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Quarante

De
167 pages
C’est l’anniversaire de Callebou, célibataire à Bruxelles. C’est aussi Mardi gras. Fin du Carême et début d’andropause, double occasion de réjouissance, de remémoration. Callebou nous guide, pour ce jour de basculement, dans un voyage particulier où son passé se mêle au présent. Au lieu de Mme Bansard-Eléonore, idéal inaccessible, nous rencontrons la pralineuse-trouilloteuse, des "ados" piercées, l’insupportable secrétaire Peggy et la Très Vieille Dame en butte à une accumulation de petits incidents. En fond, les "Quarante Rugissants" tissent leur toile...
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QUARANTE
Antoine CIBIRSKI
QUARANTE





ROMAN












Le Manuscrit
www.manuscrit.com Antoine CIBIRSKI

1


Quand Callebou s’éveilla, la lune était encore
sombre, voilée par de lourds nuages et le filtre de
pollution. Il dormait bien, mais se levait plus tôt,
anticipant de deux heures en hiver le lever du soleil,
comme pour mieux retrouver le cycle astral au printemps.
Atavisme paysan combiné au bon sens pratique transmis
par des générations de Normands âpres au gain, pour qui
le départ de bonne heure était au plus proche du bonheur.
L’âge et ses compagnes, les veilles et les prémices
d’insomnie, se faisaient aussi sentir.

“ Je ne permettrai à personne de dire que quarante
ans n’est pas le plus bel âge de la vie ”, asséna-t-il.

Au-dehors, le tumulte des restaurants et boites de
nuit s’était enfin calmé. Bruxelles sommeillait. L’heure
fatidique des ultimes sorties du karaoké “ Sherwood ”
paraissait presque lointaine. Les criailleries des femmes
avinées et les braveries rauques des compagnons de
beuverie s’étaient éteintes.
La semaine précédente, il avait été une nouvelle fois
réveillé à trois heures et demie par les cris stridents d’une
femme qu’il s'était imaginé violée sur un capot de voiture,
à la tournante, par la racaille : “ Karim, ça suffit, j’en ai ras
le bonbon ”. Puis des injures racistes lui avaient fait
craindre une incursion du Front ou une bataille nationaliste
avec le Vlaams Blok : “ Allez les Bamboulas, je vous
prends tous les trois, approchez, je vous attends. Je vais
vous donner une leçon. Vous devriez pourtant bien savoir
que la bande des “ Pralines ” ne fait pas le poids face aux
“ Quarante Rugissants ”. Ce n’était que Karim, sous
ecstasy, s’acharnant à coups de pieds contre la portière
5 QUARANTE
d’une petite R5. S’y étaient réfugiés trois Congolais
encouragés à fuir par une tapineuse ravagée.
Mais à six heures du matin, c’était bien la douce
quiétude, avant que n’arrivent les premiers éboueurs et
que les ouvriers ne fassent chauffer et tourner les
bétonnières.
Le quartier était en effet en pleine rénovation. Il était
dans cet état intermédiaire, cet équilibre instable où l’on
ne savait si les populations et commerces traditionnels
auraient la force de subsister et de se révolter ou s’ils
étaient inéluctablement condamnés à s’effacer. Les coups
de boutoir astucieux et les incitations pressantes et parfois
trébuchantes de promoteurs malins étaient efficaces. La
ville entamait sa restauration et tirait fierté de ses
bâtiments longtemps délaissés. Ces monuments faisaient
maintenant la manne d’une industrie touristique dont le
circuit intégrait moulantes brasseries et, suite logique,
recueillement post-urinoir devant le “ Manneken Piss ”.
Les organisations internationales apportaient leurs
cortèges de célibataires européens, qui avaient pour
référence des centre villes animés et culturellement actifs.
L’aubaine était belle, les enjeux substantiels. Les rares
vieux Bruxellois, les Turcs et les Africains ne feraient pas
le poids très longtemps. Le processus de “ gentrification ”
était en cours, inexorable, et conduirait dans un premier
temps à une co-habitation forcée.
Callebou était un pionnier. Ses enfants n’étaient pas
avec lui. Il n’avait pas de contraintes de lycée français,
européen ou international et n’était pas forcé d’ajouter à
l’exil bruxellois les rudesses du bannissement en banlieue
verte, peuplée de familles blondasses et de tondeuses à
gazon essentiellement dominicales, pour jardins
rituellement taillés en brosse. Il avait jeté son dévolu sur le
centre ville. Le vrai, pas celui encore NAP et Cyrillus des
Sablons, mais le rustique, l’authentique, le caustique de la
6 Antoine CIBIRSKI

