Ranitéa

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Je me souviens que le temps s'est alors arrêté...la boule à l'estomac qui ne me quittait plus depuis le départ a disparu, du moins pas totalement, elle est remontée dans la gorge !
Un grand soulagement m'envahit mais en même temps une grande peur me paralyse! Ça y est ! On y est ! Le moment de la confrontation avec cette inconnue qui pourrait faire basculer ma vie est arrivé !


Publié le : lundi 19 octobre 2015
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EAN13 : 9782332950680
Nombre de pages : 86
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-95066-6

 

© Edilivre, 2015

Préface

A ma fille…

Il était une fois deux femmes qui ne s’étaient jamais rencontrées ;

L’une dont tu ne te souviens plus, l’autre que tu appelles Maman.

Deux vies différentes dans l’accomplissement d’une seule, la tienne.

L’une fut ta bonne étoile, l’autre est ton soleil.

La première te donna la vie, la seconde t’apprit comment la vivre.

La première créa le besoin d’amour, la seconde était là pour le combler.

L’une te donna des racines, l’autre t’offrit un nom. L’une te procura la graine du talent, l’autre te proposa un but.

L’une créa l’émotion, l’autre calma les angoisses.

L’une reçut le premier sourire, l’autre sécha les larmes.

L’une t’offrit en adoption, c’est tout ce qu’elle pouvait offrir…

L’autre pria pour avoir un enfant, et Dieu la mena vers toi.

Et maintenant, quand en pleurant tu me poses l’éternelle question :

De qui suis-je le fruit, Génération ou Education ? Ni de l’une, ni de l’autre, mon enfant,

Tout simplement de deux formes différentes de L’Amour.

Poème sud américain anonyme

Préambule

Je suis partie, à deux reprises, en 2006, à Tahiti, vivre la grande et palpitante aventure de l’adoption à la Polynésienne. Lors de mes voyages j’ai tenu un carnet de bord dans lequel j’ai consigné, chrono­logiquement, mes impressions, ressentis, émotions et sentiments.

J’ai été tentée de vous livrer ces notes et de vous les faire partager en racontant mon histoire, l’histoire formidable de deux mères, celle du ventre et celle du cœur, la première confiant son enfant à la seconde et les deux s’unissant autour de l’amour porté à cet enfant.

Mais avant d’entreprendre le récit de mon long périple au bout du monde, je veux vous donner les raisons qui m’ont poussée à faire ce voyage. Pour cela, rembobinons un peu le film de ma vie jusqu’à ce jour de février 1988, où je suis assise dans le bureau du chirurgien…

J’ai dix-sept ans et demi et je viens de subir une ablation des ovaires et des trompes, je fais face, aux côtés de ma mère, à l’homme en blouse blanche qui m’annonce froidement et sans détour :

*
*       *

« – Mademoiselle, je suis navré d’avoir à vous dire que vous ne pourrez être mère et ce, de façon irrémédiable. »

Le verdict tombe comme un couperet, ma mère est effondrée, et là, contre toute attente je réplique :

« – Qu’à cela ne tienne, je ne peux pas avoir d’enfant naturellement, eh bien j’en adopterai un ! »

Il me faudra attendre dix-huit années pour que mes propos mûrissent et deviennent réalité !

Certes, je n’ai pu biologiquement être mère mais je connais le bonheur d’être maman.

C’est cette quête d’adoptante que je vous raconte dans les pages qui suivent en espérant, au travers de la lecture de ces dernières, vous faire goûter au bonheur qui est le mien aujourd’hui et qui se nomme Iréna ou Ranitea de son nom tahitien.

Vacances d’été

Nous sommes le 18 janvier 2015, il est 21 h, je suis, comme à mon habitude, devant l’écran de mon ordinateur. Après un tour sur mon mur Facebook, après lecture de mes mails, j’ouvre une page WORD pour réécrire les premières pages de mon histoire d’adoptante.

