Rue de la Soie

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De retour d'Argentine, Léa Delmas, enceinte, épouse à Montillac François Tavernier. Le lendemain du mariage, à la demande de Vincent Auriol, président de la République, François part en mission en Indochine dans le but de renouer le dialogue avec le président vietnamien, Hô Chi Minh. Après la naissance de l'enfant, Léa, reconnue par d'anciens nazis argentins qui cherchent à l'abattre, gagne à son tour l'Indochine pour retrouver son mari. En dépit d'incidents douloureux et de contretemps, François parvient à rencontrer Hô Chi Minh. Mais il est trop tard pour les paroles de paix.

Débarquée à Saigon, Léa tente de rejoindre le Nord où, lui dit-on, se trouve François. Après un détour par la baie de Ha Long en compagnie d'un métis, ami d'enfance de Tavernier, devenu pirate, et avoir échappé à de nombreux dangers, elle atteint Hanoi. Elle est alors reçue dans la famille du jeune métis, dont la soeur Lien est secrètement amoureuse de François. Désavoué par les Français, arrêté par le Viêt-minh, Tavernier parvient à s'échapper. Apprenant son évasion, Léa va à sa rencontre...

Après Noir Tango, la suite de la célèbre série romanesque inaugurée par La Bicyclette bleue.
Publié le : mercredi 4 mai 1994
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782213653396
Nombre de pages : 418
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DU MÊME AUTEUR
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Remerciements
© Librairie Arthème Fayard, 1994 978-2-213-65339-6
Aux éditions Fayard :
Blanche et Lucie, roman, 1976.
Le Cahier volé, roman, 1978.
Contes pervers, nouvelles, 1980.
DU MÊME AUTEUR
La Révolte des nonnes, roman, 1980.
Les Enfants de Blanche, roman, 1982.
Lola et quelques autres
, nouvelles, 1983.
Sous le ciel de Novgorod
, roman, 1989.
La Bicyclette bleue, roman, 1981.
101, avenue Henri-Martin (La Bicyclette bleue
Le Diable en rit encore (La Bicyclette bleue
Noir Tango,roman, 1991.
Rue de la Soie,
roman, 1994.
Aux éditions Pauvert :
, tome II), roman, 1983.
, tome III), roman, 1985.
0 m'a dit,entretiens avec l'auteurd'Histoire d'O, 1975 ; nouvelle édition, 1995. Au Cherche-Midi Éditeur : Les cent plus beaux cris de femmes,1980. Poèmes de femmes, anthologie,1993. Aux éditions Nathan :
Léa au pays des dragons,conte et dessins pour enfants, 1991.
Aux éditions Ramsay :
L'Apocalypse de saint Jean, racontée et illustrée pour les enfants, 1985.
Ma cuisine, livre de recettes, 1989.
Aux éditions Albin Michel/Régine Deforges :
Le Livre du point de croix, en collaboration avec Geneviève Dormann, 1987.
Marquoirs,en collaboration avec Geneviève Dormann, 1987.
Aux éditions Albin Michel :
Pour l'amour de Marie Salat, roman, 1987.
Aux éditions du Seuil :
Le Couvent de sœur Isabelle, livre illustré pour enfants, 1991.
Léa et les diables, livre illustré pour enfants, 1991.
Léa et les fantômes, livre illustré pour enfants, 1992.
Aux éditions Plume :
Rendez-vous à Paris, illustré par Hippolyte Romain, 1992.
L'Agenda 1993 du point de croix, 1992.
L'Agenda 1994 du point de croix, 1993.
L'Agenda 1995 du point de croix, 1994.
Aux éditions Hoëbeke :
Toutes belles, sur des photos de Willy Ronis, 1992.
Aux éditions de l'Imprimerie nationale :
Juliette Gréco, sur des photos d'Irmeli Jung.
Aux éditions Spengler :
Paris chansons, photographies de Patrick Bard, 1993.
Aux éditions Calligram :
Les Chiffons de Lucie,livre illustré pour enfants, 1993.
Aux éditions Stock :
Les Poupées de grand-mère, en collaboration avec Nicole Dotton, 1994.
roman La plupart des propos tenus dans le cadre du roman par le général Leclerc, Jean Sainteny, Louis Caput, Pham Van Dông et Hô Chi Minh proviennent d'ouvrages, de correspondances ou d'entretiens consacrés par eux à l'Indochine.
A Pham Van Dông, à François Missoffe.
IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE
CINQUANTE EXEMPLAIRES
SUR PAPIER VERGÉ INGRES DE LANA
DONT TRENTE NUMÉROTÉS DE 1 À 30
QUINZE RÉSERVÉS À L'AUTEUR
ET CINQ HORS COMMERCE
NUMÉROTÉS DE H.C. I A H.C. V
LE TOUT CONSTITUANT
L'ÉDITION ORIGINALE
1.
– Léa Delmas, acceptez-vous de prendre pour époux François Tavernier, ici présent ? – Oui. Au lieu de la joie escomptée, l'angoisse envahit la jeune femme et tout se brouilla dans son esprit. ... elle entendait les vociférations des soldats allemands... le rire fou de Sarah... la musique de leur dernier tangoAdios muchachos, compañeros de mi vida... la voix d'Ernesto :Che, Léa... Pourtant, cet homme-là, auprès d'elle, c'était peu dire qu'elle l'aimait ! Sans lui, la vie ne lui paraissait tout simplement pas possible. Elle avait pris conscience de la vigueur de son amour là-bas, en Argentine, quand, marié à Sarah pour l'aider dans sa traque des criminels nazis, il avait eu envers cette femme un geste de tendresse. Devant la souffrance éprouvée, elle avait compris que c'était avec lui, et avec nul autre, qu'elle avait envie de vivre, de tout partager. Près de lui, la jolie fille fantasque et coquette était devenue une amante attentive. Non seulement c'était un amant merveilleux, mais il était le seul à apaiser ses peurs, à lui faire entrevoir un avenir heureux. Alors, pourquoi ces images de sang et de haine ?... Pourquoi cette épouvante qui la faisait trembler ?... Et cet air lancinant qu'elle ne parvenait pas à chasser :Adios muchachos...?
Le père Henri la regardait d'un air surpris ; c'était inhabituel qu'une jeune épousée fredonnât pendant la cérémonie de mariage. Plus inhabituel encore, cet air absent, indifférent même, dont elle n'était sortie qu'un bref instant, quand l'alliance avait glissé le long de son doigt, poussée brutalement par François comme pour dire : « Tu es à moi. » Celle du marié avait eu du mal à passer.
Avant de quitter la basilique de Verdelais, Léa s'était recueillie un court instant devant la petite sainte qu'elle aimait tant : Exupérance. La jolie poupée de cire aux yeux clos était toujours là, immuable. – Merci, murmura-t-elle en touchant le verre de la châsse. Ses yeux avaient alors rencontré ceux de son mari et ce qu'elle y avait lu lui avait redonné sa force un instant perdue. Blottie contre François, Léa avait cligné des yeux sur le parvis. Après la pénombre du sanctuaire, la lumière blanche de l'été blessait. Malgré la chaleur et les applaudissements d'une petite foule venue voir la mariée, elle avait frissonné. François, le visage durci, avait resserré son étreinte. Ensemble, ils revoyaient cette poursuite sous les arbres de la place, les tractions noires emportant les otages... leurs amis emprisonnés, torturés, morts... – C'est fini maintenant, je te promets que c'est fini, lui dit-il avec tendresse.
On était à la fin d'août 1947, il faisait beau, les vendanges, si le ciel continuait à se montrer clément, s'annonçaient exceptionnelles. Malgré les difficultés matérielles, les restrictions toujours en vigueur, Montillac, grâce à Alain Lebrun, redevenait peu à peu une exploitation prospère. Françoise était rayonnante avec son bébé dans les bras ; Pierre avait bien accueilli sa petite sœur, tout en regrettant que ce ne fût pas un garçon. Charles, le fils de Camille et de Laurent d'Argilat, avait beaucoup grandi. C'était un enfant calme et réfléchi qui prenait très au sérieux son rôle de parrain d'Isabelle. Il avait pleuré de joie en se jetant dans les bras de Léa : « Tu ne t'en iras plus, tu vas rester avec nous, maintenant ? » Lisa de Montpleynet se remettait de la mort de sa sœur Estelle ; presque chaque jour, à petits pas de plus en plus lents, elle allait lui rendre visite au cimetière de Verdelais. Ruth était
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