Grand Place.
Il était resté prés d’un an seul, premier des
Mohicans, dans une grande maison de brasseur
transformée en cinq appartements de prestige, rue des
Houblonniers. Il avait littéralement essuyé les plâtres,
avant de voir apparaître progressivement d’autres
locataires, toujours seuls, venant de capitales proches
qu’ils rejoignaient systématiquement pour les fins de
semaines. Ses voisins n’étaient pas Américains. Ils ne se
présentèrent donc pas, sans doute pour préserver mystère,
intimité et relations de bon voisinage. C’était la
conception célibataire de la civilité. Callebou le regrettait
un peu : son antériorité lui donnait un droit d’aînesse qu’il
avait compté dilapider en prodiguant des conseils avisés à
des féaux intéressés. Une telle cérémonie d’adoubement
lui aurait en outre permis de faire connaissance avec sa
vassale du dessous, dont il avait pu trop rapidement
estimer par son visiophone la coiffure mutine.

Le quartier, comme Callebou, était à un tournant.
Rattrapé par son passé, mûri par les travaux, il se cherchait
une âme, il oscillait entre diverses pistes. Il traversait une
crise. Il entrait en quarantaine. Le quartier, lui, en avait
l’habitude. Ravagé trois siècles auparavant par les brûlots
et bombardes français, il était ressorti grandi et enjolivé de
ces épreuves par un décor en carton-pâte, successivement
adulé, oublié, débauché et retrouvé.
De son vasistas ruisselant, Callebou voyait un Saint
Michel doré. L’archange empalait de son coutelas ébréché
un dragonnet de fer blanc, se lovant apeuré et rouillé
autour de ses jambières rutilantes. C’est que son duplex
donnait sur le beffroi de la Grand Place, ou plus
exactement lui permettait d’entr’apercevoir au prix de
quelques contorsions la flèche de l’hôtel de ville. Au fur et
à mesure que l’immeuble voisin s’était lui aussi rénové,
7 QUARANTE
donc surélevé, sa vue du beffroi s’était atrophiée. Toujours
illuminée, cette flèche ciselée et jaunâtre rappelait le
mouchoir en dentelles maculées d’une douairière
brabançonne.

Callebou s’étira et admira un moment avec
satisfaction son duplex. Une charpente en V renversée
incitait gentiment à la pendaison dans les quelques
moments de déprime. L’alignement de la charpente brune
de brou de noix, de la corde et du corps pourrait alors être
admiré de l’extérieur, au travers de rideaux à lattes
métalliques couleur acier, sous un angle des plus
originaux. Dans une ville qui exposait avec succès des
tranches plastifiées de cadavres, le passant ne manquerait
pas d’y voir une manifestation supplémentaire de vigueur
artistique.
Il n’avait pas ramené sa bibliothèque de Paris et ne
réunissait donc sur le rebord des fenêtres que des livres
soigneusement sélectionnés, avec, bien en vue, la Chanson
de Roland. “ Halt sunt li puis, e li val tenebrus ”, clamait-
il souvent pour illustrer des propos très divers, tant le
vieux français annonçait déjà un génie universel. Ce vers,
par son opposition irréfutable entre montagnes et vallées,
était aussi pour lui le sommet de la poésie dialectique et
critique.
Il éternua sauvagement, hygiéniquement, comme il
faisait en conclusion de ses ablutions quotidiennes. Il
développait de toute évidence une profonde allergie à
l’eau, allergie gênante dans un pays humide. “ Jazz O3 ”
avait déjà terminé les informations et enchaîné sur “ In my
secret life ” tiré du dernier Leonard Cohen. Son café
l’attendait en bas, ainsi qu’une tartine de Krisprolls non
beurrée et un chewing-gum pour éviter un deuxième
brossage de dents.
C’était mardi 4 mars, au deuxième étage du 40, rue
8 Antoine CIBIRSKI

