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Pluies

De
195 pages
Un recueil de 18 nouvelles presque ordinaires qui ont un unique point commun... la pluie.Une jeune femme se réveille de mauvaise humeur. Quelle est la vraie raison de son voyage pour les Etats Unis?Une vieille dame se retrouve devant un grand puzzle. Pendant la composition du dessin, de vieux souvenirs refont surface. Que s'est-il passé en ce lointain 1944?Un bar sans clients, trois vieillards qui se souviennent de leur jeunesse et l'arrivée spectaculaire d'un étranger fera changer bien des choses dans la vie bien ordinaire des trois amis. Qui se cache vraiment derrière le visage de l'inconnu?Un clochard, une ville inconnue et une maison hostile. Une histoire de fantomes? Peut-être, mais ce n'est certainement pas ce que vous imaginez!... et si un jour le téléphone vous harcelait?
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PluiesR.G
Pluies
NOUVELLES© manuscrit.com, 2002
ISBN: 2-7481-2407-3 (pourle fichiernumérique)
ISBN: 2-7481-2406-5 (pour le livreimprimé)Avertissementdel’éditeur
DécouvertparnotreréseaudeGrands Lecteurs(libraires,revues,critiques
littéraires etdechercheurs),cemanuscritestimprimételunlivre.
D’éventuellesfautesdemeurentpossibles;manuscrit.com,respectueusede
lamiseenformeadoptéeparchacundesesauteurs,conserve,àcestadedu
traitement de l’ouvrage, le texte en l’état.
Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com
5bis, rue de l’Asile Popincourt
75011 Paris
Téléphone:0148075000
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comCe livre est dédié à la mémoire
de Mario, Rachele
et Antonio MazzamauroAvertissement
Les situations, lieux et personnages cités dans ce
livresontfictifs. Touteressemblanceavecdessitua-
tions,lieuxoupersonnagesestpurementfortuite.
Tous droits réservés.
Copyrights © 2002 Guido Raffinatore
9UNE AVENTURE COMME LES
AUTRES
Seigneur, fais-moi sortir d’ici, libère-moi. Ful-
mine-moisi tu veux,mais jeveux sortir d’ici MAIN-
TENANT !
C’est à ce moment là que je me suis réveillée en
sueurs. Levisagehuileux,lesyeuxécarquillésfixant
leplafond,labouchegrandeouverte,happantdéses-
pérément l’oxygène qui restait dans la pièce, ne sa-
chant plus où je me trouvais.
Desimagesconfusessetrouvaientencoredansma
tête, enfouies quelque part au fin fond de mon sub-
conscient, sans que je n’aie aucun souvenir des dé-
tails qui m’avaient terrorisée au point de me faire
basculer hors de mon sommeil. La sensation d’an-
goisse qui s’était amorcée au réveil laissait deviner
la violence des cauchemars qui étaient devenus de
plus en plus fréquents.
J’enétaiarrivéeaupointdeneplusvouloirdormir
afind’éviterlesrencontresmeurtrièresdecesrêves,
confrontationsdéforméesentremespeursetmesdé-
sirsinassouvisque jen’arrivaisplusà maîtriser.
La pièce n’était pas entièrement plongée dans
l’obscurité,autraversdesstoresà lamellesbleues−
que j’avais oublié de fermer la veille− j’apercevais
la lueur naissante d’un soleil paresseux.
Tout était prêt pour le départ.
11Pluies
Posés prèsde la porte de ma chambre, une valise
encuirvertpleineàcraqueretunsacensimilirouge
où j’avais soigneusement entassé revues, cigarettes
et calmants. En les voyant là, j’ai ressenti une sou-
daine envie de tout balancer par la fenêtre, tout en
sachant qu’il me serait impossible de me priver des
deux robes achetées à la boutique Armani une se-
maine plus tôt.
Tu ne penses qu’à toi ! Aime à me répéter ma
mère.
«Etbien,cettefoisjetedonneraison. Jenepense
qu’à moi… et alors ? Appelle-moi égoïste si ça te
chante,maisjenevaistoutdemêmepasbalancerpar
la fenêtre deuxrobesquej’aipayéune fortune!»
Le départ, à proprement parler, me fichait les
boules. Une fois à bord de l’avion, j’aurais à sup-
porterneufheuresdevidesd’airetd’angoissesavant
de me retrouver à nouveau les pieds sur terre, sans
compter les longuesheures d’attente à l’aéroport de
Francfort et Baltimore.
A chaque minute qui me rapprochait du départ,
je réalisais qu’il y a parfois bien peu de chose entre
notre pauvre corps mortel etle vide absolu.
