dira !
Publié le : jeudi 7 janvier 2016
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EAN13 : 9791026203612
Nombre de pages : non-communiqué
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Georges GRONDIN

PATATRAS !

Tout s'est écroulé

Mais l'Art viendra le sauver

 


 

© Georges GRONDIN, 2016

ISBN numérique : 979-10-262-0361-2

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« Georges Grohelle est demandé au bureau du DRH » annonce le haut-parleur de la société CPTA.

Je quitte ma blouse, traverse l'atelier de pièces détachées et me rends au service du personnel. Je sais ce qui m'attend. Quinze jours plus tôt son assistante m'a informé de ma possible mise en préretraite. Il faut laisser la place aux jeunes ; la Commission européenne a annoncé la création d'un fonds sur l'emploi pour favoriser l'intégration des jeunes de moins de 25 ans étendu aux femmes. J'ai demandé un aménagement de départ afin de faciliter ma reconversion en douceur ; c'est sans doute pour ça qu'il me convoque.

« Mon assistante m'a fait part de votre désir d'obtenir un aménagement de départ ; vous avez des obligations financières. C'est un refus. Vous devrez avoir quitté la société à la fin du mois. Pour vous être agréable et faciliter votre reconversion, vous n'aurez pas à faire le préavis. Vous avez cinquante-cinq ans je crois ? » me dit-il. J'acquiesce. « Vous avez encore de beaux jours devant vous. » Tu parles ! J'ai déjà consulté ; Toutes les portes se sont refermées une à une. C'est au nom de la cohésion économique et sociale et il me dit d'autres choses qui s'évanouissent dans ma tête, secoué que je suis, Je ne l'écoute plus.

Je sors de son bureau ; La sentence est tombée et la lame de la guillotine est levée ; Condamné je suis jeté dehors ; la peur au ventre me prend, mes jambes flageolent, je m'assois sur une chaise ; une minute d’abandon, de frayeur. Je me reprends et retrouve mes esprits. Cette période de transition est un moment délicat pour moi. Je dois me projeter dans le temps où je serai sans emploi… Un saut dans l’inconnu. Une mise sur la touche et la rencontre d’une situation de précarité où je devrai compter sur moi-même, puiser en moi la force pour échapper à l'opprobre et aux sarcasmes d’individus ; trouver la force de rebondir. Les conditions seront difficiles ; je le sais. La radio ce matin a annoncé le suicide d’un responsable syndical brutalement mis à la retraite. Je devrai m’accrocher pour ne pas sombrer.

Dans le compartiment qui me conduit chez moi, le chagrin me prend ; plus jamais je ne reverrai le groupe de passagers raconter tout haut les bêtises du bureau ni la jolie étudiante plongée dans ses cours d’histoire et demandant mon avis sur l’occupation et la libération de la France au cours de la deuxième guerre mondiale ; ni le mendiant faisant chaque soir la manche. Je sens maintenant que je dérange ; Peu de compréhension dans les regards que je croise je ne puis rester plus longtemps. Je fais partie de la charrette des condamnés. Basta à la retraite ! On me sacrifie sur le bûcher de la solidarité européenne ; pour satisfaire les programmes de soutien aux jeunes et aux femmes récemment votés par Bruxelles. J'en rage.

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