des Houblonniers. C’était l’anniversaire de Callebou.

“ Je ne permettrai à personne de dire que quarante
ans n’est pas le plus bel âge de la vie ”, se répéta
intérieurement Callebou en s’étirant à nouveau, comme
pour mieux se convaincre. Il était ravi de cette phrase,
réminiscence de lectures juvéniles qui lui avait permis
vingt ans avant de briller avec application auprès de ses
camarades de cellule.
9 QUARANTE
10 Antoine CIBIRSKI

II


Callebou avait des convictions politiques. Il était du
parti du Mouvement. Résolument. Il appartenait à la
mouvance technocrate et républicaine.

Ses convictions, ou plutôt sa pratique, ne reposaient
sur aucune tradition familiale, au contraire. Ses ascendants
occupaient depuis des générations un terroir longuement
étudié par des politologues, qui avaient décelé une
corrélation très étroite entre la présence de pommiers et de
boissons fermentées s’y rapportant et un vote
éternellement conservateur depuis Guillaume le
Conquérant. Ce dernier avait été, avec Lecanuet et Fabius,
l’un des rares libéraux de la région et donc contraint à
l’exil. Tous les éléments déviants avaient été à l’époque
simultanément bannis Outre-Manche. Ils avaient apporté
le progrès à des peuplades saxonnes en voie de régression,
un peu, toutes proportions gardées, comme les Huguenots
chassés par la Révocation de l’Edit de Nantes le feraient
auprès des peuplades allemandes et hollandaises. Pour
ceux qui étaient restés à Bayeux et Lisieux, le châtiment
avait été jugé cruel. Le bannissement de Guillaume avait
porté, en dissuadant tous les autochtones de quelconque
velléité altruiste ou de pensée un tant soi peu ouverte. Il y
eut pourtant des relapses deux siècles après. Ils durent
quitter leur territoire sur injonction papale, mais avec le
ferme engagement d’y revenir, s’ils rachetaient leurs
fautes. Ils le firent avec dévotion, détermination et
efficacité, s’attirant ainsi la reconnaissance éternelle des
populations Albigeoises qu’ils avaient sauvées d’une
disparition démographiquement inéluctable. Les Parfaits
prônaient en effet la non-reproduction, concept
parfaitement incompréhensible et révoltant pour nos
11 QUARANTE
imparfaits du Nord. Ils purifièrent les Cathares en les
massacrant un peu et en les violant beaucoup pour assurer
la perpétuité de la race. Ce fut un moment révélateur où
l’altruisme correspondit à l’intérêt personnel, où la somme
d’individualismes forcenés conduisit à l’intérêt général.
Mandeville, Normand d’origine lointaine, devait le
démontrer clairement par la suite avec sa fable sur les
abeilles. Ils revinrent, encore plus fidèles à l’Eglise et au
café du coin, et convaincus de l’inanité profonde de toute
originalité, originalité conduisant directement à l’hérésie.
Ce conservatisme foncier et cette rudesse naturelle
avaient toutefois des aspects positifs. Ils préservaient une
forte cohésion sociale autour de vraies valeurs comme
l’âpreté au gain, l’ardeur au travail et l’amour du calvados.
Ils favorisaient aussi l’émergence d’un bon sens pratique,
paysan et terre-à-terre qui entraînait presque à regret des
progrès infinitésimaux mais continus, terreau fertile à
l’éclosion de talents littéraires et pharmaceutiques.
Alphonse Allais en témoignerait ainsi que ses cousins un
peu ratés, Flaubert, Maupassant et Grainville. Il était
apparemment difficile de devenir un génie sur un tel
terroir. Mais, en bon principe économique, la rareté
augmente la valeur. Un génie normand est un peu comme
une belle Anglaise : le Normand est exceptionnellement et
excessivement génie ; l’Anglaise est exceptionnellement et
excessivement belle. Elle est, dans ce dernier cas, “ pétrie
de lys et de roses, de neige, de lait quant aux couleurs ;
faite de cire à l’égard des bras et des mains, de la gorge et
des pieds, mais tout cela sans âme et sans air ”
Callebou n’était pas fait de cire et commençait à
douter de son génie. Il avait cru que l’originalité politique
lui en ouvrirait la voie. Très jeune, à huit ans, des
événements inconcevables l’avaient marqué, en
introduisant d’abord le doute dans son esprit carré, puis en
lui ouvrant de nouvelles perspectives. Les événements de
12 Antoine CIBIRSKI

