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Pergolito

De
121 pages

Au fil des réactions et des humeurs de sa belle, Antonio Matildi alternera avec plus ou moins de bonheur les séquences grotesques et les tempos plus dramatiques. Le récit de ses aventures utilise au mieux les techniques modernes de communication, l'e-mail et la transmission de pensée.

Publié par :
Ajouté le : 16 juin 2011
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EAN13 : 9782748118803
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PergolitoAntoine ThØrond
Pergolito
Une fantaisie oedipienne.
ROMAN' manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1881-2 (pourle fichiernumØrique)
ISBN: 2-7481-1880-4 (pour le livreimprimØ)Avertissement de l Øditeur
DØcouvertparnotrerØseaudeGrands Lecteurs(libraires,revues,critiques
littØraires etde chercheurs),ce manuscritestimprimØ telunlivre.
D Øventuelles fautesdemeurentpossibles;manuscrit.com,respectueusede
lamiseenformeadoptØeparchacundesesauteurs,conserve,àcestadedu
traitement de l ouvrage, le texte en l Øtat.
Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com
5bis, rue de lA’ sile Popincourt
75011 Paris
TØlØphone:0148075000
TØlØcopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comAntonio Matildi
23, rue de l’âne vert.
Paradis chrØtien-
Noyau central- Section catholique.
SystŁme solaire n 23-415 B
ChargØ des relations extØrieures avec les paradis
limitrophes.
RØgion nord.
Emilio, mon ami.
Ilm’arriveencemomentuneaventurepeubanale.
Mardidernier,aucocktaildesanciensdeladivision
àdeuxchiffres,jefisconnaissanced unebeautØpar-
ticuliŁrement rØjouissante, et je ne te dis que cela.
Cette jeune personne est Øtudiante en rŒve de gran-
deur et cherche des informations inØdites sur ceux
qui, un jour, ont endossØ une dØfroque un peu trop
grandepoureux. InformationsquipourraientØtayer
lathŁsededoctoratqu elleprØpare. J’aipensØàPer-
golito, ton petit-fils et mon filleul. Je compte donc
rassembler mes souvenirs de cette Øpoque troublØe
et les faire parvenir à ma belle, espØrant ainsi, tu re-
conna tras l ma timiditØ naturelle, rester en contact
avec elle et qui sait…
N aieaucunecrainte,jeveilleraiàcequetoietles
tiens soyez dØpeints sous vos meilleurs jours.
7Pergolito
Comment se passe votre installation dans la ban-
lieue denotrebonparadis? Onla dithabitØe parun
monde un peu particulier ?
Mes amitiØs à Emilienne, ton
Antonio Matildi
P.-S. Elles appelle Guylaine. Merveilleuxnon ?
P.P.S. Je reviens d une mission diplomatique au
Walhalla, un paradis de guerriers scandinaves. Leur
hydromelØtaitfameux. Jet enenvoiequelquesbou-
teiIlles.
Antonio Matildi
23, rue de l ne vert.
Paradis chrØtien
-Noyau central
-Section catholique.
SystŁme solaire n 23-415 B
PrincedeBabyloneetautrescontrØesinexplorØes.
MØdailledumØriteetGrande-croixdel estimede
soi.
Mademoiselle
Voicicommeconvenuquelquesnotesconcernant
l aventure peu commune de mon filleul Pergolito.
Cette histoire dØbute en l an 1580 de l Łre chrØ-
tienne, il y a quelques centaines de milliers d an-
nØes. Vivaitàl ØpoqueenOrØlie,provincedelapla-
nŁteterredenotresystŁmesolaire,dansunpetitvil-
lage du nom de Caruso, une heureuse famille com-
posØe d Emilio, d’Emilienne et de leur fille unique,
Conchita.
A vingt ans, Conchita Øtait belle comme les blØs
et attirait les convoitises.
L’heureuxØlus appelaitVittorioetavaituncorps
d hidalgo : elle tomba enceinte.