Ayant déjà eu l’occasion à plusieurs reprises de
voir à la télé le spectacle que présente un avion
écrasé et ses passagers éparpillés sur des centaines
de mètres à la ronde, l’idée qu’on ait pu venir me
ramasser à la petite cuillère pour me rassembler en-
suitesurunetabled’autopsie,installéesurplaceàla
va-vite, ne me plaisait franchement pas.
C’était tout de même la partie la moinsamusante
detoutel’histoire,jel’avoue,maisjesaissouffriren
silence et supporter, parce que j’ai l’intime convic-
tionqu’unefoisarrivéeenCalifornie,mavieprendra
une toute autre direction.
Ici mon existence s’est étalée sur une monotonie
assommante. Touslesjourslemêmeennui,lamême
12R.G
frustration, la même fatigue. Je ne veux plus passer
mon temps à attendre ce je-ne-sais-quoi qui me fuit
sanscesseetquisemblenejamaisvouloirs’intéres-
ser à moi.
De toute ma jeunesse, je n’ai rien fait d’autre
qu’attendreimpassiblecequelquechosed’indéfinis-
sable quin’a pas cessé de me boycotter, me laissant
à la merci de la médiocrité de mes rencontres et à
l’immanquable platitudede mesébats,quinem’ont
rien apporté d’autre que souffrance.
Fatiguée et encore à moitié étourdie, j’ai lorgné
sur le cadran digital de monradioréveil.
Il trônait de sa belle couleur orange au milieu de
ma table de chevet, souvenir d’un voyage fait je ne
sais plus où.
Ce truc a toujours eu le don de m’énerver, mais
va savoir pourquoi, je n’ai jamais réussi à m’en dé-
barrasser. Une épreuve supplémentaire à supporter
hormis le fardeau qu’est devenue ma vie… je sup-
pose.
C’est fou ce que le subconscient peut parfois de-
venir pervers. Il arrive à m’infliger des supplices
qu’avecunpeud’intelligenceetdebonsensjepour-
rais aisément éviter. La difficulté de l’enjeu est que
je me laisse prendre au piège sans que je n’en sois
tout de suite consciente. Ma parole ! Je dois être
maso.
Que voulez-vous ? Une fois morte je suis cer-
taine qu’onme canonisera etque je deviendrais une
Sainte, je siégerai à la droite du Seigneur et je vous
jure que je protégerai uniquement les dépressifs et
cas sociaux pathologiques.
Jedivaguaisencorequand,d’uneoreilledistraite,
j’ai entendu un petit click provenant de ma table de
chevetet,desesyeuxrouges,l’horriblechosequis’y
trouvait dessus m’a annoncé qu’il était cinq heures
onze.
13Pluies
Jesavaisquejen’allaisplusretrouverlesommeil
et même si j’y parvenais, je n’en avais plus aucune
envie. Je suis peut-être idiote, mais pas au point
devouloirreplongerdansl’explorationdemonsub-
conscient déformé, juste pour le plaisir.
Conscientedemamauvaisehumeurgrandissante,
j’aiprisleréveiletl’aibalancéautraversdelapièce.
Il a dessiné une trajectoire en demi-cercle avant de
se fracasser contre le mur. Son cycle de vie venant
subitement de prendre fin en un bruit de carcasse
écrasée qui me rappela vaguement le bruit que fait
un cafard quand on l’écrase. Contente de m’être
enfin débarrassée du monstre, je me suis levée en
m’imposant d’entamer la journée de façon positive.
Si l’idée de refaire ma vie ailleurs n’avait pas suffi
à me mettre du baume au cœur, l’envie de pouvoir
enfin me débarrasser momentanément de tous ces
parasitesquesontleshommespouvaittoutdemême
m’aider à sourire.
Nue, je me suis approchée de la fenêtre. J’ai tiré
le rideaupuisj’aiouvertlesimposteslaissantentrer
une brise qui me fit un grand bien.
Au loin je voyais le ciel prendre une coloration
mauve. Il était voilé et, au milieu de ces couleurs,
telle une aiguille d’argent, un avion tissait son fil
blanc.
Pasunseulnuageàl’horizon,doncpasdepluieen
perspective. C’étaitlà,indiscutablement,unpremier
signepositifm’annonçantunemagnifiquejournée.
Il fallait que ça continue.
Jepouvaisprévoirsansdifficultécettebellejour-
née de fin de printemps qui allait mettre un terme
définitifàmonséjourforcéenEuropequiseprolon-
geait depuis ma naissance. Le matin n’était qu’au
début de son réveil, mais à l’Est il laissait entrevoir
14R.G
la coloration rose qu’annonçait l’arrivée imminente
1de Phébus .
Le gazouillisdesoiseauxne cessaitdemerappe-
leràquelpointcevieuxcontinentm’avaitfaitsouf-
friralorsqueleparfumdesroses,quis’élevaitdepuis
lejardin,merappelaitlajoiequej’avaiséprouvéeen
me débarrassant de mon premier amant.