Mai 1968 avaient remis en cause les enseignements
paternels.
Son institutrice, Mademoiselle Bansard, avait fait
grève. Il l’avait vue manifester sur la place de la préfecture
alors qu’il accompagnait sa mère pour porter les kilos de
sucre à stocker. Elle vociférait courageusement son
soutien aux ouvriers, paysans, enseignants et étudiants, qui
menaient de toute évidence le même combat.
Mademoiselle Bansard était particulièrement belle
ce jour-là, rosie par les cris, ses longs cheveux blonds
rehaussés d’un foulard à l’indienne, son chemisier blanc
assombri par d’excitantes taches humides sous les
aisselles. Portée sur les épaules d’un collègue barbu, elle
était au centre de tous les regards. Ses traits anguleux
incarnaient la beauté révolutionnaire brute, encadrée par
les claquements de son écharpe fauve, à l’unisson des
étendards rouges et noirs. C’était sa maîtresse, sa
révélation, sa prise de conscience. Il ne pouvait contester
l’autorité et l’exemple d’une si admirable créature, qui
prenait sur ses heures de travail pour clamer la bonne
parole. Elle ne pouvait être mue que par des raisons saines
et saintes. Pourtant, il fut seul dans son entourage à être
touché par la grâce. Tous ses camarades et son grand frère,
déjà au lycée, ne retinrent de ces épisodes que des aspects
dérisoires d’adolescents privilégiés et ridicules, braillant
des slogans stupides. Ils méprisaient une génération que
seul l’argent pourrait sauver. Ils étaient post-soixante-
huitards, donc lucides. Lui était pré-soixante-huitard,
comme l’on peut être préraphaélite.

