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Quelques nouvelles des quartiers nord 2

De
110 pages
C'est la suite de quelques nouvelles des quartiers nord. La vie continue, Régis a renoncé à sa fortune il vit du RMI en attendant de devenir le plus grand écrivain de tous les temps.La vie continue avec ses bonheurs, ses malheurs, ses gens simples, les flics, les voyous, Régis est toujours là, il observe et raconte.Il raconte la vie de ses gens, qui sont simples et attanchants. On est toujours dans le domaine du vrai et du faux. C'est une fresque sociale, avec toutes ces petites histoires à travers 22 nouvelles.
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Le Manuscrit
www.manuscrit.com














Éditions Le Manuscrit
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75011 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com © Éditions Le Manuscrit, 2004
ISBN : 2-7481-3087-1 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-3086-3 (livre imprimé)





LE RETOUR



J’étais reparti, j’écrivais nuit et nuit peut-être plus
qu’avant mais maintenant ma vie en dépendait, c’était ça
ou crever de faim. En fait ce n’était pas exactement ça,
puisqu’il me restait pas mal de frics sur mon compte, mais
je m’étais dit qu’il ne fallait pas que j’y touche ou le moins
possible, puis ce petit “break” m’avait fait du bien, ça
m’avait vidé la tête, le métier du plus grand écrivain de
tous les temps et très dur c’est une véritable torture que
d’écrire ça vous ronge le cerveau et je pense que de temps
en temps il faut arrêter sinon c’est une sorte d’overdose,
j’arrivais plus à réfléchir. Puis comme je l’ai déjà dit
c’était revenu comme c’était parti.
Pendant tous ces mois donc j’avais beaucoup lu, je
m’étais aussi occupé de mes manuscrits finalement j’en
avais envoyé deux de plus, j’attendais le courrier sans
aucune angoisse, j’avais retrouvé mes idées et ma tête était
à nouveau pleine et j’écrivais sans arrêt.
Au cours de ces mois, encore une fois j’ai beaucoup lu,
je lisais des livres que je n’avais encore jamais lus, et que
j’avais achetés depuis un moment déjà, ils y en avaient des
centaines, j’avais écouté aussi pas mal de disques.
Alors évidemment durant cette période, j’avais changé
mes habitudes, j’étais moins en bas, le matin je restais un
peu plus au lit je lisais un peu, je descendais vers les neuf
heures, j’achetais le journal, là je ne changeais pas je le
lisais à l’entrée de ma Tour, puis là aussi rien ne changeait
7QUELQUES NOUVELLES DES QUARTIERS NORD 2
après l’avoir parcouru je le balançais à la poubelle, à quoi
bon garder un journal qu’on a déjà lu. Ensuite j’allais chez
∗Bernard boire mes deux cafés quotidiens, d’ailleurs la
première fois qu’il me vit arriver si tard chez lui il
s’inquiéta, il se demandait ce qu’il m’arrivait. Ah ! L’ami
Bernard s’inquiétait toujours pour moi, d’ailleurs je
soupçonne mon père d’avoir dit à Bernard de prendre soin
de moi, surtout au point de vue moral. A Bernard je lui
avais expliqué ce que je foutais maintenant que je
n’écrivais plus, je savais que lui m’aiderait de quelques
façons que se soit même si je n’avais plus écrit, il m’aurait
sûrement embauché dans son bar une sorte d’homme à
tout faire, comme Jürgen*. Et quand je sortais de chez
Bernard je me disais : “ putain ! J’ai rien écrit sur lui ”
Mais ça ne venait pas. Une fois sortie de chez Bernard, je
restais un moment au pied de la Tour, ça circulait toujours
autant, ça faisait que ça, rentrer et sortir. Bien sûr on me
disait bonjour, certains me disaient surpris “oh Régis ! On
te voit plus” D’autres “ tu descends moins ! Hein !”
D’autres que je voyais moins souvent “ oh Régis ! Où tu
étais passé ? ” Je ne disais rien, et je remontais chez moi et
je lisais encore. Bernard me faisait porter un repas par un
jeune du quartier, d’ailleurs le premier jour qu’il ne me vit
pas vers les midi, il m’apporta lui-même le plateau repas,
c’est là que je lui expliquais que je n’arrivais plus à écrire
et que j’avais décidé de faire un peu “ le break ” et tous les
midis et soirs il me faisait porter mon plateau repas. Il
connaissait l’appartement ça lui arrivait de monter, pas
souvent disons une fois par an, après lui avoir expliqué, je
lui avais dit : “t’en fais pas, j’ai pas mal de chose à faire, je
vais relire mes manuscrits et en envoyer trois ou quatre,
puis, j’ai pas mal de livres à lire, t’en fais pas ça
reviendra”

