Rando & Stiletto

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Elina, trente ans depuis environ deux ou trois ans, vit plutôt bien son célibat, entourée de sa petite bande d'amis.
Du moins, en apparence…
En effet, notre “précieuse petite princesse à paillettes”, en proie à une irrépressible peur de l'attachement, trouve toujours une bonne raison de rompre avant d'atteindre le point de non-retour.
Enfin, jusqu'à ce qu'elle rencontre un homme qui risque de changer la donne !
Jusqu'où cette invétérée citadine ira-t-elle pour donner une chance à cette rencontre inattendue ?
That is the question…
Publié le : mercredi 13 avril 2016
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EAN13 : 9791026205067
Nombre de pages : non-communiqué
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Sophia Sagnot
Rando & Stiletto
© Sophia Sagnot, 2016
ISBN numérique : 979-10-262-0506-7
Courriel : contact@librinova.com
Internet : www.librinova.com
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1
— Attends Greg … J’espère quand même que tu n’es pas sérieux là !!
Ça, c’était Élina, ou « Éli » pour les intimes. Trente ans depuis environ deux ou trois ans, brune aux cheveux longs et ondulés, yeux verts et teint mat. Ni trop grosse, ni trop maigre, pile dans la moyenne quoi ! Même constat pour sa taille, sa pointure, ainsi que son tour de poitrine, à son grand désespoir !! Voilà pour l’aspect physique …
Maintenant, concernant son caractère … Comment dire … ?? Et bien en fait, Élina était quelqu’un qui aimait son petit confort, elle était un peu … Précieuse, oui voilà, c’est le terme qui convient ! D’ailleurs, pour les « encore plus intimes », elle avait un autre petit surnom : « 4P » prononcé « fourpee » pour l’ « euméwicayne touch » !! Ce sobriquet était tout simplement l’abréviation de « Petite Princesse Précieuse à Paillettes » !
Mais c’était aussi quelqu’un de drôle et de très sympathique. Elle se prêtait d’ailleurs volontiers à une certaine autodérision et était même bien souvent la première à se moquer d’elle-même. Mais c’était plus fort qu’elle, elle avait ses petites manies et n’y pouvait rien ! C’était tout ça, Élina !
Elle se tenait debout devant Grégoire, en petite robe d’été corail, assortie à son vernis et à ses nu-pieds à talons aiguilles, les mains posées sur les hanches.
— Roohh … T’es casse-pieds Éli !! C’est une tente dernière génération, elle est top ! Avec ça, impossible de se faire mouiller en cas de pluie et il y a plein de moustiquaires qui permettent d’aérer sans se faire bouffer par les bestioles ! Et elle est hyper grande en plus, tu as vu, on peut même se tenir debout dans l’entrée !
Là, c’était Grégoire, un très bon ami d’Elina depuis le collège. Grand, brun, aux cheveux légèrement ondulés, yeux presque noirs et plutôt musclé. C’était le prototype du gars sympa, toujours d’humeur égale. Et c’était certainement pour cette raison qu’Elina et lui étaient aussi proches. Il fallait être sacrément cool pour supporter ses petits caprices depuis autant d’années ! Il était à genoux, torse nu, ne portant qu’un bermuda beige, et était en train de sortir scrupuleusement tous les éléments nécessaires au montage de la tente commune au petit groupe d’amis. Ils avaient décidé de passer quelques jours dans un camping dans les Pyrénées.
— Euh … reprit Elina. Regarde-moi bien Greg !
— Eli … lui répondit celui-ci sans même prendre la peine de la regarder, affairé qu’il était devant sa tente.
— Greg !!!
— Oui !? finit-il par lui répondre en levant les yeux vers elle, d’un ton un peu plus sec que d’habitude, sachant que là, il était quasiment au maximum de sa capacité d’énervement.
— Est-ce que j’ai vraiment la tronche de quelqu’un qui fait pipi dans des toilettes publiques ??
— Attends, c’est ça le problème ?
— Mais merde Greg ! On se connait depuis combien de temps ? Tu es en train de me dire
que tu n’as pas du tout pensé à ce « léger » détail dans ton organisation ?! Franchement, je ne sais même pas à quoi je pensais quand je t’ai donné carte blanche pour les vacances …
— Pfff …. T’es relou Eli là …, conclut Grégoire en se replongeant à son montage.
