Pour l'amour de Dieu

De
Publié par

Thomas, 40 ans, se croit heureux dans son foyer : une femme charmante, avec laquelle il s'accorde bien, une enfant pleine de vie. Dès lors, pourquoi se soucier de la chose spirituelle ? Mais la disparition de son meilleur ami et son acceptation pour la tutelle de sa fille, vont remettre en question le fragile équilibre dont il prend conscience peu à peu.En cette période particulièrement troublée, beaucoup d'entre nous, insatisfaits de l'amour terrestre, peuvent manquer de repères religieux, de confiance en eux. Cet ouvrage se veut une pierre différente, apportée à l'édifice du monument Bonheur.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 115
EAN13 : 9782748107982
Nombre de pages : 173
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Pour l’amour de Dieu
Alain Charrier
Pour l’amour de Dieu
ROMAN
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748107993 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748107985 (pour le livre imprimé)
Avertissement de l’éditeur
Découvert par notre réseau de Grands Lecteurs (libraires, revues, critiques littéraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimé tel un livre. D’éventuelles fautes demeurent possibles ; manuscrit.com, respectueuse de la mise en forme adoptée par chacun de ses auteurs, conserve, à ce stade du traitement de l’ouvrage, le texte en l’état. Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com 5bis, rue de l’Asile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
Devant sa voiture folle, Alexandre voyait se rapprocher dangereusement la barrière de troncs d’arbres, indiquant la fin du chemin forestier. Pour tant, le jeune homme de quarante trois ans paraissait parfaitement conscient de son acte. Durant de longs mois, il avait reculé le moment où il inclinerait sa longue silhouette, pour déposer un ultime et tendre baiser sur le front d’Elodie. Pourtant, il assumait sereinement ce choix inéluctable, quand la montagne de cylindres apparaissait monstrueuse. Une lueur apaisante le traversait. Alexandre voyait défiler les scènes clé de sa vie trop courte, mais dont le prolongement devenait inutile à ses yeux. De la tendresse infinie avec la blonde Stella, de la naissance d’Elodie et encore leur profonde amitié partagée avec Thomas, puis cette terrible collision qui stoppa net leur bonheur rayonnant. Enfin, une vision fugitive : la main tendue par sa fille à son meilleur ami.
“Monsieur Thomas Ritterd ? Capitaine Géril. Excusezmoi de vous déranger ; votre carte de visite était fixée au tableau de bord du véhicule d’Alexandre Millet. Etesvous un membre de sa famille ?  Pas exactement, un ami, rectifia Thomas inquiet. Que lui estil arrivé ?  Veuillez vous rendre de suite à la gendarmerie, je vous prie. L’homme élégant de quarante ans, de taille moyenne, vêtu de jeans et veste classique, entra angoissé dans le bureau. “On vient de retrouver Monsieur Millet sans vie dans sa voiture”. Thomas fut abasourdi. Pendant quelques secondes, ses grands yeux verts fixèrent l’officier avant de fuir vers la fenêtre. Il se mordit les lèvres pour masquer sa peine. L’homme trapu marqua une pause, puis “Je suis désolé. Tout semble
7
Pour l’amour de Dieu
indiquer qu’il s’agit d’un suicide.” Les larmes aux yeux, pas vraiment surpris, Thomas demanda quand même les raisons de cette affirmation.  L’endroit est inhabituel et la violence du choc empêchait d’identifier la berline. Je vous y condui rai. Auparavant, j’aimerai que vous m’aidiez à infor mer ses proches.” Thomas prit sa tête dans ses mains, respira profondément pour se ressaisir et acquiesça de la tête, tristement mais vigoureusement. Il pen sait aux réactions prévisibles d’Elodie. “Elle a déjà perdu sa mère dans un accident de voi ture, il y a un an”, murmuratil pour luimême. Le capitaine réitéra ses regrets et proposa de l’accom pagner au lycée. “Le choc sera plus important si elle voit un uni forme. Rédigezmoi seulement une autorisation de sortie. Elle est encore mineure.  Malheureusement, elle seule est habilitée à re connaître le corps, désormais.  Elle est très courageuse et je la soutiendrai.”
