Routines

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Premier roman de Stéphanie de Mareuil, Routines raconte Hélène et ses petits voyages à l’Ouest. Héroïnomane, elle boit aussi comme un trou, et couche avec n’importe qui ou presque. Travailleuse au noir et assistée sociale, elle partage son F2 avec son fils Noé, bien plus sage qu’elle. Avec l’aide d’une association, elle réussit à arrêter les drogues, alcool compris, et les comportements qui vont avec. Et elle se coltine la vie pour de vrai : elle n’a aucune idée de comment on fait quoi que ce soit. Elle pensait : « Si j’arrêtais, tout irait bien » alors qu’en fait, et pour résumer la situation, dès lors qu’elle n’a plus de problème de drogue, elle se noie dans une goutte d’eau. Roman d’apprentissage tragi-comique écrit avec pas mal de réalisme, Routines est aussi une histoire d’amour.
Publié le : vendredi 17 juin 2011
Lecture(s) : 122
EAN13 : 9782748196726
Nombre de pages : 267
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Titre
Routines
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Titre Stéphanie de Mareuil
Routines ou ma vie sans drogue
Roman
Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9672-4 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748196726 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9673-2 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748196733 (livre numérique)
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À Vincent, à Virgile À Virgile, à Vincent
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MOI JE
MOI JE
La première fois qu’on m’a demandé « Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grande ? » j’ai dit que je voudrais avoir une robe qui brille et qu’on me voie de loin. J’ai été parfaitement exaucée : je suis à présent déguisée en sarcophage doré, immobile au milieu du jardin des Tuileries. Je ne bouge pas d’une oreille, que des gens s’approchent ou pas. En fait, l’attraction consiste à me prendre en photo, avec toute la famille, les parents à ma gauche, les enfants à ma droite (ou inversement) ; et quand quelqu’un met une pièce dans la boîte juste à mes pieds, je me penche longuement pour remercier. Toutes les autres momies de Paris sont des hommes – Pakistanais - qui ne comprennent pas un mot de français et à peine un mot d’anglais. On travaille en binôme avec un marchand – Pakistanais lui aussi - qui vend des marrons l’hiver et des épis de maïs l’été. Il nous aide à enfiler notre jersey doré, puis à le retirer, et on repart comme on était venus.
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Routines
Depuis que je fais ça, je ne me nourris absolument plus que de marrons. La défonce m’a fait descendre dans des milieux variés. J’ai fait des strip-teases forains pendant un an ou deux ; j’étais persuadée que j’aimais bien ça ; à une époque c’était pratiquement une mode dans le milieu interlope et passablement paumé où je zonais : on sortait beaucoup la nuit, on dansait sur l’estrade des boîtes, on se montrait dans tous ses états, en disant qu’on s’en fichait. J’avais commencé par faire modèle pour des cours de nu, mais ma carrière a pris fin assez rapidement le jour où tout en posant j’ai fait les poches du professeur pour la troisième fois, si bien que j’ai été gaulée. J’ai pleuré quand il m’a dit que ce n’était pas la peine que je revienne. Mais qu’est-ce que j’aurais voulu ? ! J’ai beaucoup passé ma vie à tester les limites d’un peu tout le monde. À un peu trop tirer sur toutes les cordes. J’ai un fils, qui s’appelle Noé. Sa peau est douce, il a des pieds comme des bateaux dans ses Vans ; il porte toute la panoplie des skaters, caractérisée par le ben avec l’entrejambe aux genoux. C’est un préado. J’adore son vocabulaire. Il ne dit pas « Tu sais c’est quoi », comme les autres… Il dit « arrête de mytho » quand il ne croit pas un pote à lui. Moi, il ne relève jamais mes mensonges… mais il me
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