Ma fille, âgée de huit ans, dort dans la seule chambre de mon « chez moi » comme j’aime à nommer cet ancien abri de jardin que mon pote Yvon me loue. Il y a six mois de ça, je suis partie du domicile de mon copain que j’occupais avec lui et ses deux enfants depuis bientôt cinq ans. En quête d’un logement pour ma fille et moi et devant la difficulté de trouver un logement décent à des prix abordables, j’acceptai volontiers la proposition que me firent Yvon et sa femme Gilberte de me « dépanner » en me louant un tout petit logement agrémenté, heureuse­ment, d’un grand jardin et d’une tout aussi grande piscine !

Ma fille y a passé tout l’été. Elle adore l’eau à un point tel que j’ai toutes les peines du monde à l’en sortir ! L’eau est son élément mais quoi de plus normal pour une enfant d’origine polynésienne !

Cependant il m’a fallu maîtriser ma propre angoisse de l’eau et des dangers qu’elle représente, angoisse qui resurgit quelquefois la nuit où je vis le drame récurrent de ma fille qui se noie et que je ne peux sauver !

Je n’ai pas la phobie de l’eau, je sais nager et apprécie l’eau, encore que je sois plus souvent au bord à la contempler que dedans à barboter. Cette appréhension inconsciente de l’élément liquide vient de ma petite enfance où deux événements majeurs sont sans doute responsables de cette appréhension.

Je n’étais pas née lors du premier mais il est de ces drames familiaux qui marquent les esprits et les cœurs et se transmettent oralement aux générations qui suivent.

La mort prématurée de deux jeunes enfants par noyade dans l’entourage très proche de ma famille n’est certainement pas étrangère au fait que je répète souvent le même scénario onirique tragique !

Je suis la principale actrice du deuxième événement dans le rôle de la petite fille désobéissante accompagnée par mon père dans le rôle du méchant papa qui veut donner une « leçon » à sa fille !

Tous les étés, dans ma tendre enfance, mes parents et moi passions nos vacances près de la mer sur la côte d’Azur et allions à la plage tous les matins.

Un jour de grand vent, n’écoutant pas les conseils de mon père je laissai échapper le ballon en plastique qui partit au large. En colère, mon père m’ordonna d’aller le chercher !

Ma nage était rendue difficile par les vagues que la houle formait, le ballon s’éloignait de plus en plus, je me fatiguais, je buvais la tasse une fois sur deux d’une eau aussi salée que les larmes qui coulaient alors sur mes joues !

Face aux injonctions de mon père de récupérer ce satané ballon, je pleurais de rage, de peur et d’impuissance : je ne pourrais pas rattraper mon jouet qui, irrémédiablement, prenait le large !

Mon père, qui était loin d’être un bourreau d’enfant, comprit que je ne pourrais le ramener au bord et avait prévu que j’aurais, également grande peine à regagner la plage. Il m’avait suivie et il nageait à quelques mètres de moi. Quand il jugea que la « leçon » était suffisante, il m’exhorta à grimper sur son dos. J’agrippai son cou et me laissai ramener sur la terre ferme ! Je pense que cette anecdote a marqué suffisamment mon inconscient de gamine pour expliquer aujourd’hui, mes craintes, mes réticences et mes cauchemars d’adulte, d’autant plus que je suis mère à mon tour d’une petite fille.

Eh bien, je n’ai pas fini de stresser cet été à Tahiti ! Un mois complet, que ma fille passera les pieds, mais aussi la tête dans l’eau, à la recherche de trésors marins !

Heureusement, Iréna a appris à nager et donc je suis un peu plus rassurée, confiante et puis, les 26/28 °C du lagon, ses couleurs azurées auront, je l’espère, raison de mes angoisses !

Qui n’a pas rêvé d’aller un jour sur ces plages de sable blanc bordées de cocotiers, de nager dans...

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