Retour à Green Bay (Harlequin Prélud')

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Retour à Green Bay, Margaret Watson

Au nom de ses filles et de l'amour qu elle a porté à Carter, son mari aujourd hui disparu, Kendall est restée farouchement fidèle au lien qui l'a unie à cet homme adoré. Aussi supporte-t-elle très mal de voir revenir à Green Bay le meilleur ami de Carter, Gabe Towsend l'homme qu' elle considère comme responsable de l'accident dans lequel son mari a trouvé la mort. Comment peut-il avoir le cynisme de se présenter de nouveau chez elle, de jouer avec les filles de Carter, de chercher à renouer ?
De son côté, si Gabe est revenu à Green Bay, c'est précisément parce qu'il ne peut plus accepter le mépris de Kendall, un mépris qu'il ne mérite pas. Car, profondément amoureux de la jeune femme depuis toujours, et soucieux de la ménager, il n'a que trop longtemps gardé pour lui la vérité : non seulement c'est Carter, et lui seul, qui a provoqué l'accident, mais celui-ci, loin d être l'époux idéal et fidèle qu'imagine Kendall et qui lui fait repousser tous les autres hommes, il n'a cessé d'être volage et a eu un enfant illégitime avec l'une des amies de sa femme...

Publié le : dimanche 1 juillet 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280262521
Nombre de pages : 352
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Chapitre 1
Mercredi matin
Il s’était cru prêt à affronter ce moment.
Les sept années qui s’étaient écoulées depuis son départ auraient dû l’endurcir contre les émotions. Pourtant, elles refaisaient maintenant surface : le manque, la douleur, la culpabilité et cette tension familière que Kendall Van Allen avait toujours provoquée chez lui.
En décidant de quitter Sturgeon Falls, il avait cru se débarrasser d’une partie de son passé et se donner la chance de reprendre le cours normal de sa vie. Aujourd’hui, il devait bien admettre qu’il s’était trompé.
Gabe gara sa BMW dans l’allée et observa la maison des Van Allen. La façade couleur crème, les cadres des fenêtres et des portes peints en rose et vert, et les fleurs plantées tout autour de la maison composaient un tableau joliment coloré qui se découpait nettement sur le bleu du ciel. L’endroit avait beaucoup changé.
Kendall avait-elle changé, elle aussi ?
Serait-elle heureuse de le revoir, ou bien se contenterait-elle de tolérer sa présence ? Il aurait peut-être mieux fait de garder ses distances…
Certes, c’était le comité d’organisation qui s’était occupé de lui retenir une chambre, mais il aurait pu refuser et réserver lui-même dans l’une des nombreuses autres maisons d’hôte de la région. A quoi bon raviver certaines vieilles blessures ?
Il prit une profonde inspiration puis descendit de sa voiture et referma la portière, déterminé. Puisqu’il ne s’était pas écoulé une seule journée sans qu’il ne regrette d’être parti, il n’allait pas fuir aujourd’hui. Il était las de se sentir traqué, en cavale. Et Kendall allait avoir besoin de lui, ce week-end, même si elle ne le savait pas encore.
Car, ce week-end, Sturgeon Falls s’apprêtait à rendre hommage à Carter, le défunt mari de Kendall, en donnant son nom au stade du lycée. Et ce ne serait pas le seul événement de ces journées particulières.
*  *  *
Kendall entendit frapper à la porte alors qu’elle terminait de s’habiller dans sa chambre. Elle enfila les mocassins qu’elle aimait bien, passa rapidement une main dans ses cheveux courts pour les discipliner, puis elle boutonna son chemisier tout en descendant l’escalier. Le client pour lequel le comité d’organisation avait réservé une chambre chez elle arrivait juste à l’heure.
La silhouette élancée d’un homme se dessinait à travers le verre dépoli de la porte d’entrée. Kendall vérifia une dernière fois dans le miroir de l’entrée que sa tenue était en ordre, plaqua un sourire accueillant sur son visage et ouvrit la porte.
— Bienvenue à Van Allen House, dit-elle avec autant d’amabilité que possible.
Le client se tenait de dos et, les mains dans les poches, semblait perdu dans la contemplation du jardin.
— Très joli, Kendall. Tu as réalisé un travail remarquable. On ne reconnaît plus cet endroit.
En entendant cette voix, Kendall crut recevoir un coup. Et lorsque le client se tourna et qu’elle en vit les traits, le choc s’accusa encore. Sept ans… Sept ans qu’elle ne l’avait pas revu, songea-t-elle. Mais elle l’aurait reconnu dans une foule. Ses cheveux noirs épais et ses yeux d’un bleu profond. Sa bouche sensuelle et ses traits…
— Gabe ?
— Bonjour Kendall.
Tout sourire d’hôtesse évanoui, Kendall crispa la main sur la poignée de la porte.
— Qu’est-ce que tu fais ici ?
— J’ai une réservation. Un cadeau du comité d’organisation.
— C’est toi, mon client ?
— En chair et en os.
A ce moment, elle ne songeait plus qu’à lui claquer la porte au nez. Seulement, elle n’en avait pas les moyens. Les factures attendaient sur son bureau, lui rappelant chaque matin que Van Hallen House ne pouvait se permettre de refuser un client… Alors, malgré son amertume et sa colère, elle ouvrit sa porte à Gabe Townsend et aux souvenirs qui l’accompagnaient.
— Entre, je t’en prie, dit-elle à grand-peine.
Il pénétra dans l’entrée, balayant l’endroit du regard. On aurait dit que rien ne lui échappait et qu’il enregistrait tout : la lassitude du tapis un peu élimé, la marque laissée sur le mur par la balle de l’une des filles de Kendall, les portraits de famille Allen alignés au-dessus de l’escalier.
Elle ferma la porte — un peu trop brusquement, peut-être — et demanda sèchement :
— Alors, que fais-tu ici ? Que veux-tu ?
Il posa sa petite valise de cuir.
— A part une chambre, tu veux dire ? Un « Bonjour, Gabe » serait un bon début. Et pourquoi pas « Bienvenue à Sturgeon Falls » ?
— Si tu es venu à Sturgeon Falls en espérant que je t’y accueille, tu as perdu la tête, répondit-elle en se dirigeant vers son bureau. Pour moi, tu n’as pas ta place ici.
— C’est le comité qui s’est chargé de la réservation. Ils ont dû penser que ce petit pèlerinage me ferait plaisir.
— Je n’aime pas les pèlerinages.
Elle l’observa attentivement, remarquant son attitude confiante, presque arrogante, comme s’il ne doutait pas une seule seconde.
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