Rosalinde

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Dans cette aventure, qui pourrait arriver à n'importe qui et dont nous pourrions rencontrer dans la rue les personnages qui nous ressemblent, se pose l'éternelle question de l'importance du regard d'autrui pour exister vraiment... Un regard qui peut transformer et peut-être même bouleverser une vie, un regard qui fait vivre et peut aussi tuer... Rosalinde va se trouver confrontée à Clovis. Parviendra-t-elle à le faire naître à lui-même ? Arrivera-t-il à devenir quelqu'un ? Le chemin est difficle et périlleux, très périlleux...
Publié le : jeudi 5 octobre 2006
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EAN13 : 9782748167009
Nombre de pages : 133
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Rosalinde
Michèle Latrille
Rosalinde
ROMAN
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN : 2-7481-6701-5 (fichier numérique) ISBN 13 : 9782748167016 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-6700-7 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748167009 (livre imprimé)
RO S A L I N D E
PROLOGUESept heures trente neuf ; la bonne odeur du café qui vient délicatement chatouiller les narines. Une tasse vite avalée, puis une deuxième ; c’est mauvais pour la santé mais tant pis ! on débarrasse rapidement ; on s’embrasse vite fait ; les au-revoir jusqu’à ce soir. Il est parti… Huit heures douze… un joli rai de lumière ensoleillée filtre à travers le verre dépoli de la salle de bain. On entend les oiseaux gazouiller et, de temps à autre, un véhicule démarrer. L’une après l’autre, chacune des voitures de la rue va partir pour la nouvelle journée qui commence. Tiens, Madame Marty n’a pas encore ramassé sa poubelle en maugréant contre les éboueurs qui la reposent toujours trop loin de sa porte ? Monsieur Duval ouvre sa fenêtre ; il doit être à peu près huit heures vingt cinq. Les petits bruits familiers ; les rituels du matin… Elle devrait se presser car elle a encore mille choses à faire avant de courir prendre son train, le huit heures cinquante deux.. D’un geste maladroit, pour faire vite, elle se donne un coup de rimmel en trop. Zut, elle a débordé. Du coin de l’œil, celui qui n’est pas encore maquillé, elle s’observe d’un regard critique, fait la moue.
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MI C H È L ELA T R I L L E
Elle n’est ni grande ni petite, ni belle ni laide, pas vieille encore, mais plus tout à fait jeune. Elle porte de longs cheveux, plutôt blonds il y a longtemps, souvent mal peignés malgré le soin apporté à les mettre en place. Dans ses yeux, sans couleur bien définie non plus, tirant sur le violet tout de même, seul détail qui lui permet d’échapper à la banalité, on discerne encore qu’il y a eu de la malice et même un regard avec de l’intelligence, mais sans conteste, ils ont perdu un peu de leur éclat eux aussi. Elle est là, depuis cinq minutes, à se regarder dans la glace sans complaisance, observant à regret les débuts de rides que le temps a commencé à poser au coin de ses lèvres, la « patte d’oie » qui se dessine à l’angle de ses yeux. Elle s’attriste de voir sa peau perdre de son élasticité, ses cheveux devenir secs. Ce n’est pas une grande coquette, elle ne l’a jamais été ; elle ressent néanmoins de l’amertume à observer les outrages du temps et les changements peu agréables de son apparence. Elle ne se fait guère d’illusion sur le petit miracle que pourra opérer la nouvelle crème dont elle est en train de se tartiner copieusement la figure et qui est censée « remodeler l’ovale délicat du visage » et gommer d’un seul coup, grâce à son effet liftant, les méfaits de la fatigue et du stress pour l’aider à paraître dix ans de moins. Elle sourit toute seule en pensant à toutes ces études pseudo-scientifiques qui prétendent prouver l’efficacité de produits soit disant magiques, vendus en para- pharmacie pour faire sérieux, à toutes ces femmes à qui des photos mensongères laissent croire qu’elles peuvent paraître trente ans quand elles en ont quarante ou sortir du lit comme des fleurs et être
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