Thomas ouvrit la portière, expira lentement et es saya d’atténuer sa tristesse en relâchant ses traits. Il quitta le break et se dirigea franchement vers le bu reau d’accueil. Suivie d’une secrétaire, portant pull blanc à col roulé et pantalon noir, Elodie surgit d’un pas précipité et apercevant le visiteur, s’arrêta net : “Thomas ? Que faistu ici ?  J’abrège ton cours, esquissant un sourire.  Maisinsistatelle. Il s’empara de son bras et l’entraîna.  Sortons, je vais te raconter.” Ils montèrent dans l’auto, les yeux affolés d’Elo die cherchant à croiser ceux de son guide. N’y tenant plus, elle cria : “Me dirastu enfin ?” Il prit délicatement ses mains et exposa les faits avec une rudesse invo lontaire, dans un même souffle, pour pallier une
8
Alain Charrier
interruption embarrassante de la jeune fille. Thomas reversait tout son chagrin dans les yeux de sa passa gère. Le beau regard fouilla celui de son compagnon et s’inonda brusquement : “Papa, non”, murmuratelle en hochant la tête, incrédule. Elle éclata en sanglots, tambourinant de ses poings contre la poitrine de Thomas. “Non ! Non !” Il la pressa contre lui et tenta de la consoler un peu. Bien que l’épreuve de reconnaissance du corps lui fut pénible, Elodie tint à l’effectuer de suite et à accompagner Thomas sur les lieux du drame. Elle refusait d’admettre l’évidence : “Comment atil pu m’épargner sa peine ? Il était rarement triste avec moi” s’interrogea la jeune fille. Elle grimaça, irritée, puis monta le ton : “Je lui en veux de n’avoir rien laissé paraître. Je me sens cou pable aussi de n’avoir eu aucun soupçon. C’est une souffrance qu’on aurait dû partager” regrettatelle en pleurant de plus belle. Thomas entoura ses fra giles épaules : “Bien sûr. Mais il souhaitait te rendre la vie moins morose.  Pourquoi m’atil abandonnée ? Je comptais donc si peu pour lui ? cherchatelle à comprendre.  Il veille sur toi, làhaut, comme Stella.” Thomas s’arrêta de marcher, fronça les sourcils et avança : “Il est impossible que ton père ne t’ait confié au cun message. Elodie se rappela son réveil tardif de ce matin : “Je suis partie précipitamment au lycée. Habi tuellement, je déjeune dans la cuisine. Tu as raison, il a dû y déposer un mot. Peuxtu me raccompa gner ?”. La jeune fille pénétra fébrilement dans l’ap partement et se dirigea droit vers la cuisine. “Je l’ai” annonçatelle laconique. Thomas attendit pudique ment dans le salon, qu’elle lut seule la confession paternelle. Ligne après ligne, le merveilleux regard
9
Pour l’amour de Dieu
s’assombrit davantage. Elle leva ses yeux baignés de larmes vers le ciel et se laissa glisser au sol, le long du mur. Thomas perçut le bruit de la chute et accourut dans la pièce voisine. Elodie pressait la lettre contre sa poitrine et gémissait doucement, dignement. “Laissemoi un moment, s’il te plaît” murmurat elle le visage tourné vers l’audelà.
Delphine, prévenue par son mari, reçut une nou velle pensionnaire. Celleci se jeta dans ses bras, tandis que Thomas se délestait de deux sacs pesants. Elodie n’était pas en état de rester seule dans le loft loué. “Tu es sûre que cela ne te dérange pas ? s’ex cusatelle, en pleurant de nouveau.  C’est moi qui ai insisté auprès de Thomas. Reste ici autant que tu le désireras.” Le ton était naturelle ment doux, chaleureux. L’épouse de Thomas était un peu plus jeune que lui. Rendre service était une seconde nature chez elle. Son optimisme l’empor tait toujours. Il se manifestait jusque dans le choix des couleurs vives de ses vêtements, dans la clarté de sa demeure. Elodie prit possession de la chambre libre et y passa le reste de la journée en solitaire, la tête à la fenêtre, le regard vague. Puis elle feuilleta son album de photos fétiche, qui ne quittait jamais son sac à main. Enfin, son chagrin quelque peu léni fié, elle s’étendit sur le lit et s’assoupit rapidement. La journée avait été si éprouvante qu’elle n’enten dit pas les appels de Delphine pour le dîner. Celleci fut rassurée de constater que la jeune fille dormait. Les Ritterd ne firent que grignoter. Un lourd silence régnait à table, peu troublé par le bruit des couverts dans les assiettes. Au cœur de la nuit, Thomas discerna des gémisse ments. Il pénétra sans bruit dans la pièce et épongea le front et les joues ruisselants d’Elodie. Il la prit dans ses bras et essaya de la calmer jusqu’à ce que
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.