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Phénix

De
380 pages
Voici le troisième roman de Jean-Marie Fonteneau. Ceux qui ont découvert ce véritable écrivain à la lecture des Champignons savent qu'ils ont affaire à un homme dont la mélancolie tonique est ouverte aux duvets les plus subtils de l'existence. Ses personnages sont toujours plus ou moins en rupture avec la civilisation où ils viennent s'inscrire mais la sensualité qui colore leur vocation d'exigence ne les prive pas de la manière de s'en servir. Ils possèdent le mode d'emploi des trésors et l'art d'accommoder la jouissance et le refus.

Dans Phénix, le narrateur rencontre Afzal, le héros, au restaurant " La Cafetière ", qui semble fait pour cela. Nous sommes en 1974. Mais Jean-Marie Fonteneau n'ignore pas que la meilleure part de séduction d'un être tient dans la trajectoire mystérieuse et fatale qui l'a conduit jusqu'à nous, et dont nous ne connaissons qu'un pointillé, passé ombreux auquel les projecteurs de la ferveur ou de la jalousie n'arrachent que de minces clartés.

Afzal porte en lui la mémoire de temps vertigineux, qui vont de l'Arabie prébiblique aux rivages contemporains de Marseille, en passant par Pompéi et la Corse de l'an mil. Fonteneau sait également que tout homme est à soi-même une histoire et une géographie. C'est pour lui l'occasion de céder à l'ivresse exquise des descriptions imaginaires : on songe à Virgile plus les envo-tements, à Gracq moins une quatrième dimension. Bref, pour ne pas en appeler à de trop grands noms, disons modestement que si Chateaubriand ou Flaubert avaient connu le Club Méditerranée, ils n'auraient pas écrit autrement.

Au fil des âges, et parce que tous les jeunes gens sont contenus en un seul, Afzal se survit à travers toutes les aventures où il se br-le, renaissant de ses cendres, à l'image de l'oiseau fabuleux qui donne son nom au titre.

La continuité dans le changement est une recette fortement préconisée. Jean-Marie Fonteneau l'utilise avec bonheur pour gouverner les quatre récits où il se propose d'affirmer que la beauté ne meurt jamais et où l'on perçoit les premiers accents de ce qui pourrait bien être l'Éternel Masculin.

Il faut cueillir ce roman comme un trèfle à quatre feuilles.

Antoine Blondin
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Voici le troisième roman de Jean-Marie Fonteneau. Ceux qui ont découvert ce véritable écrivain à la lecture des Champignons savent qu'ils ont affaire à un homme dont la mélancolie tonique est ouverte aux duvets les plus subtils de l'existence. Ses personnages sont toujours plus ou moins en rupture avec la civilisation où ils viennent s'inscrire mais la sensualité qui colore leur vocation d'exigence ne les prive pas de la manière de s'en servir. Ils possèdent le mode d'emploi des trésors et l'art d'accommoder la jouissance et le refus.

Dans Phénix, le narrateur rencontre Afzal, le héros, au restaurant " La Cafetière ", qui semble fait pour cela. Nous sommes en 1974. Mais Jean-Marie Fonteneau n'ignore pas que la meilleure part de séduction d'un être tient dans la trajectoire mystérieuse et fatale qui l'a conduit jusqu'à nous, et dont nous ne connaissons qu'un pointillé, passé ombreux auquel les projecteurs de la ferveur ou de la jalousie n'arrachent que de minces clartés.

Afzal porte en lui la mémoire de temps vertigineux, qui vont de l'Arabie prébiblique aux rivages contemporains de Marseille, en passant par Pompéi et la Corse de l'an mil. Fonteneau sait également que tout homme est à soi-même une histoire et une géographie. C'est pour lui l'occasion de céder à l'ivresse exquise des descriptions imaginaires : on songe à Virgile plus les envo-tements, à Gracq moins une quatrième dimension. Bref, pour ne pas en appeler à de trop grands noms, disons modestement que si Chateaubriand ou Flaubert avaient connu le Club Méditerranée, ils n'auraient pas écrit autrement.

Au fil des âges, et parce que tous les jeunes gens sont contenus en un seul, Afzal se survit à travers toutes les aventures où il se br-le, renaissant de ses cendres, à l'image de l'oiseau fabuleux qui donne son nom au titre.


La continuité dans le changement est une recette fortement préconisée. Jean-Marie Fonteneau l'utilise avec bonheur pour gouverner les quatre récits où il se propose d'affirmer que la beauté ne meurt jamais et où l'on perçoit les premiers accents de ce qui pourrait bien être l'Éternel Masculin.

Il faut cueillir ce roman comme un trèfle à quatre feuilles.

Antoine Blondin
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