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L’Insurrection des sauterelles, Edilivre, 2015.
Hassen Bouabdellah PAUVRE MARTIN, PAUVRE MISÈRE Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120476.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
Merci Brassens…
À Murielle Grenet, À Alain Paillard Et Olivier Rubens
I. Galopin Dimanche 26 mars… Des étoiles, suinte une lumière froide et lointaine. L’endroit en est comme froissé par ses reflets moribonds qui viennent se perdre dans les ombres fuyantes de la nuit. Il faut plusieurs minutes à l’œil pour s’habituer à l’obscurité et deviner dans la masse informe la silhouette d’un homme en train de creuser. Son corps se meut à peine, lentement, lourdement… Son pied droit donne des coups sur la lame de la pelle l’enfonçant dans la terre pour ensuite, d’un geste toujours aussi apathique, jeter à l’arrière le remblai. Les mottes tombent sourdement, presque sans bruit ajoutant à la pesanteur de la nuit. L’amoncellement est déjà assez important pour découper dans l’obscurité une sorte de grosse tâche sinistre. L’homme travaille depuis déjà un certain temps. C’est Martin. Ce matin, il s’est levé du mauvais pied. Du moins, c’est ce qu’il a pensé au début, se disant qu’un bon café et une bonne douche suffi-ront à le mettre d’aplomb. Il a mis en marche la cafetière en ajoutant une cuillère de plus au dosage habituel, il a préparé ensuite l’assiette du chien et s’est dirigé vers la salle de bain. Au seuil de celle-ci, ce fut comme si soudain ses pieds s’étaient lestés de plomb. Impossible d’avancer ! Ses yeux accrochent le robinet, il goutte. Sa vue s’embrume. À cet instant même, sa tête est prise d’une sorte de bour-donnement qui ne devait plus le quitter de la matinée. Pour la première fois depuis des lustres, il n’a pas pris sa douche. — Ça ne va pas ! laisse-t-il entendre d’une voix sourde.
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PAUVRE MARTIN, PAUVRE MISÈRE
Son corps est tout mou, son esprit hébété. Il a regagné la cuisine en titubant. L’entendant s’approcher, le chien s’est arrêté de manger et, selon le rituel qui s’était établi entre l’animal et son maître, en guise de bonjour, il a agité sa queue et l’a gratifié d’un regard tendre et reconnaissant. Peut-être a-t-il compris tout de suite que quelque chose n’allait pas chez l’homme, qu’il n’était pas dans un bon jour car il n’insiste pas, cesse ses manifestations d’amitié, cesse même de manger comme si le visage maussade de Martin lui a soudain coupé l’appétit. Et baissant la tête, les oreilles presque au ras du sol, il a quitté la cuisine d’un pas méfiant, le ventre rasant le sol. Malgré le désarroi qui obnubile son esprit, les yeux de Martin se fixent sur la bête, se pénètrent de toute la lassitude que dégage sa lourde silhouette, un très fort sentiment de pitié soulève sa poitrine ce qui a pour effet d’amplifier son trouble, il se laisse tomber sur la chaise. Le chien est un basset que sa femme Paulette avait ramené de chez sa sœur qui habite un hameau des Alpes non loin de Sainte Mar-guerite de Queyrières. Il y a de cela près de quinze années. Quinze années déjà ! À cette époque Martin n’aimait pas les chiens, ne voulait d’aucun animal à la maison. Ce que Paulette savait fort bien. Mais d’un autre côté elle ne pouvait décevoir son aînée qu’elle adorait, et qui l’avait priée presque les larmes aux yeux de prendre au moins un chiot : — Oh ! Paulette, ma très bonne, il y a en cinq autres et ici per-sonne n’en veut, je ne vais tout de même pas les noyer, pauvres bêtes ! Prends en au moins un et si ton bonhomme n’en veut pas tu trouveras bien une personne charitable qui voudra bien l’accueillir… Martin n’a pas manqué d’être contrarié, il a fait la tête quelques jours puis a fini par adopter le chiot. Et même que ce fut lui qui, en définitive, après maintes palabres, lui trouva un nom – Galopin, tant
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