Adolescent, il lut donc en cachette les grands textes
fondateurs et monta à Paris pour exercer sa vocation
d’étudiant. Il expérimenta concrètement la lutte des classes
en protégeant de son corps déjà trapu les AG de ses
camarades fortunés contre les “ fafs ” venus du même
13 QUARANTE
milieu que lui. Il n’était pas entré en religion, mais
cherchait méthodiquement la voie qui lui semblait le plus
correspondre à son intérêt personnel tout en lui donnant
bonne conscience, notion nouvelle pour lui et combien
agréable. Son milieu familial et géographique laissait des
traces.
Il révéla dans ses études et sa praxis un excellent
sens tactique. L’engagement syndical et politique de
Callebou devenait total. Il était culturel et il assistait ainsi
avec délices aux soutenances de thèse sur “ Georges Sorel
et le syndicalisme-révolutionnaire ” en présence de hauts
responsables postiers et d’anciens espoirs de la SFIO ou
du PSA/PSU. Il y avait là aussi des “ faux communistes
avec de vrais petits-bourgeois ”, comme devait si bien le
décrire l’un de ses maîtres à penser. Sortant du restaurant
universitaire de la rue Mazet, il le rencontra un jour, revêtu
de sa cape légendaire, de son chapeau majestueux, un
journal avec une rose sous un bras et une dame brune
accrochée à l’autre. Cette rencontre le décida
définitivement à une politique d’entrisme, correspondant
aux directives de sa cellule, tout autant qu’à ses propres
affinités.
Cet engagement était aussi pré professionnel : Il
s’intégra à une équipe révolutionnaire de préparation aux
concours administratifs, une “ écurie ” dont le taux de
réussite était particulièrement élevé, tant la grande
bourgeoisie, qui la dominait, connaissait parfaitement les
codes nécessaires à la reproduction des élites. Plus que le
grand oral, qu’il passa haut la main grâce à un tirage au
sort favorable ( ” Georges Sorel était-il syndicaliste-
révolutionnaire ? ”), sa première épreuve fut le baptême de
promotion. Les enjeux étaient considérables. Il fallait
trouver un nom digne et respectable qui caractériseraient
pour la vie un groupe d’étudiants essaimant ensuite dans
les carrières les plus diverses, mais se retrouvant
14 Antoine CIBIRSKI

régulièrement au moins par la pensée et les références.
Adopter un nom consensuel aurait été une solution
de facilité et petite-bourgeoise. Cela faillit pourtant
arriver : des extrémistes raisonnables, des sociaux traîtres,
avaient proposé René Cassin, homme de courage, de
conviction et de réalisation. Résistant, Gaulliste, militant
convaincu de la cause des droits de l’homme, juriste
humaniste, précurseur visionnaire et prix Nobel de la paix.
La menace était terrible ; le danger réel. Il fallait montrer à
cette occasion qui dirigeait et éliminer toute forme
d’opposition. L’écurie révolutionnaire fit proposer le
glorieux nom de Louise Michel par une technocrate naïve
et émoustillée par l’idée, qu’elle s’appropria aussitôt. Ces
rejetons de Versaillais, anciens de “ Ginette ” et de
“ Hoche ”, s’imaginaient par leur geste héroïque ramener
du bagne les cendres de la Communarde anarchiste. Leur
Promotion serait son Panthéon. Et vice-versa…
Ce fut là que Callebou révéla pleinement des dons
tactiques qui trouvaient jusqu’alors un emploi dans des
votes de motion et des rédactions de pétition. Il déjoua
habilement le piège majoritaire en usant de l’alliance de
revers entre extrêmes, stratagème pourtant connu depuis
François Premier et Soliman le Magnifique. Il approcha
les éléments les plus conservateurs dont il sentait les
réserves à l’encontre du grand humaniste et leur suggéra,
sous forme de plaisanterie, le nom de Richelieu. Grand
homme d’Etat, centralisateur, l’homme était plus attractif
pour la droite qui pouvait donc décemment se
désolidariser de la proposition Cassin. L’homme des
sièges de la Rochelle et de Privas ne pouvait s’assurer du
transfert des voix protestantes. Cassin et Richelieu
s’annulaient. Il ne restait plus qu’à s’assurer du report des
voix féminines de Cassin à Louise Michel, ce qui se fit
sans mal par une propagande simpliste et réductionniste.
Et c’est ainsi qu’une promotion de petits hommes gris et
15 QUARANTE
de ternes femmes manipulées, dont certains et certaines
occuperaient les plus hautes fonctions dans “ l’appareil
répressif d’Etat ” ou seraient impliqués dans les
“ Quarante ”, purent invoquer le patronage d’une libertaire
féministe. Callebou exultait.

La “ Vierge Rouge ”, meurtrie d’une telle
récupération illustrant si bien la misère des microbes
humains, se retournait dans sa tombe.
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