Quand Charline s'endort ...

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Le style de "Quand Charline s'endort ..." est jeune et décalé, direct, sans longues descriptions à la Zola, sans tricheries ! Il décrit sans complaisance ni larmoiements gratuits le parcours initiatique de deux jeunes abandonnés par leur pairs, qui vont trouver l'un chez l'autre ce qui leur manque le plus : un regard sur eux-mêmes.
Publié le : lundi 13 juin 2011
Lecture(s) : 157
EAN13 : 9782748106985
Nombre de pages : 173
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www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comQuand Charline s’endort
...© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0699-7 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-0698-9 (pour le livre imprimé)Pierre Meremans
Quand Charline s’endort
...
ROMANQUANDCHARLINES’ENDORT…«Saygoodbyeonanightlikethis,ifit’sthelastthingweeverdo…»
TheCure:«ANightLikeThis»
91
C’est pas juste, Charline…
Pour une fois que j’arrive à lire dans tes yeux, je
n’ydécouvrequemonregardàmoi,vaguementapitoyé,
triste,toutcequetuveux,saufsurpris.Dumoins,pas
tropsurpris. Peut-êtrequej’aitoutsimplementjamais
put’imaginerdevenirvieille,c’étaitpastroptongenre.
Si ta vie doit s’arrêter ainsi, ça me paraîtra presque lo-
gique, au fond.
En toutcast’asfait fort, çac’estclair.
Il parait que tu vas mourir, je te le dis net pour
couper court au suspense. Ce qu’ils ne savent pas, les
toubibs, c’est si ça se passera demain, ou la semaine
prochaine, dans un mois ? Si tu en étais consciente,
j’imagine que tu traiterais cette nouvelle avec dédain,
comme je te connais. Peut-être que tu l’es encore à
demi, consciente, ou peut-être que tu ne ressens déjà
plusriendeleuracharnement,peut-êtrequetunede-
vines même pas ma présence,re que tu as déjà
passél’armeàgauche. Ons’enfout,despeut-être.
Ce qui compte c’est qu’on soit à nouveau réunis,
toi et moi.
C’estdrôledetevoirallongéedelasorte,mainte-
nueenviepardesliquidesetdel’électricité,toiquine
tenaisjamaisenplace,quicourraispourterendren’im-
porteoù,mêmeàl’épicerieducoinquin’étaitpourtant
distantequed’unecinquantainedemètres. Enfin,c’est
pas si drôle…
11Quand Charline s’endort ...
Là,jesuisentraindemedemandercommentj’ai
pusurvivresilongtempssanscaressertescheveuxnires-
pirertapeau. J’imaginequetunet’espasbeaucoupmé-
nagéecesdernierstemps,maist’estoujoursaussidouce,
c’est déjà ça.
Je t’emmène faire un tour dehors, d’accord ?
Surtout que tu dois en avoir marre de ces appareils
bruyants,decettechambreauxmurstropblancs…
Detoutesfaçonst’aspaslechoix,mavieille.
122
J’ai une surprise pour toi, en vérité, un petit ca-
deau d’adieu.
Avant de monter te voir, j’ai craché un bon coup
dans mes mains et j’ai construit une ville de souvenirs,
juste au pied de l’hôpital. J’ai fait ce que je pouvais
pour qu’elle ressemble à notre bonne vieille ville, celle
qui a résonné de nos meilleurs fous rires. Les murs
desmaisonssontfaitsdevieillesphotosquisebalancent
doucement au gré du vent.
Jete faisvisiter ? Iltesuffitd’imaginer…
Que la neige sale crisse sous nos pas et que nous
sommeséclairésoccasionnellementparleslampadaires
desrues. Mêmequecesjeuxd’ombrequipartentetre-
viennent me donnent chaque fois l’impression de me
déplacer sur les touches d’un piano géant, pas toi ?
Des panaches de fumée blanche s’échappent de nous à
chaqueexpiration,etnosdoigtsrougissentàvued’œil.
Dans les jardins, les gens ont disposé des guirlandes
multicolores pour fêter la Noël, dans moins d’une se-
maine. Saufquejelesaivirés,lesgens,j’avaispasenvie
qu’un sale gosse nous interrompe d’un ballon dans la
tronche.
Imaginequ’onmarchedanslanuitetquenospas
s’estompent plus vite encore que ne s’impriment nos
empreintes.
Imagine que la neige fraîche envahit tes cheveux,
souviens-toi comme tu adorais ça, avant, quand les
13Quand Charline s’endort ...
flocons fondaient sur tes joues et que tu prenais ton
élan pour déraper le long destrottoirs. Imaginequ’on
s’aime à nouveau, si on a jamais cessé, imagine qu’on
est revenu trois ans plus tôt, que je suis de retour dans
lapeau de cetadolescentfragile etdominé.
Imaginequeleventglacétemord lapeau,écoute
mes photos se gondoler vers nous, attirées par notre
chaleur, sens mes mains dans ton dos, ma bouche sur
ta nuque.
Imagine qu’on se perd dans ma ville du passé,
qu’on y marche des heures durant, que la nuit ne fi-
nit jamais. Imagine que je te serre très fort contre moi
pourteprotégerdu froid dedécembre,etquejetera-
contedeshistoirespournepasquetucèdesausommeil.
Riendetoutcelanenoussauvera,maisjesuissûr
qu’on se sentira très heureux.
Allons nous promener, Charline.
14TRAVELLING« I don’t wanna call my friends, they might wake me from this
dream »
Dido : Here with me
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