— Mais non … Elle n’est pas relou notre « fourpee », elle est juste « attachiante » ! Hein ma poule ?!
Et voici Caroline, l’amie d’enfance d’Elina. Elles se connaissaient depuis la maternelle et avaient toujours été les meilleures amies du monde. C’était une jeune femme rousse avec de grands yeux bleus et une « forte poitrine », qu’elle utilisait régulièrement pour narguer gentiment son amie. Là aussi, on pouvait dire que Caroline était pourvue d’un caractère assez facile. Elle avait pris Elina par le cou en la qualifiant d’ « attachiante », ce qui avait eu pour effet de faire sourire son amie.
— Oui, ben n’empêche qu’elle a raison Eli. Moi non plus je ne fais pas la petite et encore moins la grande commission, dans des toilettes qui voient passer des dizaines de culs à l’heure !
Le poète là, c’était Mathieu, le grand frère de Caroline. Elancé, blond au teint laiteux, et incapable de bronzer sans passer par le stade « homard ébouillanté ». Il était d’ailleurs vêtu d’un tee-shirt manches longues, malgré l’importante chaleur et après s’être enduit de crème indice 50.
Là aussi, on pouvait dire que Mathieu avait un caractère bien à lui. Pour les fans de séries américaines, il se trouvait à la jonction du voisin étrange de Monica et Rachel dans la série « Friends », et du personnage de Sheldon dans la série « The big bang theory ». Pour ceux qui ne connaissent pas ces personnages, il s’agit d’êtres assez décalés et plutôt rigides, n’ayant absolument pas peur de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas.
— Bon … Et bien, faites comme vous voulez, reprit Elina, mais moi je vais de ce pas à l’accueil du camping. Je vais leur demander s’il ne leur resterait pas un logement décent dans lequel on pourrait espérer avoir des sanitaires pour nous !
— Je t’accompagne ! ajouta Mathieu.
— Eli … Attends … dit Caroline.
Mais Elina n’avait pas attendu et était partie en trombe vers l’accueil, suivie de Mathieu.
— Oh t’inquiètes Caro ! De toute façon, il n’y avait déjà plus de mobiles homes quand j’avais appelé pour réserver ! Une fois qu’elle le saura, elle reviendra en boudant et ça passera d’ici une heure ou deux, comme d’hab’ ! conclut Grégoire en riant, toujours concentré sur sa tente.
Caroline rit à son tour tout en lançant un petit :
— Roohhh, tu exagères Greg ! Tu cherches les ennuis toi quand même !
— Ça m’éclate quand elle boude, j’adore quand elle se force à ne pas rire ! C’est un peu comme un challenge à chaque fois tu vois !
— T’es bête ! rit Caroline en s’agenouillant pour aider son ami à monter la tente. Il ne manquerait plus que ce ne soit pas en état pour la nuit !
Là pour le coup, si Elina devait carrément dormir à la belle étoile, ils risquaient de ne pas fermer l’œil de la nuit !
2
Au bout d’environ trois quarts d’heure, Elina revint, l’air furibond, toujours suivie de Mathieu. Celui-ci s’arrêta un peu avant leur emplacement, ayant trouvé un banc à l’ombre, il décida d’y faire une petite pause tranquille.
Elina se planta alors devant les deux amis agenouillés au sol et croisa les bras, sans bouger, attendant qu’ils lui accordent leur attention.
— Ah tiens, te revoilà ! constata Caroline en la regardant. Alors ? demanda-t-elle d’un air innocent.
— Et bien alors j’ai poireauté presque une heure dans un hall blindé pour m’entendre dire que le camping était complet depuis plusieurs mois déjà !! Donc voilà, c’est mort ! Je vais passer des vacances de merde avec des maux de ventre pas possibles, parce que je ne pourrais jamais aller aux toilettes dans de telles conditions !
Grégoire se moqua un peu en entendant cela.
