Place du Capitole

De
Publié par

Elle rebondit avec violence contre un mur rugueux et tomba lourdement sur les fesses. Le temps passa. Mais passait-il vraiment ? Comment savoir ce que faisait le temps dans ce réduit noir. Peut-être n’existait-il plus...? Peut-être n’existait-elle plus, peut-être était-elle morte...? C’était peut-être ça, la mort, une minuscule cellule, froide, silencieuse et noire...Pour l’éternité.
Publié le : mercredi 15 juin 2011
Lecture(s) : 106
Tags :
EAN13 : 9782748102840
Nombre de pages : 81
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Avertissement de l’éditeur
manuscrit.com - maison d’édition francophone - a
pour vocation de réunir les conditions idéales pour
quetouslesmanuscritstrouventleurpublic.
Pourcefaire,manuscrit.com s’estdoté du plusgrand
réseaudelecteursprofessionnels: composédelibraires
etde critiques,ilestentièrementvoué àladécouverte
etàlapromotiond’auteursdetalents,afindefavoriser
l’édition de leurs textes.
Dansle même temps,manuscrit.com propose- pour
accélérer la promotion des oeuvres - une diffusion
immédiate des manuscrits sous forme de fichiers
électroniquesetdelivresimprimés. C’estcetteédition
quelelecteuraentrelesmains. Lesimperfectionsqu’il
ydécèlerapeut-être sont indissociables de la primeur
d’une telle découverte.
manuscrit.com
5 bis rue de l’asile Popincourt
75011 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comPlace du Capitole© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0285-1(pourle fichiernumérique)
ISBN: 2-7481-0284-3 (pour le livre imprimé)Luis Alfredo
Place du Capitole
Kidnapping
ROMANCHAPITRE 1
« L’insécurité… Entendez-vous ces hordes de
délinquantsquihantentlesruesdelaville?…Qui,ta-
pisdanslenoircomplicesdelanuitnousguettent,prêts
à bondir, à nous occire, à nous dérober nos humbles
économies?…Ah! commeestloinl’époque,oùaprès
dîner, nous pouvions flâner dans les rues, le long des
berges de la Garonne, ou sous les marronniers qui
bordent le canal, jouir de la fraîcheur estivale… Mais
comment s’étonner de cette situation ?… Comment
s’en étonner quand on voit cette armée d’étrangers
s’agglutiner à nos frontières ?… Ses bataillons envahir
nos murs ?… Comment s’en étonner quand on voit
le laxisme qui règne au plus haut niveau de l’état ?…
véritable écurie d’orgia ! »
Dans l’immense salle, barrée de calicots trico-
lores,cesparoles,qu’amplifiaitunesonorisationdigne
d’un quatuor de hard-rock, retentissaient fermement
et tombaient sur l’assistance telle la colère d’un dieu
païen. La foule, mélange bigarré de bourgeoises au
carré Hermès, d’anciens combattants d’Indochine,
d’Algérie ou bien d’ailleurs, bardés de médailles et de
banlieusards endimanchés, en instance de chômage,
suivait des yeux l’orateur qui, marathonien inlassable,
faisait les cent pas sur la tribune.
Subitement, une lumière blanche, partie d’un
projecteur que brandissait un individu à la moustache
broussailleuse, emprisonna dans son pinceau une
7Place du Capitole
tranchedel’assistance. Instantanément,lepublicsiffla
l’importun ; des quatre coins de la salle, les insultes
fusèrent.
Sur la scène, l’orateur se tut, leva les bras au ciel,
commepoursignifierqu’ilnesouhaitaitpasd’incident
avec la presse, qu’il convenait de permettre aux came-
ramen de latélévision d’accomplir leur travail en toute
tranquillité.
Lafoule,aprèsunecourtehésitation,obtempéra.
Le tribun sourit imperceptiblement.
Cefinsourire,quiretroussaleslèvresducandidat
de l’opposition, n’échappa pas à la vigilance de René
Charles de Villemur.
«Maisquediantresuis-jevenufaireici?»grom-
mela-t-il entre ses dents.
Il ferma les yeux et tenta de vider son esprit. Ses
effortsfurentvains. Ilneréussitpasàchasserl’imagede
l’orateurquigesticulaitcommeundiablesousleregard
admiratif de ses colistiers.
Ilplongealamaindanslapochedesonpardessus,
ramena à l’air libre son paquet de cigares petit calibre,
puisenplantaunentreseslèvres. Ilsaisitdanslapoche
de son gilet de flanelle son briquet.
Uninstant,ilobservalaflammeetcrutydiscerner
les traits ensanglantés de Monsieur Vialle. Immédiate-
ment,ils’ébroua,seredressaetsedirigeaverslasortie.
Sonsubterfugen’avaitpaseuraisondecefantôme
de la misère. Il espérait l’éradiquer en assistant à ce
spectacle,spectaclegrotesque,maisilvenaitderesurgir
avec violence
Aquelquesencabléesdel’immensehall«d’expo-
sition»,àl’ouestdelavillesedresseunedizained’im-
meublesauxfaçadeslépreuses,dégoulinantdelingeaux
loggia hérisséesd’antennesparaboliques.
8

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.