UnefoisdébarquéeenCalifornie,jen’auraisplus
à me souvenir du mal qu’ils m’ont fait, j’arracherai
avecplaisirtouteslespagessalesetinsignifiantesdu
livre de ma vie, qui ne m’a apportée que mortifica-
tions et humiliations.
Un volet vierge reste encore à écrire et je veux
qu’ilsoitrédigé,cettefois,avecdescaractèresindé-
lébiles.
L’idée me fit sourire.
Voilàundeuxièmesignepositifquinepouvaitpas
tromper, je devenais optimiste.
M’envoler au loin signifiait aussi ne plus avoir
à côtoyer Juanita, la concierge de l’immeuble, une
vieille peau maquillée comme une voiture volée,
éternellementaccoutréed’unvieuxchâledécrépiqui
n’avait vraisemblablement jamais vu l’ombre d’une
machine à laver.
Cette nouvelle constatation aurait pu me rendre
heureuse sur une durée inconditionnelle d’une se-
maine. Je n’allais plus jamais devoir supporter sa
voix nasillarde, finis les fleuves de paroles inutiles
dont je ne saisissais que la moitié de leur significa-
tion. Finissesblitzchezmoisansqu’ellenemepré-
vienne. Terminée, effacée. Bientôt elle rejoindrait
l’armée de gens sans importance qui avaient croisé
moncheminetquiallaientfairepartied’unpasséque
jen’auraisaucunepeineà reléguerauxoubliettes.
1. Surnomdonnédansl’antiquité àApollon, dieu de laLumièredans
l’ancienneGrèce ainsi quedieu desArts et dela Divination.
15Pluies
Amoitiédanslecirage,j’étaisarrivéesurleseuil
de la cuisine.
J’ai cherché l’interrupteur d’une main peu sûre
et j’ai appuyé dessus avec force. Une multitude de
flashs s’est alors déclenchée en parfaite synchronie.
J’ai protégé mes yeux de mon bras, alors que cette
sensation affreuse d’aveuglement venait déjà de se
dissiper.
L’éclat lumineux et le revêtement blanc qui re-
couvrait les murs de la pièce accentuaient la tache
blanche et noire qui valsait devant mes yeux puis,
merendantsoudainementcomptequejepenchaisla
tête d’un côté, j’ai éclaté de rire.
J’imaginais sans peine la scène : plantée là toute
nue, au milieu de la cuisine, balançant la tête de
gauche à droite essayant vainement de faire dispa-
raître une saleté qui n’était qu’illusion d’optique.
Unefoisressaisie,j’aiclignéplusieursfoisdesyeux
avantdemedirigerverslamachineàcaféquimefai-
saitdel’œildepuisl’armoireenformicacouleurpis-
tacheposéelààl’époquedelaconstructiondel’im-
meuble, vers la fin des années soixante.
D’une main peu assurée je l’ai enclenchée, tout
enayantconsciencequ’ilallaitfalloirattendrelong-
tempsavantdegoûteraunectarqu’elleallaitmedis-
tiller. Le temps qu’elle ne se chauffe et qu’elle ne
réalise enfin qu’il me fallait du café, j’aurais eu lar-
gementletempsdeprendreunedouchequiallaitme
mettre d’aplomb.
Surcesbonnesintentions,jemesuisdirigéedans
la salle d’eau.
Ce maudit deux pièces était vraiment mal foutu,
deuxchambresminusculesetunesalledebaind’une
surface presque égale à celle de la chambre à cou-
cher. Quoiquejepuisseendire,c’étaitbienellema
pièce préférée. Le seul endroit sur terre où je me
suis réellement sentie à l’aise avec moi-même. Pas
16R.G
de mensonges, pas de trucages. Rien que moi dans
la plus stricte intimité.
Puisil y avaitlui… le miroir.
Je suis une grande adepte des images réfléchies,
à la limite du narcissisme. Jamais je ne suis pas-
séedevantunesurfaceréfléchissantesansquejen’y
jette un coup d’œil furtif. Tout est bon si je peux
y déceler mon image : miroirs dans les ascenseurs,
les vitrines des boutiques de la galerie marchande
ou même l’écran d’ordinateur au bureau qui lui, ne
donnedemoiqu’uneimage partiellementhonnête.
Dès mon entrée dans la pièce, je n’arrivais pas
à retenir mon regard qui se dirigeait inévitablement
vers l’objet de mes angoisses.
