Prise de vue

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Dans ces nouvelles, les images filmiques se présentent comme la reproduction de la perception même du réel, mais elles ont en vérité quelque chose d'évanescent, de spectral, elles sont comme frappées d'immatérialité. On est proche d'un secret murmuré, presque d'une confidence. Sous la plume aiguisée d'Hélène Garrel, tout se passe comme si les mots construisaient une réalité plus consistante et plus forte que les écrans de nos salles obscures. (Daniel Calin) "Nous entrons dans ce livre comme on entre dans une salle de cinéma, la lumière s'éteint, le générique défile, le voyage peut commencer... Dans son unité singulière et la multitude de ses pluriels, Hélène Garrel nous entraîne dans une balade poétique." (Pascal Gonzalez)
Publié le : vendredi 21 février 2014
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342019681
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342019681
Nombre de pages : 100
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Hélène Garrel PRISE DE VUE Rêveries cinématographiques
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0119394.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2014
À Ele, Aleksander, Calliope, Uriah et Solal
«Rêverie cinématographique», © Manon Giguère
À la question : qu’est-ce que le cinéma ? Eléna répond : plus que le cinéma (Cahiers du cinéma n° 78, Spécial Renoir, décembre 1957)
In Jean-Luc Godardpar Jean-Luc Godard Éditions de l’Étoile, Cahiers du cinéma, 1985
Préface Que reste-t-il en nous du film quand les lumières de la salle se rallument? Qu’en reste-t-il quand la vie reprend son cours, promenades, bistrots, conversations ? Et qu’en reste-t-il encore, bien des années plus tard ? Dès leur appréhension, les images cinématographiques sont happées par notre machinerie psychique. Elles sont malaxées, triées ou rebattues, tantôt fixées, tantôt oubliées, décomposées puis recombinées. Certaines s’effacent à peine vues et semblent ne laisser aucune trace. D’autres, fragmentées, nous hantent longtemps, tel agencement de l’espace, telle lumière sur tel ob-jet, tel regard ou tel grain de peau et, bien sûr, tel geste ébauché ou tel baiser sur grand écran. Elles irriguent nos rêveries comme nos rêves, elles nourrissent nos désirs comme nos fan-tasmes, elles travaillent notre conscience comme notre inconscient. L’auteur dans ces « rêveries » ne tente nullement de reconsti-tuer le devenir tortueux de ses souvenirs filmiques. Elle va directement à l’actuel, aux traces mémorielles présentes de films vus parfois de très longue date. Elle s’attache à revivifier les images fantomatiques qui l’ont hantée, à leur redonner consis-tance et mouvement à travers ses mots et ses phrases. Aucune recherche de fidélité vis-à-vis des images originales, bien au contraire. D’ailleurs, certains textes croisent plusieurs sources, par ce procédé onirique que la psychanalyse nomme « conden-sation ».Plutôt une plongée dans un inconscient à la fois très personnel et très cultivé par des décennies de passion du ciné-
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ma. Aussi ce livre donne-t-il à « voir » une succession de scènes originales, inédites. Réminiscences de films divers, de réalisa-teurs multiples, d’époques disparates, elles donnent pourtant une étrange impression d’unité, presque de cohérence. On est proche du secret murmuré, d’une confidence à peine masquée par les références cinématographiques. Ce qui frappe également à la lecture de cette suite sans ordre apparent de courts textes ciselés, c’est l’étrange impression que ces mots ont une force de « mise en scène » plus puissante que les images de cinéma. Paradoxalement, ils donnent à voir une « réalité »plus matérielle, plus charnelle, plus complète. Les images filmiques, qui semblent se présenter comme une simple reproduction de la perception même du réel, ont en vérité quel-que chose de vaporeux, de spectral, d’évanescent, ce que nous font parfois furtivement ressentir certains vieux films en noir et blanc. Sous la plume aiguisée d’Hélène Garrel, tout se passe comme si les mots construisaient une réalité plus consistante et plus forte que les vastes écrans de nos plus belles salles obscu-res. Puissance de la littérature.
Daniel Calin
La liste des films qui ont inspiré ces « Rêveries cinématogra-phiques », du plus loin au plus près, vous est proposée à la fin du livre.
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