Pavane

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À la lecture du faire-part de mariage d’Aude, Philippe tombe des nues. Voici quatre ans qu’elle a rompu avec lui, brutalement, sans raison. La surprise passée, il se lance en quête du secret de leur histoire. Dans un style vif et efficace, l’auteur dresse le portrait d’un amour qui prend racine dans les sous-sols de la vie, l’adolescence. Un récit poignant fait de rondes et d’esquives, où les relations amoureuses se tissent et se défont.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 118
EAN13 : 9782304028966
Nombre de pages : 329
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Titre
Pavane
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Titre Pierre Olivier
Pavane
Roman
5 Éditions Le Manuscrit Paris
© Éditions Le Manuscrit 2009 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02896-6 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304028966 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02897-3 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304028973 (livre numérique)
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PAVANE
I
Les mains dans les poches de son manteau, Philippe Galien, lentement, pénètre songeur dans la salle vingt deux des antiquités romaines. En ces débuts de soirée, le Louvre a toujours une apparence sereine et flatteuse et persuade le rare visiteur qu’il n’est ouvert que pour lui. La fourmilière bruissante et bigarrée du grand hall sous la pyramide, désertée par la populace, semble triste de ne plus résonner de l’écho de ces milliers de pas. Les galeries, les salles se succèdent ; elles s’offrent délivrées de l’enthousiasme désinvolte et offensante des promeneurs. Le Louvre respire et soupire. Il s’endort tranquille sur ses trésors. Depuis bien longtemps, il n’a plus besoin de ces dépliants à touristes pour s’orienter dans l’immense musée. Non pas qu’il en connût tous les recoins, loin s’en faut, mais il en détient les avenues, les boulevards et quelques rues aussi. Cela lui suffit pour s’y diriger et à chaque visite, souvent impromptue, il jette son dévolu sur quelques salles que son humeur du moment ou
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parfois le hasard d’un détour de corridor lui a suggéré. Ce soir là, il avait opté pour les salles romaines. Malgré tout, son choix n’était presque jamais dicté par ce processus aléatoire dont il voulait bien le travestir. Lorsque son esprit était calme, reposé, voire joyeux, il ne dédaignait pas l’aile Richelieu avec ses cours et galeries lumineuses, s’asseyant parfois afin de s’attarder sur un Poussin ou un de la Tour qui alors faisait l’objet quasi unique de sa visite. D’autres fois, en proie à quelques sombres pensées ou perdu dans quelques dilemmes, ces pas l’amenaient toujours vers ces antiquités orientales, grecques ou romaines. Ces jours là, il préférait se perdre dans l’Histoire ; il aimait à s’égarer à travers ces millénaires sur lesquels étaient construits ce présent. L’Histoire, c’est rassurant. Tout y est dit ou presque ; on sait la naissance, la vie et la mort des gens, on sait que cela ne changera pas, que c’est écrit, alors que nous autres vivants… Tenez, par exemple, le buste de cet inconnu sur lequel il s’arrêtait souvent, aux traits figés par l’immuabilité du marbre, dont il était difficile de discerner si de la désolation ou du sourire rédempteur se manifestait dans ces lèvres légèrement tombantes et des yeux sans regard. Le petit carton sur le piédestal révèle laconiquement : « inconnu, inventaire MR
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