Quand les djinns ont soif

De
Ouvrage des Editions Salamata coédité par NENA.

Le visage en sueur, la bouche entrouverte et le cou en avant, le vieux maître d'école était tétanisé. Il avait les yeux rivés sur la naissance des cuisses de la jeune fille qui sans se rendre compte de l'attention dont elle faisait l'objet époussetait tranquillement les meubles du salon. Le regard du vieil homme ne parvenait pas à se détacher des jambes fines de la jeune femme : c'était une merveille. Elle se relevait et l'homme se délectait de sa démarche fluide et du balancement chaloupé de ses fesses pleines et fermes. Elle se courbait et le vieil homme suivait des yeux la cambrure de ses hanches qui faisait ressortir sa sculpture en amphore. Elle se retournait et l'homme admirait la proéminence de ses seins de vestale, fermes et bien galbés. Le stylo tomba.
Publié le : samedi 19 septembre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782370151230
Nombre de pages : 272
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Extrait
I

Le visage en sueur, la bouche entrouverte et le cou en avant, le vieux maître d’école était tétanisé. Il avait les yeux rivés sur la naissance des cuisses de la jeune fille qui sans se rendre compte de l’attention dont elle faisait l’objet époussetait tranquillement les meubles du salon.
Le regard du vieil homme ne parvenait pas à se détacher des jambes fines de la jeune femme : c’était une merveille.
Elle se relevait et l’homme se délectait de sa démarche fluide et du balancement chaloupé de ses fesses pleines et fermes.
Elle se courbait et le vieil homme suivait des yeux la cambrure de ses hanches qui faisait ressortir sa sculpture en amphore.
Elle se retournait et l’homme admirait la proéminence de ses seins de vestale, fermes et bien galbés.
Le stylo tomba.
Le vieil instit, brusquement tiré de sa rêverie sursauta et rattrapa promptement du revers de sa main gauche la bave incolore et gluante qui s’échappait de sa bouche restée entrouverte.
Il toussota légèrement. D’un geste nerveux, il releva un pan de son boubou et pour se donner de la contenance, il grommela :
  — J’ai presque dormi.

La jeune fille se retourna brusquement. Elle regarda le vieil homme de ses grands yeux de biche. Un sourire malicieux se dessina sur son visage.
Elle soupçonnait depuis fort longtemps les intentions du vieil homme. Plus d’une fois, elle avait surpris son regard libidineux sur son anatomie; ses coups d’œil furtifs, ses bégaiements, ses gestes mal assurés, tout cela avait fini par convaincre Aissata Ollel que le vieil instituteur avait beaucoup d’estime pour ses rondeurs quoi qu’il sût jusque-là réprimer ses instincts lubriques, surtout à la présence de son épouse aussi acariâtre que la sève de cailcédrat.
Il se payait même le luxe de jouer au dur à l’absence de sa femme, devenant parfois intransigeant pour peu que l’on ne le serve avec célérité.
Ollel, consciente de toute la sollicitude que le vieil instit vouait à ses grosses fesses, continuait paisiblement à exécuter sa tâche.
Elle savait néanmoins que le vieil homme était trop intelligent ou peut-être trop prudent pour franchir le pas.
Il lui fallait un petit coup de pouce, une once de courage. Les hommes, c’est cela aussi; il faut savoir les appâter, bousculer leurs instincts.
Le vieil instituteur s’était réveillé de très bonne heure pour être parmi les premiers à percevoir sa maigre pension de retraite.

Fini le temps où l’instituteur se targuait d’être un modèle; la chute du pouvoir d’achat avait fini par faire tomber l’enseignant de son piédestal. Pendant longtemps, il avait pu tant bien que mal tirer la queue du diable. Aujourd’hui, il n’en voyait plus le moindre poil.
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