Aucun changement, pas d’artifices et pas de
triche. Rien de tout ça n’est admis dans ce genre
de confrontation. Je suis mise à nu par ce morceau
de verre teinté d’argent et j’ai au fond de moi
cette terrible sensation de dépendance physique qui
m’interdit de m’en priver, et comme d’accoutumée,
je me suis plantée devant lui, je me suis admirée
quelques instants puis j’ai entamé mon monologue
matinal :
«Miroir,miroir,quelleimagemerends-tucema-
tin ? Suis-je aussi belle qu’hier et moins belle que
demain ? Oui, je sais… cette pétasse de Laetitia est
peut-êtreplusmignonnequemoi,maisjeneferaipas
comme la sorcière dans Blanche-Neige. Si je l’em-
poisonnais,avecquipourrais-je alorsrivaliser? »
Jesaisquec’estunpeusurfait,maisc’estexacte-
ment la sensation que j’ai éprouvée tous les matins
depuisquej’aiatteintl’âgedetreizeans. Uneenvie
irrésistible de séduire et d’être séduite malgré mon
terrible handicap.
J’ai admiré le sourire qui s’est dessiné sur mes
lèvres et je me suis sentie belle. J’observais mon
17Pluies
reflet à la recherche d’une modification quelconque
sans que je puisse pour autanten trouver.
La majorité des gens passent leur vie à fuir leurs
rides tandis que je m’acharne à vouloir en trouver à
tout prix.
Déçue, je vois la même image de tous les jours :
un visage ovale, une bouche bien dessinée et char-
nue, un nez droit et discret, le tout entouré de longs
cheveux noirs qu’aucune permanente ou brushing
a pu rendre aussi soyeuse. Mes vingt-huit ans ne
semblent guère plus vieux que vingt. J’ai la taille
d’un mannequinetl’allure d’une reine.
Je devrais en être heureuse, mais il y a ce détail,
cettepetitechosequiclocheetquim’énerveauplus
haut point.
Mon regard.
Deux jolis yeux émeraude encadrés par de longs
cils soignés qui n’attirent que des regards curieux.
Une vision que l’on préfère esquiver, fuir sans en
donner l’impression. Ils croient que je ne le re-
marque pas, mais je les vois baisser leurs yeux au
moment où ils croisent les miens. Je sais qu’ils ne
peuvent pas supporter la vue de mon œil droit. Un
œil qui louche épouvantablement.
La pupille se perd à la racine de mon nez et me
confère cet air de parfaite débile mentale, que je
traîne avec moi depuis toujours.
Jelesais,jen’inspirequedelapeine.Etc’est
exactementçaquimefoutenrogne! Leshommesne
veulentjamaispasserlestadedelasimpleaventure,
se contentant de repartir sur une promesse qu’ils ne
tiendraient pas.
Combien de fois ai-je entendu les « on se rap-
pelle»oubien«onserevoitbientôt»alorsqu’ilsne
possédaient même pas mon numéro de téléphone !
Hypocrites jusqu’à la racine des cheveux.
Pourquoi leur donner tort après tout ? Je m’ima-
gine avecpeinedevantl’autel,fixantdemonregard
18R.G
perdu les yeux du prêtre qui lui, ne me regardera
même pas au moment du baiser de fin de cérémo-
nie. Et mon mari ? Quelle fierté pourrait-il exhiber
avec une femmequiressembleà uneattardée ?
Chaque fois qu’un homme repart en fermant la
portederrièrelui,jemeretrouveseuleavecmadou-
leuretmafrustration. Pourquoileurjeterla pierre ?
Jenesuispascertainequ’àleurplacejemecompor-
terais différemment.
Dans ce cas de figure, l’handicapée c’est moi,
alorsjem’octroietouslesdroitsdemeplaindre.
Toutcecimedonnequandmêmeunevisionassez
étrange de ce que peut être notre belle fratrie qu’est
l’être humain. Des superficiels, des chafouins sans
scrupules,dufumierquin’estmêmepasdigned’être
reversé dans les cultures… Infectes parasites de la
race humaine.
Bien des fois je me suis surprise à chercher le
pourquoide l’existencedeshommes. S’ilsn’étaient
pas essentiels à la reproduction, je me serais fait un
plaisir de les supprimer de la face de la Terre. Ma
haine envers eux n’atténue cependant pas mon be-
soin bestial de leur présence physique.
Erreur ! J’ai déjà envisagé la possibilité d’une
opération, mais j’ai horriblement peur de l’échec.
Trop peur de voir s’envoler tous mes espoirs qui
s’amenuisentaufildesannéesquis’écoulent.
Comment me regarder dans une glace en sachant
que jamais mes yeux ne seront normaux ? Je suis
trop belle pour que je me languisse au fond d’une
dépression nerveuse et peut-être trop stupide pour
réussir à affronter un soupçon de vérité. Je n’ai pas
envie de m’autodétruire et finir mes jours, attachée
à un fauteuil au fin fond d’une cellule insonorisée.
Acestadeiln’yaquemoiquiexiste…etlesautres
perdent toute importance à mes yeux.
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