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Puzzle d'ombres et de lumières

De
149 pages
Onze nouvelles disparates comme les pièces d'un puzzle métaphorique en plusieurs dimensions sur lequel se reflètent les ombres et les lumières, le propre et le figuré, le réel et l'imaginaire, le rêve et les fantasmes, l'amour et l'érotisme, la terre et la mer, la présence et l'absence, la vérité et le mensonge, la mémoire et l'oubli, l'abstinence et la dépendance, l'homme et la femme, le bien et le mal, la création et la destruction, en définitive la vie et la mort.
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Alexandre Roger
Puzzle dombres et de lumières
NOUVELLE
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2-7481-1507-4 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-1506-6 (pour le livre imprimé)
Avertissement de léditeur
Découvert par notre réseau de Grands Lecteurs (libraires, revues, critiques littéraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimé tel un livre. Déventuelles fautes demeurent possibles ; manuscrit.com, respectueuse de la mise en forme adoptée par chacun de ses auteurs, conserve, à ce stade du traitement de louvrage, le texte en létat. Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com 5bis, rue de lAsile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
LABYRINTHE
Jai lu récemment, un peu par hasard je dois le re-connaître, un article du «Herald of Science» dans sa version française dont le thème fort intéressant dailleurs ma quelque peu intrigué. Son auteur, Al-lan Mac Guiness se proposait au travers dexemples précis et dignes de foi de démontrer la réincarna-tion dun écrivain hindou Al Indiru qui vécut au XVe siècle de notre ère en la présence du généa-logiste Michèle Frédérik dont la réputation célèbre sétait forgée sur des théories défiant toute morale. Le sujet de cette sorte de thèse nest pas à discuter, ni à remettre en cause, il convient simplement de se demander si cette dernière valait la peine dêtre soutenue avec autant de fermeté dans les colonnes dun mensuel à la renommée mondiale. Etant arrivé à la fin de larticle auquel le journal consacrait plusieurs pages, je décidai de le découper afin de lexpédier par lettre recommandée à un de mes amis outre-Atlantique. Trois semaines dattente fébrile après mon envoi, je recevais sa réponse et je dois dire quelle me plongea dans un état extrême de perplexité ; elle ne tenait quen un seul mot tracé en capitale dimprimerie «MAZE» dont une traduction pouvait aussi bien être «dédale, labyrinthe» que « embarras». Je me plongeai alors durant plusieurs jours dans des recherches titanesques sur les divers sens du mot
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labyrinthe et les divers labyrinthes qui avaient ja-lonné lhistoire et la littérature. Nulle part je ne trou-vai une quelconque allusion à lauteur hindou qui, soit dit en passant, était inconnu de ma personne pourtant cultivée, ou au généalogiste dorigine alle-mande. Pourtant je ne me résignai pas à baisser les bras sans avoir combattu et je persévérai même si je de-vais me trouver en face dune nouvelle énigme du sphinx. Jeus alors lidée de me renseigner sur ces deux auteurs ; je ne connaissais le généalogiste que de simple réputation. Au bout de plusieurs mois de patientes recherches, javais découvert la trace dAl Indiru dans deux ou-vrages et deux seuls : lun américain et lautre hin-dou. Louvrage américain, une étude de «linfluence de la littérature hindoue sur le monde judéo-chré-tien» de Grégory Phasty parue aux éditions « France-outre-Atlantique» dans une traduction de Robert Brieux consacrait une note relativement courte (quelques lignes) à celui qui était considéré comme «The Tree» ; le traducteur notait en marge « arbreou dans un contexte bibliquecroix ». On apprenait notamment quAl Indiru, né vers 1450 dans la province du Pendjab, navait écrit durant sa vie quune seule et volumineuse oeuvre intitulée «Labyrinthe» et quil était mort en 1485 - mort dépuisement à sa table de travail. Par ailleurs il ne subsistait quun simple feuillet sur le millier de volumes quil avait rédigés. Ce feuillet fut confié à lun de ses disciples pour quil soit conservé à la bibliothèque de Delhi ; il ny est jamais parvenu. Grégory Phasty concluait ainsi, que le contenu très approximatif de luvre de lhindou était connu en substance par quelques initiés sans quil dévoile le moindre secret ; tout juste faisait-il allusion à un
