Sac de nœuds en Angoumois

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Sac de nœuds en Angoumois constitue un court roman inspiré de souvenirs personnels, d'événements découverts au cours d’une enquête littéraire et de faits vécus. Ce livre se borne à faire visiter au lecteur les coulisses longtemps tenues secrètes d'une ville provinciale et de ses environs immédiats, d’où la présence de quelques descriptions et évocations croustillantes jusqu'au dramatique accident final offert en guise de conclusion. L'auteur tient enfin à préciser que cet ouvrage se situe entièrement dans le département dont il est lui-même originaire : la Charente.


Publié le : vendredi 22 janvier 2016
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EAN13 : 9782334076661
Nombre de pages : 44
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-07664-7

 

© Edilivre, 2016

Du même auteur

Du même auteur :

– La rencontre, éditions Publi-Nord.

– L’énigme du quai des Glycines, éditions Edilivre.

– Claire jusqu’au bout de la nuit, éditions des Presses de Valmy.

– Christophe au gré des jours, éditions Edilivre.

– Hugo, une vie d’aventures, éditions Edilivre.

– Le médecin de Coulgens, éditions Edilivre.

– La tristesse de vieillir, éditions Edilivre.

 

 

L’auteur entend informer le lecteur que ce roman est une fiction et qu’en conséquence, toute similitude éventuelle avec des personnes et événements réels ne pourrait être que fortuite et absolument indépendante de sa volonté.

Grégory

Grégory Delavie a vingt-deux ans. Il est étudiant en Droit à Poitiers et ses parents habitent au bourg de Chaviniers, à une douzaine de kilomètres d’Angoulême. C’est un grand brun, sportif, « bien balancé », comme on dit, sans avoir une carrure d’athlète, et plutôt assez joli garçon. Mais il est assez timide. Surtout avec les filles. D’ailleurs, il est encore puceau mais n’aimerait pas qu’on le sache car il joue, comme beaucoup de copains de son âge, au « coq du village », à l’irrésistible tombeur.

Pourquoi se sentait-il soudainement aussi épuisé ce matin ? C’était, il est vrai, au lendemain d’une interminable surprise-partie au domicile des parents – absents ce soir-là – de son meilleur ami, Marc, à Ligugé, près de Poitiers. Et pourquoi donc avaient-ils tous tant bu au cours de cette mémorable nuit blanche ? Ils n’avaient pas fait dans le détail : whisky, bourbon, gin, vodka, armagnac, cognac, alcool de prune, tout y était passé… Et ils avaient dansé comme des dingues au son de cette chaîne hifi abrutissante. Et puis, évidemment, comme on s’en doute, ils avaient fait des folies de leurs corps dévêtus dans toutes les pièces de la maison : sur les lits, les deux canapés, les fauteuils du salon, à même la moquette, et certains sur le carrelage de la cuisine ! À l’aube, on respirait partout du sperme séché et l’âcre odeur de la marijuana. Et Grégory, malgré des réticences dues à son inexpérience, avait fini par se laisser entraîner dans la sarabande érotique ambiante. Ainsi venait-il de connaître son premier rapport sexuel avec une cousine de Marc, Véronique Moreau, beaucoup plus âgée que lui et qui avait depuis longtemps rencontré le loup. Elle avait une bonne trentaine d’années et lui avait dit, non sans provocation : « J’aime beaucoup les grosses queues bien raides ! » C’est une sacré vicieuse, subodorait-il après coup. Elle l’avait longuement sucé avant de le chevaucher avec frénésie – sans doute une habituée des parties de jambes en l’air et, peut-être, des partouzes. Et pourquoi donc avait-elle énergiquement refusé l’utilisation d’un préservatif, comme le lui avait pourtant conseillé son père à lui bien qu’il fût avare de propos à caractère intime ?

En tout cas, le jeune homme, en prolongeant une grasse matinée cafouillarde dans sa chambre aux fenêtres donnant sur la place de l’église du bourg de Chaviniers, s’inquiète, en ce congé de Toussaint doublé d’un gros rhume intempestif, des tremblements qui parcourent son corps, des abondantes suées qui ruissellent de son front, son torse, son dos, de sentir ses jambes flasques, d’avoir la désagréable impression d’avoir été roué de coups, battu comme plâtre, flagellé, lapidé. À sa mère qui, tandis qu’il prend un café au lait d’un air encore somnolant, lui trouve une mine de « papier mâché », il avouera quand même, entre deux bouchées, que la boum de l’autre nuit avait été moche et crevante. Il n’en dira pas plus. « Ces jeunes, pense sa mère, sont tous les mêmes. Ils ne savent jamais s’arrêter. Ils commettent parfois les pires excès. » Mais quand elle insiste pour en savoir davantage, Grégory coupe court mais dit quand même qu’il ne se laissera plus prendre dans « les pièges à la con » de Marc.

– Ne sois pas si vulgaire, proteste-t-elle.

– Si je parle ainsi, c’est parce qu’il lui arrive de se conduire comme un voyou et que je n’aime pas la plupart des types et des filles qu’il fréquente...

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