— Oh ben tu peux rire toi hein ! Fais le malin tiens ! En attendant, tu t’étais bien gardé de nous dire qu’on allait finir tous entassés dans une tente à devoir faire la queue pour aller faire pipi !
— À ce propos, tu as pensé à prendre les tickets à l’accueil ? lui demanda Grégoire d’un air plus que sérieux.
— Quels tickets ?
— Ben ceux pour la douche ! Ils devaient nous les remettre dans la pochette d’accueil, mais ils n’y sont pas … Ils ont dû oublier …
— Hein ? Il faut des tickets pour se laver ? demanda Elina dubitative.
Pour sa défense, elle n’avait jamais mis les pieds dans un camping de sa vie !
— Putain ! Tu fais chier Greg ! Tu ne pouvais pas t’en rendre compte avant non ? Maintenant il va falloir que je me retape encore une heure de queue ! J’espère pour toi qu’il leur en reste pour ce soir ! Hors de question que je me couche sans avoir pu me rafraichir ! On crève de chaud ici, et bien évidemment, adieu la clim dans ta tente pourrie …
Elina avait de nouveau tourné les talons pour se diriger vers l’accueil, tout en poursuivant son monologue de plaintes !
Elle avait croisé Mathieu sur son passage, mais celui-ci ne l’avait pas vue, occupé qu’il était à s’assurer qu’aucune fourmi ne tente de monter sur son banc !
Après quelques minutes, Caroline pouffa de rire, suivie de Grégoire.
— Ah la vache ! Mais tu es un être machiavélique en fait toi ! finit par réussir à articuler Caroline à l’attention de Grégoire.
— Comment j’aimerais être une petite souris pour assister à la scène là !
— Tu m’étonnes !
Elina arriva enfin à l’accueil et soupira devant la dizaine de personnes qui attendaient
devant un bureau, derrière lequel ne se trouvait qu’une seule personne pour les renseigner.
— Pfff … Et bien je ne suis pas sortie de là moi … soupira Elina à voix haute, faisant se retourner sur elle l’homme qui attendait juste devant. Il était vêtu d’un short de sport et d’un marcel sur lequel était représentée une bière.
Il la toisa puis lui tourna le dos.
Après un quart d’heure sans avoir bougé d’un pouce, Elina profita du passage d’un employé du camping à proximité pour lui poser sa question :
— Excusez-moi Monsieur, je voulais juste m’assurer que je ne faisais pas la queue pour rien et qu’il vous restait bien des « tickets douche » ?
— Pardon ? lui répondit-il, les yeux grands ouverts.
L’homme devant elle se retourna à nouveau en entendant sa question, ainsi que la jeune femme devant lui.
Les voyant ainsi l’observer, Elina se défendit :
— Non, mais ça va, pas de panique ! Je ne compte pas vous passer devant ! Je demande juste !
Puis l’homme et la jeune femme qui s’étaient retournés eurent un fou rire, surprenant Elina qui ne comprenait absolument pas la raison de leur réaction.
— Mais c’est quoi votre problème exactement ? leur demanda-t-elle excédée de ne pas savoir.
— Et bien en fait Mademoiselle, reprit l’employé du camping, ça n’existe pas les « tickets douche » … Vous êtes libres d’y aller quand bon vous semble, enfin, dès qu’une cabine se libère …
L’employé en question lui avait répondu le plus posément possible, se forçant vraiment pour ne pas éclater de rire au nez d’Elina.
— Mais quel petit con ce Greg ! Ah il va m’entendre celui-là ! dit Elina à voix haute avant de quitter l’accueil, qui s’emplit d’un rire généralisé dès sa sortie.
« Madaaame veut des tickets douche !!! » Entendit-elle, ce qui la fit se figer sur place, puis, de nouveau des rires s’échappèrent derrière elle.
Elle fulmina en serrant les poings, puis repartit de plus belle en enfonçant bien ses talons aiguilles dans le sol à chaque pas.
— Je vais le tuer !! grogna-t-elle.
Lorsque Grégoire et Caroline aperçurent la silhouette rageuse d’Elina s’approcher d’eux, ils se levèrent doucement, comme on le ferait quand un dangereux prédateur s’approche de vous.
— Oh oh … dit Caroline. Tu vas morfler Greg …
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