Quartier général

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Le Livre: « Quand j'ai commencé à écrire Quartier Général, je voulais explorer l'alchimie secrète d'un destin littéraire. Je pensais à une figure d'écrivain : non celle du « grandécrivain », trop évidente, mais celle, plus mystérieuse, du météore. Qu'est-il venu dire ? Quelle est sa trace ? Que peut-on en déduire ? En cours d'écriture, j'ai vu, presque malgré moi, se dessiner une époque. Dans le livre, celle-ci correspond à la période qui va du milieu des années 70 à l'extrême fin du XXème siècle. Quelques signaux sont là, comme des symptômes. Écroulement du communisme, déroute des « grands récits », disparition des avants gardes, avènement tranquille du nihilisme mou. Le météore s'appelle Baume. L'époque, il la traverse, il l'habite à sa façon, il est son étranger de l'intérieur. Une sorte d'ermite bizarre, expérimentateur à tout va, cynique, timide, fabulateur, pianiste de jazz, toqué de mystique, fils de collectionneur d'art, capable d'entraîner un honorable professeur du Collège de France dans un improbable délire archéologique, l'auteur enfin d'un seul livre qui donne son titre à celui-ci. Une femme apparaît, l'élément aérien du livre, elle s'appelle Claudia. Une certaine géographie organise l'ouvrage : Hambourg, Paris, New York, Prague, Calcutta, et plus loin encore. Le météore se déplace, il promène avec lui son secret. On est à la fois en relation avec une vie intérieure très dense et avec l'agitation carnavalesque du monde extérieur. Certaines forces sont en présence : méditantes, réflexives, grotesques, dérisoires. Arrivé à la fin, je ne suis pas sûr que Baume soit un écrivain. Plus j'ai voulu m'approcher de son énigme et plus celle-ci s'est renforcée : de sorte que ce livre est la vision de l'énigme bien plus que sa résolution. On s'est déplacé d'un pôle mélancolique via Prague et les fantômes de la mitteleuropa vers un pôle burlesque et chimérique pour basculer finalement dans un royaume d'opérette aux confins de l'Inde et du Népal. Manière comique de donner raison au fameux apocryphe de Malraux : le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas. Le spectacle est commencé. L'ensemble est raconté par un narrateur discret, Jacques Cambray, qui a été, en quelque sorte, le témoin de Baume. Il voit les choses à sa manière, on doit lui faire confiance. Chemin faisant, il construit un curieux objet littéraire. Autobiographie ? Portrait ? Journal ? Chronique ? Aventure ? Après tout, l'écrivain, c'est peut-être lui. » M.C.
Publié le : mercredi 8 septembre 2004
Lecture(s) : 42
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782246652892
Nombre de pages : 336
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Le Livre: « Quand j'ai commencé à écrire Quartier Général, je voulais explorer l'alchimie secrète d'un destin littéraire. Je pensais à une figure d'écrivain : non celle du « grandécrivain », trop évidente, mais celle, plus mystérieuse, du météore. Qu'est-il venu dire ? Quelle est sa trace ? Que peut-on en déduire ? En cours d'écriture, j'ai vu, presque malgré moi, se dessiner une époque. Dans le livre, celle-ci correspond à la période qui va du milieu des années 70 à l'extrême fin du XXème siècle. Quelques signaux sont là, comme des symptômes. Écroulement du communisme, déroute des « grands récits », disparition des avants gardes, avènement tranquille du nihilisme mou. Le météore s'appelle Baume. L'époque, il la traverse, il l'habite à sa façon, il est son étranger de l'intérieur. Une sorte d'ermite bizarre, expérimentateur à tout va, cynique, timide, fabulateur, pianiste de jazz, toqué de mystique, fils de collectionneur d'art, capable d'entraîner un honorable professeur du Collège de France dans un improbable délire archéologique, l'auteur enfin d'un seul livre qui donne son titre à celui-ci. Une femme apparaît, l'élément aérien du livre, elle s'appelle Claudia. Une certaine géographie organise l'ouvrage : Hambourg, Paris, New York, Prague, Calcutta, et plus loin encore. Le météore se déplace, il promène avec lui son secret. On est à la fois en relation avec une vie intérieure très dense et avec l'agitation carnavalesque du monde extérieur. Certaines forces sont en présence : méditantes, réflexives, grotesques, dérisoires. Arrivé à la fin, je ne suis pas sûr que Baume soit un écrivain. Plus j'ai voulu m'approcher de son énigme et plus celle-ci s'est renforcée : de sorte que ce livre est la vision de l'énigme bien plus que sa résolution. On s'est déplacé d'un pôle mélancolique via Prague et les fantômes de la mitteleuropa vers un pôle burlesque et chimérique pour basculer finalement dans un royaume d'opérette aux confins de l'Inde et du Népal. Manière comique de donner raison au fameux apocryphe de Malraux : le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas. Le spectacle est commencé. L'ensemble est raconté par un narrateur discret, Jacques Cambray, qui a été, en quelque sorte, le témoin de Baume. Il voit les choses à sa manière, on doit lui faire confiance. Chemin faisant, il construit un curieux objet littéraire. Autobiographie ? Portrait ? Journal ? Chronique ? Aventure ? Après tout, l'écrivain, c'est peut-être lui. » M.C.
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