Pax romana

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Mesdames et messieurs, bienvenue à bord de la « PAX ROMANA », fleuron de notre flotte, pour une circumnavigation dans l’imaginaire. Nous ferons route sur le fil ténu qui sépare rêve et réalité, là où les lignes régulières ne passent jamais. La croisière sera longue et périlleuse, dans les grands calmes ou les grandes tempêtes, mais au bout, nous réveillerons peut-être l’enfant endormi en chacun de nous. Alors, le but sera atteint, le voyage réussi. Voilà, les amarres sont larguées, le quai du quotidien s’éloigne lentement, vous sentez déjà l’air du large. Nous vous invitons à descendre dans vos cabines. Chaussez vos bonnes vieilles pantoufles et installez-vous confortablement, l’équipage de la PAX ROMANA s’occupe du reste…
Publié le : mercredi 12 juin 2002
Lecture(s) : 45
EAN13 : 9782748125443
Nombre de pages : 159
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Pax romana
Jean-Paul Gelfi
Pax romana
ROMAN
© manuscrit.com, 2002 ISBN: 2-7481-2545-2 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-2544-4 (pour le livre imprimé)
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A nos frères les arbres, que notre déraison Sacrifie par millions, Ce modeste récit en guise doraison.
CHAPITRE 1 : AUX PORTES DU DÉSERT
Petit Camion a bien grandi depuis ses aventures éléphantines. Cest maintenant un adolescent, un ado. Alors, il ne voit plus la vie de la même façon, et bien quil aimât sa famille dadoption par-dessus tout, il a parfois, surtout quand souffle le vent du sud qui emmène avec lui les parfums de la mer jusquà son filtre à air, des envies de liberté, despace, de conquêtes. Il reste malgré tout « un bon fils », mais de temps en temps, il prend dautorité une route dif-férente, ou sarrête à lombre dun fromager géant et refuse de démarrer tant que le soleil est au zénith. Le lendemain, cest le contraire, et il faut brutaliser les freins pour le faire stopper en fin de journée. Bref, il est un peu pénible, mais les parents se disent : cest lage bête, ça va passer. Et ils roulaient, roulaient toujours, fonçant droit sur Buffleville, maintenant à quelques kilomètres. Ils avaient hâte dy arriver pour faire provision de vivres et surtout, surtout, acquérir des pneus neufs pour remplacer les leurs qui attendaient avec lim-patience que lon imagine un repos bien mérité. Ils avaient de plus en plus de mal à tenir sur leur dos les quinze mille kilos de Petit Camion (il avait encore grossi) et il ne se passait de jour sans que lon soit obligé de sarrêter pour réparer. Pour les faire tenir
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jusquà la ville, Papa avait dû leur promettre une re-traite dorée chez son ami Tristeau, qui a fait fortune, si mes souvenirs sont bons, dans lemballage gran-diose, autour des années quatre-vingt. Personnage haut en couleur, au goût artistique mondialement re-connu, Tristeau avait promis de les peindre en blanc et de les empiler dans son jardin, en guise de faux puits. Quelle idée géniale nest-ce pas ? Les roues sy voyaient déjà, pimpantes, repeintes tous les ans, admirées de tous les voisins envieux. Lune delles, en secret, rêvait même, mais sans trop y croire, tel-lement la chose lui paraissait inaccessible, rêvait, dis-je, dêtre ouverte en son milieu en forme de co-rolle pour servir de maison indestructible à une pe-tite famille de pensées multicolores quelle verrait naître chaque printemps, merveilles de grâce et de couleur, fragiles, frissonnantes à la moindre brise, choyées par un jardinier dopérette avec son tablier bleu, son chapeau de paille et son petit arrosoir de cuivre qui viendrait, matin et soir, dispenser parci-monieusement la substance des substances, le fluide fondamental sans lequel rien ne serait, lor blanc : leau.
Et ils roulaient, roulaient toujours. La végétation devenait de plus en plus clairsemée et des dunes de sable venaient couvrir par endroit des pans entiers de forêt déplumée. « Cest le désert qui avance, disait Océola, la mère. - Il avance parce quon coupe toutes les forêts de bois précieux qui autrefois arrêtaient le vent, pour fabriquer des fauteuils ou des tables de jardin, disait Siam, le père. - Mais alors, que va-t-il nous rester quand nous seront grands ? disaient les enfants. Personne ne répondait.
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