Providence

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Une créature se retourne contre son auteur ; un jeune homme devient brusquement une vieille dame ; une jeune fille monte à la capitale ; un homme âgé ne comprend plus rien.
Publié le : mercredi 31 décembre 2014
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EAN13 : 9782818020159
Nombre de pages : 256
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Providence
DUMÊMEAUTEUR
chez le même éditeur
L’artpoétic’, 1988
Roméo & Juliette I, 1989 (épuisé)
Futur, ancien, fugitif, 1993
Le Colonel des Zouaves, 1997
Retour définitif et durable de l’être aimé, 2002
14.01.02, CD, 2002
Fairy queen, 2002
Un nid pour quoi faire, 2007
Un mage en été, 2010
Olivier Cadiot
Providence
P.O.L e 33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6
© P.O.L éditeur, 2015 ISBN : 978-2-8180-2014-2 www.pol-editeur.com
Quel lac aimons-nous
Ça fait un bon moment que je voulais t’écrire. J’ai attendu patiemment pour que cette démarche ne ressemble pas à un reproche. Pas question de me retrouver à crier dans le désert tout seul. Je ne suis plus un paquet en souffrance, j’ai pris tout mon temps, il y a prescription.Quelqu’un qui te déteste, et c’est réciproque, t’a un jour serré la main en utilisant cette expression. Ça commence à faire loin notre histoire. Tu as peut-être déjà oublié, et du coup, comme quelqu’un qui recommence à boire ou à fumer de l’opium sans culpabilité sous prétexte qu’il a arrêté, tu vas peut-être me trouver sympathique. C’est la même impression que de découvrir un corps très connu sous un autre angle.
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P R O V I D E N C E
Je vais te rafraîchir la mémoire. Tu m’as abandonné, disons plutôt congédié, je ne te servais plus à rien. Viré, comme un domestique. Mais tu n’étais le maître qu’en ma présence. Sans moi tu es un homme ordinaire, dominé par des passions ordinaires. Sans moi tu es seul, et un homme seul ne vaut rien du tout.
J’étais ta doublure, ton alter ego, et tu m’as laissé tomber.Pourquoi, pourquoi m?as-tu abandonné Ne crois pas que je vais me ridiculiser en hurlant une chose pareille. Tu as passé ton temps à me rêver exilé dans une île comme les naufragés des livres d’enfants. Mais tu n’as aucune idée de la souffrance réelle que peut endurer quelqu’un placé en isolement, un bandeau sur les yeux ; quelqu’un de radicalement seul. Enfermé dans la nature.
À force de crier au loup, le naufrage a fini par arriver ; mais dans ton cerveau. Et je suis passé par-dessus bord. C’est ton oubli qui m’a exilé. C’est toi qui m’as balancé dans l’eau froide sans même t’en rendre compte. Je flotte au loin dans ta mémoire. Et si tes neurones forment des archipels, je suis logé dans un repli rocheux de l’un d’eux. Tu ne me retrouveras pas.
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