Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Lire un extrait Achetez pour : 7,90 €

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Partagez cette publication

Publications similaires

2
Titre
Réalité passagère
3
Titre Benjamin Gratien
Réalité passagère
Contes et Nouvelles
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9110-2 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748191103 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9111-0 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748191110 (livre numérique)
6
.
.
8
Terre fraîche
TERRE FRAÎCHE
Il y avait pas mal de types morts devant moi. Ils formaient un petit tas protecteur, à environ trente centimètres. Merci les gars, me disais-je en moi-même. Beaucoup de balles venaient se perdre dans cet amas de chair. On commençait à entendre, le bruit des projectiles s’entrechoquer les uns dans les autres. Labourés étaient ces pauvres gars, qu’on ne reconnaîtra jamais. J’étais couché, à plat ventre. Je n’étais plus que tout seul. Le seul de vivant, parce qu’ils y en avaient bien d’autres comme moi, couché à terre, gisant dans leur propre sang, dans leurs propres boyaux… Dégueulasse, tout simplement immonde ! Je ne pouvais pas bouger. Les petits gars d’en face s’en donnaient à cœur joie, avec leurs petits joujoux. Ils balayaient, sans la moindre pause, l’espace se trouvant devant eux. Heureusement pour moi, ils avaient arrêté l’artillerie, sinon, je ne suis pas certain que je pourrai encore vous parler.
9
Réalité passagère
J’avais perdu mon fusil durant ma longue course. Putain, j’allais me faire engueuler pour ça ! J’avais gravé sur la crosse, quelques petits mots personnels, qui devaient me porter chance. Ca fonctionnait bien, puisque je n’étais pas encore mort. Qu’est-ce que je pouvais bien faire pour me sortir de ce mauvais pas ? Un geste héroïque, sans arme, me conduira à la mort. Un acte non héroïque, aussi d’ailleurs. Le type à ma gauche, avait perdu un bout de son crâne. Sa cervelle s’était éparpillée un peu partout. Une dizaine de ses cellules grises faisaient une partie de cache-cache. Faut dire, il y avait tout ce qu’il fallait sur ce terrain pour se dissimuler. La plus grosse d’entre elles, n’eut que pour idée, de se cacher dans un petit trou rempli d’eau. Une cellule ne sachant pas nager (ce qui est la moindre des choses !), elle ne remonta jamais à la surface. Je les laissai se divertir tranquillement. Les gars qui me protégeaient, commencèrent à se trouver usé par la bataille. Des balles réussissaient à se frayer un chemin à travers leurs organes. L’une d’elles me passa très près de l’oreille gauche d’ailleurs. Ah, les vaches ! criai-je. Ils visent les parties sensibles. Oui, j’étais musicien avant cette satanée guerre. Mon piano et moi étions devenus
10