8Antoine ThØrond
Un jour parfumØ de juin, toute tremblante de
bonheur et d anxiØtØ, Conchita arriva un peu en
avance aurendez-vousqu ilss Øtaient fixØ laveille,
s’adossa à un tremble qui bordait la riviŁre et atten-
dit. L’air Øtait doux et chaud. Elle se laissait bercer
parlesmiroitementsincessantsdusoleilàlasurface
de l’eau lorsqu elle sentit sur son Øpaule la douce
pression de la main de Vittorio. Elle se retourna
et Øcartant d’un geste innocent une mŁche de ses
cheveux noirs, le dØvisagea. Il souriait.
A quelques mŁtres, perdu dans la multitude du
feuillage vert, un rossignol chantait.
Quelques minutes plus tard, Conchita Øtait Øva-
nouie à c tØ du corps dØvastØ de son amant.
Ce qui restait de lui gisait l . A part quelques
mouches qui voletaient, le reste n Øtait que silence.
Les cousins de la jeune fille avaient disparu. Ils pu-
nissaient l Øtranger qui s Øtait trop servi, c est tout.
La suite, en particulier le sort de Conchita, concer-
nait le clan. Eux, ils Øtaient partis boire.
Ils n avaient pas touchØ à son corps à elle, mais
celui de l homme par contre…
Un changement d’intensitØ du silence la rØveilla.
Le chef du clan lui faisait face. Ce chef là avait
les mains moites, la parole dure et sŁche, le verbe
fouailleur, inquisiteur.
Conchitasentitaussileregarddessages-femmes,
ameutØes en demi-cercle autour d’elle, lui vriller le
sexe et les yeux, c est tout comme. Elle eut alors le
sentiment de vivre le mŒme martyr que celui subit
par son amoureux.
Enfin l instant se tut.
C estplustard,sansdoute,enentendantlaserrure
de sa chambre se refermer sur sa jeunesse, qu elle
prit le parti de tout oublier et de prolonger sa vie
assise au bord du temps.
9Pergolito
Oublierjusqu sonbØbØàvenir,jusqu ausourire
deVittorio,qu ilØtaitdouxpourtant. Elleseraitren-
trØe en elle pour ne plus en sortir. C Øtait à la finale
lepluscommodepourelle,cegrandretouràlacase
dØpart, ces retrouvailles avec soi-mŒme.
Le corps dØmembrØ de Vittorio jetØ aux chiens,
Conchita ne parla plus donc, laissant pour seul dis-
cours au monde son ventre arrondi.
Sa mŁre Emilienne espØrait l arracher à la co-
lŁre du clan et Emilio, lui, Øtait partagØ entre plu-
sieurs sentiments. Il Øtait d une haute moralitØ et
n avait rien contre les Øtrangers, mais c Øtait aussi
un homme colØrique. Sa souffrance paternelle atti-
sØe par la hargne de ses concitoyens, il se laissa ga-
gner par l hystØrie gØnØrale et, dans les affres d une
douleurrØputØeinfamante,voulutfairepØrirl impØ-
nitente. SouslesyeuxØplorØsd Emilienne,onmon-
tait le bßcher.
Mais Emilio Øtait aussi un potagiste de toute
premiŁre main, il venait d ailleurs d Œtre nommØ
la veille ma tre-potager, et sa renommØe dØpassait
largement les frontiŁres du village tant Øtait grande
sa capacitØ à mettre en valeur les terrains les moins
appropriØs à son art et surtout à en assurer la pleine
occupation. Son potager et sa fille faisaient, ou
plut t, actualitØoblige, avaient fait, sa fiertØ. L idØe
de laisser ce bas monde et sa terre sans postØritØ lui
fut vite insupportable.
La possible masculinitØ du b tard lui offrirait à
boncompteunepairedebrasquiØtaieraientlessiens
vieillissants et ma foi, s il s agissait d une fille, il
serait toujours temps de voir venir. Vittorio avait
expiØ dans les pires tourments, l honneur aux yeux
de ses concitoyens devait Œtre si ce n est sauf, tout
du moins cautØrisØ.
Homme bon s il en fut, il ne fut guŁre surpris de
retrouver en lui l odeur de sentiments pacifiques et
10Antoine ThØrond
le coeur dØfinitivement en accord avec lui-mŒme, il
passaàl offensive. Qu onnes avisepasdetoucher
à un cheveu de Conchita !