∗ Voir quelques nouvelles des quartiers Nord
8Michel Del-Giudice

Après le repas, je lisais et je m’endormais dans ma
chambre, après cette sieste involontaire, je lisais à
nouveau, je lisais jusqu’au soir en faisant quelques poses
pour allumer une clope et pour boire un coup. Vers les
sept heures et demi huit heures du soir un autre jeune ou le
même me portait un autre plateau repas et je lui donnais le
vide tout propre. Le jeune qui me portait le plateau repas
je le connaissais c’était un gars du quartier la première fois
qu’il était venu chez moi il m’avait dit : “putain ! T’en a
des livres ! T’as lu tout ça ?”
-Non pas tous
-Tu vois moi j’aime pas lire, ça me gonfle, c’est trop
long
Je lui payais un café et il partait en me disant : “
j’espère qu’un jour t’auras du succès ” je le remerciais et
je mangeais mon plateau repas. Un moment que j’aimais,
je me glissais dans mon lit et je lisais encore jusqu’à ce
que je tombe la tête dans le livre, j’éteignais alors la
lumière et m’endormais. J’adorais ces moments, lire dans
mon lit surtout l’hiver quant on sent qu’il fait bien froid
dehors, qu’on est bien couvert, que le vent fait claquer les
volets c’est presque jouissif et je me sens euphorique.
Et voilà ça a duré des mois comme ça, et je le répète je
ne me faisais pas de soucis.
La seule chose qui me gênait encore c’est ce compte
en banque que j’avais, je trouvais que ça faisait désordre
par rapport à ce que je pensais de la vie et encore une fois
à ce que je voulais être. Aussi une après-midi j’allais voir
ma banque et vidais mon compte, sous l’air désolé du
banquier qui me regardait d’un sale œil, comme un
bourgeois regarde un ouvrier. Le lendemain de cette
opération, je décidais d’en faire la distribution à diverses
associations, je prenais les adresses dans le journal, ce ne
fut pas aussi simple que je le pensais, ça prit un peu de
temps, et il fallut que je raconte un peu ma vie. Donc à ce
9QUELQUES NOUVELLES DES QUARTIERS NORD 2
moment là j’étais souvent en ville, dans un bureau à
répondre à des questions idiotes, j’en profitais pour
m’inscrire au RMI pour pouvoir vivre. Une fois tout fait je
ne regrettais rien, je vivrai donc du RMI et je réfléchissais
aux dépenses que je faisais j’en viens à la conclusion que
finalement c’était un très bon plan. A part le loyer et
encore maintenant que j’étais au RMI j’aillais avoir des
aides je ne dépenserai pas beaucoup d’argent, j’allais en
ville une fois par mois, j’achetais une vingtaine de
bouquins ça je ne pourrai plus le faire mais ce n’était pas
grave, j’en avais encore des centaines à lire, les repas
Bernard me les faisait, je fumais, j’achetais des bières, le
RMI suffirait puis c’est plus en rapport avec mes idées,
puis d’ici là je serai le plus grand écrivain de tous les
temps mais je ne changerai pas de vie, c’est promis.
Un soir je me remis devant mon ordinateur, et c’était
reparti.













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LES CHIENS DE MON QUARTIER



Il fut une période, où dans la Tour pas mal de
locataires avaient un chien. Même, ils y en avaient qui en
possédaient plusieurs dans l’appartement pas plus de deux
quand même, on pouvait dire que tout le monde avait son
chien.
Ils y en avaient de toutes les sortes, des grands, des
petits, des gros, des maigres, des méchants, des gentils, de
toutes les races, certains avaient été trouvés, d’autres
donnés ou achetés. Certains chiens, finissaient par
ressembler à leurs maîtres, c’était : « fait moi voir
comment tu es je te dirai quel chien tu as ». C’était assez
marrant de voir tous ces gens sortir leurs chiens, pour
certains c’était une joie, d’autres une corvée, d’autres
c’était comme ça. Malheureusement comme c’est trop
souvent le cas, certaines personnes offrent un chien
comme un jouet à un enfant, un chien n’est en aucun cas
un jouet, alors là le gamin est content il descend le chien
avec joie quand il rentre de l’école, comme ça, le gamin
ressort, le mercredi il passe l’après-midi dans le quartier
en traînant le chien qui aimerait bien monter à la maison
parce qu’il en a marre de tous ces gosses qui le caressent,
lui crient après, puis jouent avec lui en le faisant courir
tant et plus, et son petit maître qui le frappe s’il n’obéit pas
pour faire l’adulte. Il y a les jeunes du quartier ceux de 15
à 20 ans, qui descendent leurs chiens, à cet âge ils se sont
aperçu qu’un chien n’est pas un jouet, que c’est un animal
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