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Sans oublier la nuit

De
149 pages
Frappé par le malheur, un vieil homme décide d’entreprendre avec sa femme un ultime voyage à travers la Russie des années 90. C’est dans les « nuits blanches » de Saint-Pétersbourg qu’ils doivent affronter les fantômes de leur passé. Quelques années plus tard, un étudiant français, installé à Saint-Pétersbourg, nous apprend à travers son journal la destinée de ce couple. Ecrit dans un style plein de finesse, ce roman, qui n’est pas sans rappeler la virtuosité des romans russes, nous conduit vers un dénouement bouleversant. Jean-Paul Rigaud est né à Athènes en 1947. Il vit d’abord en Grèce puis en Allemagne avant d’intégrer une école d’enfants de troupe. Agrégé de lettres, il a enseigné dans des classes préparatoires de La Rochelle, où il s'est installé définitivement.
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Titre
Sans oublier la nuit
3
Titre Jean-Paul Rigaud
Sans oublier la nuit Une saison à Saint-Pétersbourg
Roman
5 Éditions Le Manuscrit Paris
Illustration de couverture : © Jean-Paul Rigaud © Éditions Le Manuscrit 2009 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02820-1 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304028201 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02821-8 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304028218 (livre numérique)
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A elles, à G.
«Entends, ma chère, entends la douce nuit qui marche.»C. Baudelaire Les Fleurs du Mal
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E
PROLOGUE
A bord du sous-marin Pouchkine, Septembre 19.. Bien chers grands-parents, Je bénis chaque jour le Ciel du bonheur qui m’est donné. Je ne pouvais mieux réaliser mes rêves d’aventure que dans cette carrière de sous-marinier. J’aime beaucoup cette vie presque monacale des vaisseaux : elle me prive pourtant des plaisirs communs aux jeunes de mon âge. Vous savez aussi combien pour moi compte le service de notre patrie pour laquelle est mort mon pauvre père. Je voudrais suivre sa trace, me montrer digne de son sacrifice. C’est pourquoi, je tiens à te remercier, toi, grand-père, qui m’as encouragé dans cette voie. Quant à toi, Yaya, qui t’es montrée un temps réticente, sache que je m’épanouis dans ce travail, même s’il présente des contraintes et des dangers incontestables que je ne me cache pas.
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Sans oublier la nuit
Je vous écris en ce moment sur la table, où nous avons pris notre repas : les circonstances nous obligent à nous y attarder un peu. La nourriture réhydratée n’est pas du goût de tout le monde mais il y a pire, même dans les restaurants de Moscou ou de Toula. Ce n’est pas toujours facile de vivre dans ces coursives étroites, ces cabines étouffantes, ces coins exigus, où les corps se serrent à tout moment, même pour manger. Le temps semble aboli: il faut deviner l’heure à tout moment, et imaginer le jour et la nuit. Les quarts qui rythment notre vie et qui sont nos seuls repères paraissent abstraits, mais ils nous sont nécessaires. Ils assurent la cohésion de notre équipage : chacun de nous dépend de son voisin et lui-même dépend de nous. Nous veillons à tour de rôle sur la sécurité des autres. C’est une responsabilité très grave mais qui tisse entre nous des liens indéfectibles ; le risque et l’insécurité développent notre sens de la fraternité. Il y a eu tout à l’heure une explosion dont nous ne connaissons pas la cause, nous allons certainement devoir nous replier dans le compartiment de secours. La plupart d’entre nous gardent leur sang-froid. Nous sommes à bonne école, il faut savoir faire face. Seul, le plus jeune d’entre nous s’affole. Je l’ai vu tout à l’heure dans son regard.
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