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labyrinthe en forme darbre sans en préciser et la nature et la référence de ses sources. Je métonnai quelque peu de la présence dAl In-diru au milieu dune telle étude, à la fois littéraire et religieuse, sans quun rapport direct avec le sujet du livre soit établi. Le seul indice que javais entre les mains était lannotation «croix». Le mystère qui séchafaudait était alors le suivant : comment le journaliste Allan Mac Guiness pouvait-il avoir eu connaissance - comme ce devait être le cas pour son article retentissant - de luvre dAl Indiru alors que celle-ci avait disparu du patrimoine littéraire de la planète et que personne ne semblait en mesure de lévoquer ? Cest dans le berceau de lIndus que jal-lais découvrir naturellement les premiers éléments de réponse. Le second ouvrage, qui en fait était une ancienne encyclopédie locale, je lai découvert lors dun voyage en Inde environ trois mois après la lecture de larticle du «Herald of Science». Ma décision soudaine avait été prise dorienter mes recherches sur le pays où lécrivain vécut ; cétait une certaine façon de remonter aux sources. Le conservateur de la bibliothèque nationale de New Delhi sétait accoutumé à me voir consulter des rayons entiers de livres spécialisés du matin au soir pendant un bon mois ; à aucun moment il nétait venu me questionner sur létendue de mes recherches. Il ne sen préoccupa que le dernier jour lorsque je pous-sai un cri strident de joie à la seule vue du nom dAl Indiru en tête dun paragraphe ; il déchanta lorsquil découvrit le sujet pointu qui accaparait tout le champ de mon esprit. Avec une certaine euphorie je reco-piai soigneusement larticle pour aller létudier plus au calme dans ma chambre dhôtel. En dégustant un thé à la menthe pour me rafraî-chir, avec un flegme britannique, je me sentais de-venir le nouveau Rudyard Kipling du XXe siècle ;
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lInde, pour moi, depuis Vasco de Gama jusquau Mahatma Gandhi, navait plus de secrets. Et pour-tant le roman dAl Indiru me semblait encore un livre de la jungle qui allait se terminer - du moins je les-pérais - en conte des mille et une nuits. Je mimprégnai de larticle pour en retirer la sub-stantifique moelle. Al Indiru (1447-1485) - daprès son auteur - fut le fondateur, puisquil ny eut pas de véritable précur-seur, de la théorie de larbre labyrinthique qui nétait pas sans lien avec lArche de Noé sur laquelle avait été embarqué un couple de chaque espèce en pré-vision des quarante jours de déluge qui balayèrent toute vie à la surface de la terre. De la même façon que le récit biblique, aucun écrit dAl Indiru ne sub-sistait. Dans la suite de larticle, jappris que luvre inti-tulée «Labyrinthe» était en fait constituée dune mul-titude de textes se voulant être chacun un traité sur un individu et relatant ses relations avec les autres indi-vidus. Tous les personnages qui apparaissaient ainsi dans unchapitreavaient leur proprechapitredans le-quel ils endossaient le premier rôle. Luvre dAl Indiru nétait alors quun vaste réseau de fils - fils de la vie - entrecroisés que le lecteur prenait pour un labyrinthe. Il savérait aussi par la suite, quà la manière dAdam et Eve, ces personnages étaient tous issus dun seul et même être impalpable que lauteur de larticle identifiait à Al Indiru lui-même. Il concluait finalement son paragraphe : «Le la-byrinthe quAl Indiru avait créé à travers son livre, si on le regarde paradoxalement de plus près, nous semble alors devenir un arbre généalogique dont les branches aussi ramifiées que lhumanité tout entière sont destinées à perdre le lecteur jusquà la fin de ses jours.» Sur lexistence même dAl Indiru, je nobtins quune certitude : il navait jamais quitté sa demeure
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