Sonavispassarapidementdustatutdeminoritaire
à celui de prØpondØrant puis d inexpugnable. Ceux
qui rØsistŁrent allŁrent rejoindre les restes du subor-
neur.
L’affairerØglØe,ilpartit terlestachesdesangqui
maculaientseseffets. Lorsque,lesmainsblancheset
mousseuses,ilcroisaleregardattendrid Emilienne,
il sut qu il avait fait fort.
Ilignoraitqu aveclagr cedesafilledØbuteraient
ses ennuis.
Conchita joignait en effet au silence une apathie
dØterminØe. Lamortnelaconcernaitpasplusquela
vie. Il fallait la porter et, comme le travail ne man-
quait pas, l installer aussi confortablement possible
quelque part au grand air afin qu elle ne moisisse
pas,vaqueràsesoccupationsetlarØcupØreràlanuit
tombØe.
Mais oø l installer ? Au milieu du potager ou
contrelemuretsouslapergola? Al ombredutilleul
ou au fond à gauche, à c tØ du robinet d arrivØe
d’eau ? Emilio en perdit le sommeil.
On pouvait, certes, lui amØnager une gentille
place au milieu, au soleil brut, sous un parasol en
ØtØ,certainainsidelagarderbienauchaudenhiver,
mais que faire alors du carrØ de tomates, fiertØ
d’entre les fiertØs, qui tr nait au centre du jardin ?
il avait beau s agiter dans tous les sens, trouver un
emplacement libre ne lui semblait pas seulement
impossible, c Øtait impossible ! Chaque proposition
que put lui faire sa femme se heurtait toujours à la
mŒme rØponse.
D accord, d accord ! A ton grØ ! Mais crŁme
d ivrogne ! chancre d Øglise ! bŒte à menstrues ! oø
mettras-tu les salsifis ? A c tØ des poireaux peut-Œtre ?
11Pergolito
Alliance contre nature ! MŁre dØnaturØe d une fille qui
n en vaut pas moins ! Tu veux faire entrer deux fois le
pØchØdansmamaison!
- Concentre-toi… tu sais bien… quand tu
t Ønerves, tu t Øpanches trop vite … et aprŁs moi, je
suis dØ ue… l’interrompait-elle doucement.
Acesujet,ilestpeut-Œtreutile,chŁredemoiselle,
de vous apporter deux prØcisions nØcessaires à la
parfaitecomprØhensiondesØvØnements,l uneayant
trait au caractŁre d Emilio, l autre à la douceur de
vivre qu il partageait avec Emilienne.
Toutd abord,nesoyezpas,outremesure,effarou-
chØeparlelangageimagØd Emilio;lespoireauxvØ-
loces, les tomates joufflues et les vaillantes endives
qu ilvendaitaumarchØ,lematinàlafra che,Øtaient
eux, arrosØs à la source de rose et de jasmin.
En ce qui concerne leur vie intime, Emilienne
et lui partageaient, en ces temps reculØs et assom-
bris, les croyances de leur clan : ils Øtaient persua-
dØsquelecerveaufonctionnaitd autantmieuxqu il
s ØchauffaitaumŒmerythmequelesinstrumentsdØ-
volusparlanatureàlasaineconsommationdesbiens
du mariage.
Ilexistaitsansnuldouteunecorrespondancechi-
mique intime entre la montØe du dØsir et l acuitØ de
la rØflexion et à cet effet les grandes dØcisions de
l Øpoque ne se prenaient que dans le secret de l al-
c ve.
LeurspremiŁresannØesdemariagelesavaientvus
ainsi conjuguer la dØcouverte ØmerveillØe des plai-
sirs de ce monde au choix de la couleur du canapØ
du salon et des motifs du papier peint ; tandis que
Conchita avait du son prØnom à la performance de
ses parents qui avaient passØ une nuit entiŁre à se
rØciter, sans faiblir, la liste des saints du calendrier,
Øliminant les uns ou les autres au grØ de l’accØlØra-
tiondeleurrythmecardiaqueetdeleurshalŁtements
respectifs.
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