Pour une barre de chocolat

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Au fil des décennies, Zabîneu a avancé pas à pas vers Sabine sur la corde raide du funambule, toujours en équilibre fragile, avec l'expérience comme balancier. En essayant de devenir une grande personne, une petite fille a progressivement surmonté les épreuves de la vie fortement entravée par une petite barre de chocolat.
Publié le : jeudi 15 janvier 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342033328
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342033328
Nombre de pages : 216
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Marie-Antoinette Andrei POUR UNE BARRE DE CHOCOLAT
Mon Petit Éditeur
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Pour Caroline-Anne, ma fille
Mes remerciements à Denise K. et à Claude W. pour leur participation spécifique à cet ouvrage
Avec ses pluies battantes, ses vents ébouriffants, le mois d’avril hésitait trente jours durant entre brouillards matinaux et douceur printanière avant de céder son tour à un mois de mai beaucoup plus décidé dans son choix climatique. Dès le premier jour, ce "joli mois de mai" chanté par Apollinaire, s’offrit une ouverture triomphante avec un soleil éclatant pour honorer tous les travailleurs et leur fournir ainsi un argument indiscutable pour fêter la journée non œuvrée depuis avril 1947. Tous les premiers mai, une frêle clochette blanche fédère un peuple entier dans le but unique de trouver à cueillir deux ou trois brins du muguet porte-bonheur. Ferme dans son intention de rayonner, l’astre lumineux continua jour après jour de gâter les terriens comme pour confirmer la légendaire réputation faite à ce mois ; cette période exquise ne fait-elle pas éclore tous les bonheurs et ravissements, tous les délices imaginables ? Dans le calendrier républicain, ce mois appelé « Floréal » célébrait Flore, la déesse des fleurs. Exactement une semaine après ce brillant début, le huit mai, la belle unanimité de la fête du travail se fendillait sur fond de toile historique qui véhiculait un moment moins lumineux à cause du souvenir commémoré, souvenir qui divise les esprits et les nations car une guerre se termine toujours en fourche à deux dents : victoire et défaite. Chaque année, à cette date précise qui coïncide avec sa date de naissance, Sabine quittait la France pour se fondre dans la population allemande peu désireuse de fêter sa capitulation devant les alliés, mais soulagé d’être enfin débarrassée de son dictateur fou, mégalomane, responsable de ce conflit à caractère idéologique qui avait embrasé le monde.
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POUR UNE BARRE DE CHOCOLAT
Ce jour-là, ses veines transportaient la proportion de sang qui faisait d’elle une Allemande de cœur tandis que l’autre part faisait d’elle une Française de droit, y compris par le sol. Née en France d’une mère issue de la nation des vaincus et d’un père issu de celle des vainqueurs, exactement un an après la fin des hostilités, elle y grandit et y vécut avec la possibilité permanente de s’échapper, à sa guise, chez les cousins germains vu la proximité géographique des deux pays unis par l’Alsace ; avec ses allers-retours permanents, elle ressentait une certaine fierté de jeter à elle toute seule le pont de la paix entre deux pays autrefois ennemis. Le besoin naturel de revenir lui restait implanté dans la chair comme un gène transmis par sa mère ; indéniablement, l’enfant était marqué par la double culture. Dès sa plus tendre enfance, Sabine avait appris à marcher sur le fil tendu entre deux nations, exercice qui lui demandait presque une vie entière avant d’acquérir la maîtrise du funambule. Trouver son équilibre, une quête qui aura duré des années. Aujourd’hui, l’occasion toute trouvée de la journée fériée mémorielle appelait l’enfant, devenue grand-mère, à se promener outre Rhin dans le merveilleux « Kurpark » de la très chic ville de Baden – Baden, située au pied de la Forêt Noire. Dans le parc, aux allées bordées de candélabres à six branches dont l’une débouchait sur le célèbre kiosque musical où se produisait l’orchestre philharmonique de la région à la belle saison revenue, se dressait le majestueux ensemble thermal, blanc et tout en longueur composé de trois éléments avec le e bâtiment central érigé au XIX siècle, flanqué à gauche d’une e aile aménagée au début du XX siècle comprenant le hall d’accueil avec son escalier somptueux, et à droite d’une aile datant du siècle précédent conçue pour accueillir le Casino aux e e salles décorées sur le modèle des châteaux du XVII et XVIII siècle. Le style Louis XV, ainsi que les modèles de Versailles et du Trianon ont inspiré les architectes. De douces senteurs,
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